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⚡️ THE BIG SHORT : L’ARGENT MÉTAL ET L’HYPERINFLATION 

Le mois de février a été passionnant pour les observateurs des marchés financiers. En effet, depuis un mois, l’actualité boursière est secouée par le succès de short squeeze sur les actions de l’enseigne américaine de jeux vidéo Gamestop.

Le nouveau rebond de l’action GameStop enregistré le mercredi 25 février à Wall Street avec une hausse de plus de 100% vient d’inaugurer une ère nouvelle sur la perception des marchés financiers. Ces tentatives des traders amateurs du forum/réseau social Reddit section WallStreetBets semblent bien avoir contrarié (dans une certaine mesure) un monde de la finance qui scrute désormais chaque mouvement de ces petits porteurs afin d’anticiper un potentiel nouveau coup financier et médiatique.

Pour ce qui est de l’opération GameStop en elle-même, elle se terminera certainement sur un échec financier, mais d’un point de vue politique elle permet au monde de la finance de se rappeler que les « petits investisseurs coalisés » peuvent (pour l’instant encore) avoir une influence sur les marchés.

Par leurs initiatives géniales et extravagantes d’abord sur Gamestop, puis sur l’argent métal, ces traders amateurs ont concrètement fait perdre des milliards à des fonds spéculatifs. Au cours des dernières semaines, l’application de trading gratuite Robinhood, sur laquelle beaucoup de ces traders amateurs échangent, a même carrément fait le choix de bloquer certaines opérations d’envergure, en les empêchant d’acheter les actions Gamestop.

Évidement par cette démarche, l’application a démontré sa collusion réelle avec les « gros » investisseurs, que le marché aime qualifier d’institutionnels. L’application a subi légitimement une campagne de dénigrement de la part des petits investisseurs (par le biais d’avis et de notes), mais la très « démocrate » société Google a fait le choix de faire disparaître ces mécontentements et ces critiques. Les petits investisseurs du mouvement du WallStreetBets (la partie du forum Reddit ayant pour thèmes la finance et la bourse) sont donc sortis de l’individualisme cher au néo-libéralisme (qui a pour mission de les tondre un par un), pour se coaliser contre les grandes firmes financières.

Ce succès politique (affirmation d’un pouvoir de nuisance) du WallStreetBets a fait ensuite mûrir la stratégie de ces traders-geeks. Ainsi, plutôt que de s’attaquer directement aux marchés financiers via les actions d’une société, certains traders amateurs se sont réorientés sur les métaux précieux, et plus particulièrement sur l’argent. Ce qui stratégiquement semble beaucoup plus efficace, surtout que l’argent métal est structurellement sous-évalué depuis des décennies.

D’ailleurs, c’est là où cette affaire devient intéressante, car la question de l’argent métal (monnaie des peuples/actif populiste par excellence) est en train d’être clairement posée. En effet, dès les premiers jours de février, une partie des traders amateurs du WallStreetBets se sont explicitement tournés vers le métal gris.

Dès les premiers jours de février 2021, ces « geeks » ont donc fait de l’argent métal, leur nouvelle cible. Une multitude de médias spécialisés a d’ailleurs exposé des mouvements inattendus sur le marché du métal gris. Néanmoins dans l’univers geek et en particulier sur le réseau social Reddit, certains contestent cette réorientation de la stratégie. Une partie des redditeurs essaye de pousser la communauté à rester focaliser sur Gamestop. La flambée du 25 février prouve qu’une partie du réseau social suit d’ailleurs cette constante. Et il est vrai que si l’argent est en effet shorté (céder des titres financiers alors qu’ils ont perdu en valeur), beaucoup de fonds d’investissement (dont ceux détestés par les geeks) possèdent des positions longues (pari à la hausse) sur le métal. Cependant l’épisode Gamestop prouve quand même que sur le marché actions, les petits porteurs auront du mal à rivaliser avec les grosses structures de Wall Street.

Gamestop et short sur l'argent

 

L’argent métal : l’actif populiste

D’ailleurs, l’initiative sur le métal gris a connu un succès plus flagrant, puisque le prix de l’argent a brusquement augmenté de 13% le lundi 1er février en atteignant rapidement les 24 dollars (28,3 grammes). L’once a même dépassé les 30 dollars pendant quelques jours. Et cette tendance même si elle a été portée par les redditeurs, est néanmoins une tendance de fond : « Après l’épisode très spéculatif récent, qui a vu le cours de l’argent passer de 25 à plus de 30 dollars en l’espace de 3 jours puis retomber presque aussi rapidement dans la zone des 26 dollars au cours des dernières heures, le potentiel haussier moyen terme semble toujours présent », comme l’a expliqué Alexandre Baradez, responsable de la recherche marchés chez IG France.

Le média spécialisé dans l’actualité économique et financière Bloomberg a également indiqué que la plupart des sites de vente d’argent (JM Bullion, SD Bullion, Money Metals ou Apmex) ont été assaillis de demandes pendant le premier week-end de février. À tel point que, chez certains vendeurs, « à peu près tout l’inventaire physique d’argent est parti ». Évidemment un short squeeze de l’argent métal est envisageable sur le long terme, mais l’initiative ne peut pas être aussi spectaculaire et efficace qu’avec l’enseigne de vente de jeux vidéo, car contrairement à Gamestop, le métal gris est un marché bien plus important avec une multitude d’acteurs différents. En vérité, s’attaquer au contrôle et au marché de l’argent métal, c’est surtout s’attaquer à des fonds spéculatifs, mais également au plus grandes banques du monde.

Et même si certains modérateurs du réseau social Reddit démentent être derrière l’augmentation du précieux métal, force est de constater que c’est précisément après des publications sur le forum que le cours de l’argent a bondi. Même si la tendance haussière de fond existe depuis la crise du coronavirus de mars 2020.

Et bien qu’il est vrai que Citadel, un fonds détesté par le WallStreetBets, détient des millions d’actions SLV (ETF sur l’argent : iShares Silver Trust) et bénéficie donc de cette hausse des prix, sur le long terme. Une hausse conséquente de l’argent métal serait défavorable pour les milieux financiers internationaux d’une manière générale.

D’ailleurs, il est plus probable que la faction adverse des redditeurs ait raison, car s’il y a un complot, il vient bien des anti argent métal (anti-SLV). Car factuellement, certains modérateurs du forum suppriment déjà les posts liés à l’argent afin de garder la communauté concentrée sur GameStop, ce qui est à l’opposé à la philosophie libertaire prôné par le WallStreetBets. Enfin, comme pour mettre en garde les petits investisseurs sur la chasse gardée des usuriers internationaux, le média Bloomberg a pour sa part révélé que rien qu’à la City de Londres, 48 milliards de dollars en argent dorment dans des coffres-forts. Comme s’il s’agissait de faire comprendre aux petits investisseurs que leurs tentatives ne vont pas les mener bien loin…

Mais vous vous en doutez ce n’est pas cette information qui va décourager les petits porteurs comme en témoigne l’activité du compte Twitter : r/WallStreetSilver. Ces petits investisseurs savent que derrière la crise du Coronavirus, les puissances politiques derrières le tandem Wall Street-City travaillent à élaborer un nouveau système politico-financier pour le monde.

Ces épisodes pourraient nous paraître anodins à une époque où les banques centrales semblent toutes puissantes et veulent imposer leurs monnaies numériques aux populations. Mais en réalité, le r/WallStreetSilver pose la question de la réappropriation de l’appareil financier par le peuple. Dans le même temps, un Jerome Powell, gouverneur de la Réserve fédérale américaine, n’hésite pas à déclarer que le dollar digital est désormais une priorité, il n’est donc pas anodin de constater qu’une partie du peuple américain (la frange libertaire) cherche à reprendre en main son destin financier.

En réalité, nous sommes depuis presque un an, à un moment charnière, et même s’ils n’en ont pas encore conscience par ces mouvements des petits porteurs, la question de la toute-puissance des marchés et des grandes banques est désormais clairement posée. Nous sommes assurément sur la fin d’un système et/ou le début d’un nouveau. En conséquence un champ d’action politique s’ouvre devant nous pour quelques mois. Car par leur politique de liquidité excessive les banques centrales veulent nous imposer un système d’asservissement financier mondialisé, mais il se pourrait bien que les peuples en période d’effondrement important comprennent que l’arme ultime dont nous disposons pour sortir de ce système c’est la monnaie et précisément l’argent métal. La hausse du Bitcoin des dernières semaines, pose également cette question. Mais le cryptoactif le plus célèbre servira (pour sa part) vraisemblablement de marchepied aux CBDC (monnaies numériques de banque centrale).

 

Burry : la Cassandre de Wall Street

Et même si l’illusion commence à durer, le système alchimique entretenu depuis 2008 arrive inévitablement à son terme. C’est d’ailleurs, Michael Burry, le célèbre investisseur présenté dans le film « The Big Short » qui avait prédit la crise des Subprimes de 2008, qui a affirmé il y a quelques jours que l’inflation arrivait… Le fondateur du hedge fund Scion Capital qu’il a dirigé de 2000 à 2008, avant de fermer l’entreprise pour se concentrer sur ses propres investissements personnels, prédit même à court terme une hyperinflation aux États-Unis. Les fans du film « The Big Short » savent que Burry est l’un des premiers à avoir compris que le marché immobilier américain se trouvait dans une énorme bulle d’actifs qui avait été gonflée par des prêts à haut risque. En 2005, Burry avait donc décidé de créer un swap sur défaillance de crédit qui lui permettrait de vendre à découvert le marché immobilier.

Pour ceux qui connaissent le film et l’histoire, Burry finit par produire près de 500% de rendement pour les investisseurs qui restent avec lui pendant toute la durée de l’effondrement du marché immobilier. Ainsi, dans une récente vague de tweets, celui qui se surnomme « Cassandra » (celle qui, dans la mythologie grecque, n’est pas cru et qu’on ignore alors qu’elle énonce des avertissements ou préoccupations légitimes) prédit désormais une inflation galopante, voire une hyperinflation aux États-Unis, digne (voire pire) que celle de l’Allemagne de Weimar dans les années 1920.

Pour celles et ceux qui se posent la question, l’hyperinflation est une inflation très élevée et voir même une inflation qui accélère l’inflation. Elle érode rapidement la valeur d’une monnaie, car les prix de tous les biens et services augmentent trop rapidement. En l’occurrence par ses analyses, Burry pense que le dollar va s’effondrer sur lui-même.

Il fait un parallèle avec l’hyperinflation du mark allemand de la République de Weimar, entre 1921 et 1923. Cette monnaie papier avait provoqué une instabilité politique interne considérable dans le pays et une misère généralisée de la population allemande. Cet état de fait était la conséquence de plusieurs facteurs :

1) l’impression excessive de papier-monnaie,

2) l’incapacité du gouvernement de la république de Weimar à rembourser les dettes et aux réparations engagées pendant la Première Guerre mondiale, qui avaient entraîné des problèmes politiques.

Un exemple très connu est souvent cité pour illustrer cette situation dramatique d’hyperinflation. En effet, une miche de pain à Berlin qui coûtait environ 160 marks à la fin de 1922 coûtait 200 milliards de marks à la fin de 1923. En novembre 1923, 1 dollar américain valait 4 210 500 000 000 marks allemands.

L’ancien gestionnaire de Scion Capital qui fut interprété par l’acteur Christian Bale fait simplement le lien entre l’impression monétaire excessive qui a été inaugurée en 2008, les dettes gouvernementales (déjà colossales) aggravées par la crise du COVID 19 et les problèmes politiques à venir… Burry ajoute également de nombreuses citations de « Dying of Money: Lessons of the Great German and American Inflations », un livre de Jens O. Parsson :

Burry et l'hyperinflation

inflation, hyperinflation et Weimar

Par ses tweets que je vous encourage à aller lire sur son profil Twitter, il confirme que nous sommes en train de changer d’ère et que nous glissons vers une phase d’effondrement gigantesque.

Pour les non-anglophones, voici la traduction des tweets de Burry qui font le parallèle entre la situation US actuelle et la République de Weimar des années 1920 : « La vie de l’inflation dans sa phase de maturation était un paradoxe qui avait ses propres caractéristiques indéniables. L’une était la grande richesse, du moins de celles que favorisait le boom. Beaucoup de grandes fortunes ont surgi du jour au lendemain… Les villes avaient une jeunesse sans but et insouciante ».

« Les prix en Allemagne étaient stables et les affaires et la bourse étaient en plein essor. Le taux de change du mark par rapport au dollar et aux autres devises a en fait augmenté pendant un certain temps, et le mark était momentanément la devise la plus forte du monde à la veille de l’inflation ».

« À côté de la richesse se trouvaient les poches de pauvreté. Un plus grand nombre de personnes sont restées à l’extérieur de l’argent facile, regardant à l’intérieur, mais ne pouvant pas entrer. Le taux de criminalité a grimpé en flèche ».

« Les récits de l’époque parlent d’une démoralisation progressive qui s’est glissée sur les gens ordinaires, aggravée par leur lassitude avec le rythme effréné, sans but visible, et leurs craintes de voir leurs propres positions précaires glisser tandis que d’autres devenaient si ostensiblement riches ».

« Presque tous les types d’entreprises peuvent générer des revenus. Les faillites d’entreprises et les faillites sont devenues rares. Le boom a suspendu les processus normaux de sélection naturelle par lesquels les éléments non essentiels et inefficaces auraient été éliminés ».

« La spéculation seule, sans ajouter rien à la richesse de l’Allemagne, est devenue l’une de ses activités les plus importantes. La fièvre de se joindre à ce mouvement à tourner une marque rapide et a infecté presque toutes les classes. Tout le monde jouait le marché ».

« Les volumes de chiffre d’affaires en valeurs mobilières à la Bourse de Berlin sont devenus si élevés que le secteur financier n’a pas pu suivre la paperasse… et la Bourse a été obligée de fermer plusieurs jours par semaine pour éliminer le carnet de commandes ». #robinhooddown

La comparaison directe avec la récente frénésie d’achat d’actions post-Covid19 pour sauver les économies occidentales et même la tendance inaugurée par le phénomène WallStreetBets, ont conduit des applications de trading telles que Robinhood à interrompre temporairement les achats de certaines actions telles que GameStop. Cela constitue déjà un signe sur les secousses à venir.

Burry explique : « Toutes les marques qui existaient dans le monde à l’été 1922 ne valaient pas assez, en novembre 1923, pour acheter un seul journal ou un ticket de tramway. C’était la partie spectaculaire de l’effondrement, mais la plupart des pertes réelles de richesse monétaire avaient été subies bien plus tôt ».

« Tout au long de ces années, la structure se construisait tranquillement pour le coup. Le #inflationcycle (cycle de l’inflation) de l’Allemagne a duré non pas un an, mais neuf ans, soit huit ans de gestation et un seul an de #collapse (effondrement) ».

Il fait un parallèle intéressant entre les deux périodes : 1914-1923 et la nôtre 2010-2021: gestation.

 

L’ère du Big Short

Mais alors à quelle étape de « The Big Short » en sommes-nous maintenant?

A l’ère de la proclamation du Great Reset et du « quoi qu’il en coûte » de Macron et des grands dirigeants occidentaux (singeant la réplique de Draghi en 2011 pour sauver l’euro), il semble bien que nous nous dirigions rapidement vers les dernières scènes du film. Les initiés savent déjà que les défauts de paiement sont à la hausse, les faillites d’entreprises commencent à arriver et la bulle mondiale d’actifs (record de capitalisation boursière aux USA en ce début d’année 2021) est sur le point d’éclater.

Pourtant partout où vous regardez, la plupart des gens ne savent pas ce qui se passe réellement. La plupart sont hypnotisés par la plandémie. Le programme de spoliation et d’effondrement est encore caché par nos élites et il le sera jusqu’à ce qu’il soit trop tard…

Depuis la crise financière de 2008, beaucoup se sont demandé pourquoi Burry n’avait pas averti tout le monde au préalable de la crise. Le fait est qu’il l’a fait, mais que personne n’a voulu l’écouter. Les épisodes de Gamestop et de WallStreetBets le prouvent : ce sont souvent les « geeks », les analystes farfelus, les personnes qui travaillent dans l’ombre rigoureusement, etc. , qui sont en avance, mais qui au final presque immédiatement après la catastrophe sont renvoyés dans les cordes et laissent une nouvelle fois la place aux experts de l’establishment.

Mais cette fois la « Cassandre Burry » a lancé un avertissement audible pour tous ceux qui ont de la mémoire : « Les gens disent que je n’ai pas prévenu la dernière fois (2007). Je l’ai pourtant fait, mais personne n’a écouté. Alors je préviens encore cette fois. Et pourtant, personne n’écoute. Mais j’aurai cette fois des preuves que j’ai prévenu. »

Et enfin, il termine avec ce tweet de conclusion : « Historiquement, l’or et l’argent ont été une couverture contre l’inflation. »

Depuis plusieurs mois, nous l’expliquons sur ce site : l’argent métal est en train de revenir progressivement dans l’Histoire. L’année 2020 et le mois de février 2021 qui se termine ne font que conforter nos impressions. Car vous l’avez bien compris, il ne s’agit pas d’une simple histoire de « Squeeze » ou de « Short » !

Cette tendance haussière du métal gris est le fruit de l’accumulation massive de dette, de la destruction de la monnaie et des politiques accommodantes des banques centrales avec leurs taux bas.

Désormais, il n’y a presque plus d’actifs sains (c’est-à-dire des actifs non pourris qui rémunèrent plus que l’inflation). Et c’est ce déficit d’actifs sains qui est la conséquence des politiques monétaires alchimiques pratiquées depuis 2008 par l’oligarchie financière. Comme ces signes nous le laissent à penser, l’argent métal va revenir triomphalement sur le devant de la scène. Michael Burry en désignant un retour de l’hyperinflation aux États-Unis ne se trompe pas et le cours de l’argent métal sous-évalué depuis plus d’un siècle, devrait littéralement exploser dans les semaines et mois à venir…

Marc Gabriel Draghi

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