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LE DIEU MARCHÉ EXISTE-T-IL ?

À vous, lecteurs débutants, mes frères

Les lecteurs débutants

Chers lecteurs,

L’article de cette semaine s’adressera tout particulièrement aux débutants. Ceux qui démarrent, ceux qui ont un peu d’argent et qui entament leur démarche d’indépendance financière. Avant même de vous demander dans quoi vous devez investir, vous devez comprendre ce que signifie investir, dans quel cadre, et plus encore, vous devez avoir quelques éléments de théorie économique.

Premièrement, tout investissement et tout acte de consommation nécessite d’être sur un marché. Basiquement, le marché est le lieu de rencontre entre l’offre -le producteur/vendeur- et la demande -l’investisseur/consommateur. En principe, cela, tout le monde le sait, ou du moins en a l’intuition. Mais, cette définition ne nous donne au final pas énormément d’information sur la nature du marché, son rôle dans l’économie et surtout, la façon dont il peut se mouvoir.

Vous pouvez penser à première vue que le marché est neutre, un fait éternel, vidé de toute idéologie. Et bien, lecteurs, vous auriez tort. Le concept de marché, ses tenants et aboutissants donne lieu à de féroces débats entre les théoriciens. Le principal point de discorde, qui détermine d’ailleurs tous les autres, c’est l’origine du marché et de la monnaie.

Cela peut sembler trivial, mais c’est en réalité une distinction fondamentale que vous devez avoir avant de commencer à investir dans quoi que ce soit. D’autant plus que la désinformation en matière de théorie économique atteint en France des sommets considérables, il faut vous désintoxiquer de la pensée dominante si vous voulez réellement avoir du succès dans vos investissements.

Le premier mensonge, qui vous a été vendu par le libéralisme, c’est que le libéralisme est l’expression pure et parfaite de la liberté économique. Je consacrerai un jour, lecteurs, un article détaillé sur cette profonde imposture, mais vous devez vous enlever de la tête que le capitalisme et la liberté économique s’expriment dans le libéralisme.

Ce qui vous amène souvent, lecteurs, à avoir la conception totalement mythologique que les libéraux ont du marché. Un marché idyllique, où tout s’équilibre, où tout est bon, tout est saint, où l’État -qui n’est pas exempt de reproches, je le concède- représente le mal qui vient perturber ce fantastique circuit constitué d’individus qui, pacifiquement, échangent et vivent la belle vie.

Vous me direz que c’est une caricature ? Relisez Smith et Ricardo, vous verrez que je n’exagère pas, lisez tous les écrits que les auteurs libéraux ont produits sur le patriotisme économique qui est assimilé à un bellicisme face à un libéralisme promoteur de paix et de prospérité des individus.

L’enseignement crucial de Benjamin Graham

Les enseignements de Benjamin Graham

Benjamin Graham enseignant l’investissement à Warren Buffet.

Buffet : est-ce que la spéculation est la plus forte ?

Graham : Non ! Plus facile, plus rapide, plus séduisante !

Buffet : Mais comment reconnaitrais-je l’investissement de la spéculation ?

Graham : Quand tu seras calme, en paix, et que tu arrêteras de vouloir vendre une action une nanoseconde après l’avoir achetée.

Le très grand investisseur Benjamin Graham, qui n’est rien d’autre que le mentor de Warren Buffet, a pourtant réfuté ce postulat totalement idéologique. En effet d’où vient la possibilité d’un investissement ? Il vient précisément de l’erreur du marché sur la valorisation d’un actif à l’instant T.

Vous achetez une action parce que vous pensez qu’au vu de ses fondamentaux du jour, elle vaudra plus demain. Vous vendez une action parce que vous pensez que sa valorisation est surestimée et vous prenez vos profits avant que cela ne chute.

Dans tous les cas, vos décisions sont basées parce que vous pensez à tort ou à raison que le marché n’a justement pas un prix d’équilibre, en d’autres termes, toute décision sur le marché financier provient de votre conviction que le marché se trompe. Vous voyez donc déjà que nous sommes très loin de la mythologie libérale qui occulte totalement le fait que le marché, c’est vous et moi, et nous ne sommes pas des individus rationnels, c’est un fait. Nous pouvons chercher à l’être, à maximiser nos profits et diminuer nos pertes, mais nous sommes avant tout des êtres humains, avec des passions et surtout, avec des informations incomplètes.

Vous le savez, lecteurs, l’orgueil précède la chute, penser un instant que le marché sur lequel vous allez évoluer dans vos investissements, qu’ils soient boursiers, immobiliers, ou dans les métaux précieux, répondent à une rationalité complète est une erreur majeure. Bien sûr, cela n’empêche pas d’aborder les problèmes rationnellement, c’est même parce que les marchés sont irrationnels que vous limitez votre risque en essayant de prendre des décisions éclairées par la raison.

La question qui se pose à vous est maintenant de savoir reconnaitre le niveau d’irrationalité sur un marché pour compléter votre diagnostic avec les éléments que j’ai mis en évidence dans l’éditorial précédent.

C’est nettement plus compliqué, mais cela est faisable. Un indicateur qui ne trompe pas est de voir quels sont les moteurs du marché, et dans quelle proportion ils tirent les performances. C’est particulièrement valable pour les marchés financiers, beaucoup moins pour l’immobilier, pour des raisons qui tiennent à la structure même des deux marchés qui sont singulièrement différents dans leurs critères de valorisation.

Si nous prenons par exemple les marchés américains, nous voyons bien que les capitalisations boursières qui ont tiré quasiment à elles seules le marché, ce sont les GAFAM, vous avez ainsi une concentration de la demande sur ces titres-là. Il serait d’ailleurs très intéressant de disposer d’indicateurs chiffrés qui donnent la performance des marchés américains sans les GAFAM pour voir à quel point l’effet de progression des indices boursiers américains est trompeur.

Est-ce que cela signifie que les GAFAM sont survalorisées ? En l’état non, tant que le cadre réglementaire ne change pas -comprenez tant qu’elles ne sont pas démantelées- ou que l’aléa écologique ne se matérialise pas, les GAFAM seront forcément des valeurs sures, puisqu’elles ont une masse critique et un statut de faiseur de marchés.

Mais, si l’un de ces deux critères venait à apparaître dans les risques immédiats, cela permet de discerner quelles seraient les conséquences sur le marché. Autant dire que le poids de ces entreprises dans les performances se refléterait dans la correction brutale à venir. La fragilité et la vulnérabilité des marchés américains sont donc quasiment similaires à celle des GAFAM.

Or, pendant ce temps, les valeurs bancaires, elles, sont soumises à une volatilité extrême. Il suffit pour cela de regarder le cours de quelques grandes banques sur un ou deux mois pour comprendre où est le problème. Alors même qu’elles sont dopées par les Banques Centrales et qu’il pleut de la monnaie, les cours sur un ou deux mois de Goldman Sachs et de la Société Générale ne font pas apparaître de tendance claire, ni haussière ni baissière, mais une sorte de triangle d’incertitude. Pourtant, et en dépit de la correction des derniers jours, nous ne cessons de battre aux États-Unis les records boursiers. Cela devrait se refléter dans la cotation des valeurs bancaires. Mais non.

Pour les valeurs industrielles, ou les grosses entreprises d’immobiliers commerciaux, la situation est encore plus complexe. L’action Rolls Royce ne parvient pas à redécoller – si j’ose dire- et est même retombée à 92 livres. C’est le prix ou moi-même j’avais acquis ce titre dans mon petit portefeuille en février. J’avais revendu en avril vers 110.

Ne parlons pas des turpitudes d’Athos, qui ont commencé bien avant la dernière chute vertigineuse d’il y a quelques semaines. C’est encore un titre que j’avais acquis, déjà après une baisse de son cours en deux jours de 73 à 60 euros, pensant que la purge était passée. Ça n’est jamais reparti, et j’ai évité d’ailleurs sur cette valeur une sacrée gamelle, j’ai vendu la veille d’une autre chute de près de 10 euros du cours. Lecteurs, si tu as du Athos, laisses tomber, fais comme moi, prends des petites pertes avant de prendre une claque et d’y perdre ton pantalon.

Multiplicité des prix d’équilibres

Prix d’équilibre no Justsu !

Tout cela pour vous illustrer que le marché n’a pas d’équilibre intrinsèque. Graham, une fois encore, explique très bien que pour un même titre il peut y avoir plusieurs prix d’équilibre. Si vous êtes encore sur les actions, ce que je vous déconseille vivement, vous allez devoir être très vigilants sur votre stock picking et trouver des valeurs solides, mais marginales et sous-évaluées par les fonds de pension qui ne regardent que leurs 12% d’objectif de rendement.

Rappelez-vous, vous êtes un investisseur particulier, pas un spéculateur institutionnel, vous ne pouvez pas jouer contre le marché, mais vous n’êtes pas obligé de jouer avec et pour lui. Soyez conscients que le marché n’est pas un monde idyllique, c’est une jungle, et vous n’êtes pas au sommet de la chaine alimentaire. Vous devez donc jouer la survie, la prudence et la rigueur. L’État ne viendra pas vous renflouer quand vous aurez fait faillite.

Le cas de l’immobilier, lui, est bien plus simple pour vous. Tout simplement parce que, et je le dis sans exagération, il y a de magnifiques coups à faire sur ce marché, puisque c’est, et de loin, le marché le plus déséquilibré de tous, et donc celui qui offre le plus d’opportunité. Pour deux raisons essentielles que je vais vous expliquer.

Premièrement, l’immobilier vous donne un effet de levier « propre » c’est-à-dire qu’ici, le levier du crédit sert à un réel investissement, autour d’un réel produit.

Deuxièmement, les prix sont tellement disparates que vous pouvez développer des stratégies très rentables, avec un peu de patience. Entre Paris qui est en moyenne à 10 000 euros du mètre carré et des villes de provinces où vous êtes à peine à 1500, c’est maintenant qu’il faut y aller. Je ne suis surement pas le premier à le dire, lecteurs, mais le confinement a fait repenser à chacun son cadre de vie et vous pouvez être surs que la ville moyenne de province va flamber dans les dix prochaines années. Cela a déjà commencé dans certaines villes où les prix ont explosé, comme Nantes ou Montpellier, je ne parle même pas de la petite couronne et de la proche banlieue parisienne. Si vous avez acheté un appartement là dans les années 90 et que vous avez tenu jusqu’à maintenant, félicitation, à la revente, vous allez être contents.

Le point final de l’affaire, c’est que le marché n’est pas une divinité parfaite, vous devez voir le marché non pas comme le lieu ou les prix sont justes, au contraire, vous devez chercher sur le marché, sur la base de critères objectifs, pourquoi le prix d’aujourd’hui est moins juste que celui de demain. Ceux qui réussissent sur un marché ne sont pas ceux qui cherchent à acheter au prix d’équilibre, par définition, le profit escompté du prix d’équilibre, c’est zéro. Vous devez d’abord chercher si vous êtes dans un marché ou le déséquilibre des prix est à la vente du fait de prix trop hauts, dans ce cas-là, pesez très fermement votre risque, ou si le déséquilibre est favorable à l’achat et dans ce cas-là, lecteurs, ne cédez pas à l’achat massif, ayez de la discipline. Les marchés ne sont pas haussiers pour toujours, l’investisseur qui reste debout en temps de crise, ce n’est pas forcément le plus riche ou le plus malin, c’est le plus discipliné.

Si vous êtes au début de votre démarche d’indépendance financière, prenez bien ces éléments en compte. Si vous ne comprenez pas la finalité du marché, le marché à jamais, dominera votre destin.

Prenez courage, jeunes padawan de l’économie, vous avez sur ce site de nombreuses ressources utiles et nécessaires qui vous permettront d’adapter votre stratégie à votre situation, et gravir les échelons, et les épreuves, afin de devenir un véritable chevalier investisseur.

Raoul de Beaumanoir accueillant les lecteurs débutants dans l’ordre des investisseurs. Image colorisée, 2021

La semaine prochaine, nous examinerons l’idée du rétablissement d’un étalon or dans le système monétaire international.

D’ici là, lecteurs, je vous souhaite, tout le bonheur du monde.

Bien à vous,

Raoul de Beaumanoir

Raoul de Beaumanoir pour Géopolitique Profonde

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