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L’ACHAT DE MÉTAUX PRÉCIEUX EST-IL (TOUJOURS) UN BON INVESTISSEMENT ?

La différence entre devise et monnaie

Il n’est pas si aisé de comprendre la différence entre devise et monnaie – aussi appelée en français, l’argent, en référence au métal précieux auquel on attribue une valeur. Le spécialiste de l’or Mike Maloney nous en rappelle les fondamentaux. Il possède une chaîne YouTube de 641 000 abonnés appelée GoldSilver. Il est également l’auteur du Guide to invest in Gold and Silver, Protect your financial future. Dans son livre, il nous rappelle rappelle les principes d’éducation économique qu‘un gouvernement soucieux devrait enseigner à son peuple… dès le lycée.

Les devises, que sont les pièces modernes, les billets de banque et les écritures scripturales sont :

  • Des moyens d’échange
  • Des unités de compte
  • Portables
  • Durables
  • Divisibles
  • Fongibles, c’est-à-dire que chaque unité vaut la même qu’une autre. Elles sont interchangeables.

La monnaie quant à elle, aussi désignée d’une marnière générique comme « l’argent », rassemble également toutes ces qualités. Mais elle est de surcroît une réserve de valeur sur le long terme, ce qui la distingue d’une simple devise.

Par exemple, l’or est une monnaie, car sur cinq mille ans, une once d’or vous permet toujours d’acheter un costume de qualité. Avec les autres métaux précieux, il s’agit donc d’un recueil de valeur sur le long terme. Au-delà de leur valeur spéculative, les métaux précieux ont une valeur économique permanente. Leurs propriétés chimiques intéressantes leur permettent aussi de nombreux usages industriels ou luxueux : dans l’électronique (fibre, processeurs, batterie), le secteur médical (prothèses), l’art, la joaillerie, et bien sûr la monnaie.

Le dollar et l’euro, ainsi que toutes les fiats, sont des devises. En effet, elles ne constituent pas un recueil de valeur sur le long terme. Par exemple, la fiat la plus solide de tous les temps, le livre sterling, a perdu plus de 90% de sa valeur initiale, à sa création. Dans le même laps de temps, toutes les autres fiats se sont dépréciés (ou ont été dévaluée) ou ont disparu, ce qui équivaut à une dépréciation à 100%.

Il ne fait donc aucun doute que les métaux précieux sont un bon investissement de long terme, comme réserve de valeur. Mais il existe des fluctuations de moyen terme qui remettent en question la pertinence de l’achat de métaux précieux pour les petits portefeuilles, moins diversifiés que les gros.

Dans son livre, Mike Maloney remarque le cycle d’environ 30 ans d’inversion du prix de l’or et du prix relatif des actions et de l’immobilier. Selon ce modèle, la stratégie parfaite et d’anticiper ces inversions, bien que personne n’y arrive exactement. La richesse n’étant pas détruite lors d’une correction de marché, elle est transférée et s’accroît au cours du temps.

Après la reprise économique en 2010 qui a suivi la crise de 2009, le retour sur investissement des actions était plus élevé que l’or, laissant la prospective d’une future correction, ou d’un futur transfert de richesse en faveur des détenteurs d’or. En 2021, l’évènement prévu n’est toujours pas arrivé. Les deux cours (actions et immobilier d’une part, métaux précieux d’autre part) autrefois antagonistes progressant de concert. Depuis lors, les arbres montent jusqu’au ciel. Entre 2013 et 2019, le cours de l’or s’était même stabilisé à un niveau inférieur. Alors que les bourses ont accéléré leur progression avec la crise de la COVID, le cours des métaux précieux a lui aussi progressé. Le prix de l’once d’or est passé de plus de 1 300 euros en décembre 2019 jusqu’à plus de 1 700 euros en juillet 2020, avec un record historique le 6 août à 2 069$ l’once. Il est redescendu depuis à moins de 1 600 euros, toujours élevé par rapport à ces deux dernières décennies.

Les réactions gouvernementales et privées à l’épidémie de COVID-19 se sont conjuguées avec la fragilisation du système bancaire par des taux d’intérêt bas, voire négatifs, pour augmenter les valeurs refuges, comme les métaux précieux.

Gain et profit sur l'or

La récession Covid-19, et son effet sur l’inflation, renforce les actifs « sûrs »

L’effet de la récession due au coronavirus a été paradoxale.  Bien que plus d’un cinquième de tous les dollars américains en circulation ont été créés dans la seule année 2020, l’inflation n’a pas été immédiate. En effet, l’inflation dépend de la liquidité des capitaux, car seule une augmentation de la demande peut permettre de monter les prix. Or, avec les confinements, les fermetures parfois définitives de commerces et l’incertitude sur l’avenir, les détenteurs occidentaux de devises comme l’euro et le dollar ont moins dépensé et plus épargné.

Du fait de cet accroissement de la demande potentielle de consommateurs désormais plus riches, une inflation dramatique est à prévoir sur les exercices 2021-2022. Ainsi les investisseurs consciencieux se tournent vers des valeurs refuges comme l’or, l’argent, le cuivre, et les cryptomonnaies. Aussi, l’uranium s’est vu attribuer la meilleure note du baromètre Morgan Stanley sur 17 matières premières minières, c’est-à-dire la thèse la plus haussière est retenue pour lui.

Mike Maloney constata en 2015 que les cryptomonnaies en particulier le Bitcoin, pouvaient remplir les conditions d’une monnaie digne de ce nom. Bien que son objectif initial fût un portefeuille d’investissement 100% or et argent, Maloney a décidé d’y faire une place pour les cryptomonnaies.

Une diversification des actifs en faveur des cryptomonnaies ferait moins progresser les métaux précieux que prévu

Par évitement de l’inflation, tous les actifs « sûrs » pourraient progresser en même temps. Mais si on considère une diversification des portefeuilles en faveur des cryptos, les métaux précieux gagneraient moins en valeur que si les cryptos n’existaient pas. Déjà, les analystes n’avaient pas prévu le « bull-run » du Bitcoin en 2021.

En détail, une division générationnelle dans la gestion des actifs pourrait se réaliser. Particuliers réticents à la nouveauté et averse aux risques, les investisseurs traditionnels seraient moins portés vers les cryptos. Au contraire, des investisseurs plus jeunes, « millenials » et autres « zommers », qui ont grandi et ont été éduqués à internet, à ses potentialités, sont déjà de plus en nombreux à investir en crypto. En effet, pour les investisseurs les plus âgés l’argument phare qui donne confiance dans une monnaie ne dépend pas des critères énoncés par Mike Maloney. C’est le sceau (la marque) du souverain qui distingue ce qu’est une monnaie de ce qui n’en est pas. Ce qui fait qu’une monnaie est une monnaie est le visage (ou le symbole) de César dessus. Sans la marque du souverain, l’outil d’échange devient mystérieux, risqué aux yeux de ce public. Ce fait est cependant à nuancer, car les cryptos se démocratisent et touchent désormais un public plus âgé.

Selon l’argument du sceau du souverain, l’USDT et l’USDC (stablecoins adossés au dollar), seraient actuellement les seules cryptomonnaies. Même digitalisées, elles représentent les pièces et billets marqués du sceau du souverain. La banque centrale européenne a pour sa part annoncé le lancement d’une phase d’investigation sur la création d’un euro digital, sur son profil Twitter le 14 juillet 2021. Cette cryptomonnaie indexée sur la valeur de l’euro serait le pendant européen de l’USDT et de l’USDC.

Les cryptomonnaies auront-t-elles un impact durable sur les valeurs refuges traditionnelles ?

Pour aller plus loin :

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