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INÉGALITÉ SALARIALE HOMME/FEMME : L’INCOMPÉTENCE JOURNALISTIQUE (PARTIE 1)

Introduction

L’affirmation selon laquelle les femmes gagneraient moins d’argent que les hommes pour un même travail et à compétence égale est diffusée dans les médias comme une vérité révélée. Évidemment, si cela est vrai, c’est une injustice en opposition avec les valeurs méritocratiques. Dans cette interprétation des faits, les femmes seraient discriminées et exploitées par les entreprises (détenues par des hommes sans scrupules).

La réponse admise par les chercheurs en sciences sociales est que nous sommes dans une société patriarcale qui opprime les femmes. Il existerait une solidarité masculine consciente ou inconsciente pour systématiquement rabaisser les femmes, quelles que soient leurs qualités. L’une des conséquences serait l’inégalité salariale. Toutefois, nous rejetons cette lecture causale de l’écart moyen de salaire entre les hommes et les femmes pour privilégier une autre approche non complotiste.

Cet article est le résultat d’une analyse détaillée des différents rapports statistiques officiels sur les inégalités salariales et vise à pointer du doigt les mensonges diffusés par nos médias à ce sujet. En effet, un pourcentage circule depuis des années à la télévision et dans les journaux, celui de 25%.

Les hommes gagnent 25% de plus que les femmes pour un même travail, voilà ce qui nous est diffusé. Alors je ne vais pas faire durer le suspense, cette affirmation est fausse et c’est que nous allons voir ensemble dans cette série d’articles.

Pour ce faire, nous allons analyser les principales affirmations et statistiques concernant l’écart salarial. Les analyses statistiques utilisées seront décrites afin de récolter toutes les informations nécessaires pour comprendre ce mystère : salaire horaire, temps de travail, métiers, domaine d’étude, primes, modèles familiaux et même productivité et travailleurs indépendants seront étudiés en fonction du sexe des travailleurs, afin de vérifier s’il existe bel et bien un écart salarial entre hommes et femmes ; si oui, de quel ordre, dans quel sens, pourquoi existe-il, et surtout, est-il réellement injuste ou négativement discriminant ?

Commençons tout d’abord par un état des lieux des données statistiques sur le sujet. Nous allons présenter les recherches les plus simples pour proposer une analyse détaillée des résultats proposés en additionnant chaque variable dans l’équation des différences de rémunération.

Histoire d’une escroquerie

Actuellement, des études sur l’inégalité salariale sont disponibles et de nombreux organismes comme l’INSEE ont tenté de quantifier et d’expliquer cette disparité.

Les premiers rapports d’analyse sur la discrimination salariale subie par les femmes témoignent d’un écart de salaire de 22,8% (parfois 24%, parfois 25%, chaque média a son pourcentage, et chaque rapport aussi, retenons que ce nombre est compris entre 22 et 26%).

En 2014, un rapport de l’INSEE présente un résultat d’un écart salarial au profit des hommes de 25,7%. Une seule et unique compréhension des résultats obtenus est présentée par les médias : les femmes sont moins payées que les hommes à travail égal. Toutefois, si on analyse la méthodologie, les variables utilisées, on constate que les études tiennent compte d’une seule variable : le sexe des travailleurs.  Il s’agit d’une comparaison brute de la rémunération moyenne des femmes à ceux des hommes en France.

L’objet de notre critique n’est pas le résultat obtenu par les organismes de recherches, qui informent honnêtement sur leurs résultats, sans présupposés idéologiques; mais les interprétations sociologiques et complotistes qui découlent de la part des organismes de diffusion de l’information. L’objectif est une critique zététique d’une idéologie massivement diffusée et soutenue par des pseudo-scientifiques : une simple description chiffrée est transformée en un combat idéologique alors qu’on n’en connaît pas les causes.

Si l’on constate un écart de revenu entre les blonds et les bruns, y’aurait-il une mobilisation politique et médiatique ?

Nous voulons préciser que nous n’excluons aucune explication et s’il existe une discrimination faite aux femmes qui explique en totalité ou partiellement les chiffres il faudra évidemment la prendre en compte.

Pour commencer, nous devons prendre en compte les variables de l’emploi que les premières recherches n’ont pas vérifiées. Nous allons analyser chaque variable une à une.

Le temps de travail

Lorsque l’on prend en compte le temps de travail, l’écart salarial diminue pour obtenir 16,3%. Les femmes gagnent 16,3% de moins que les hommes lorsque l’on compare ce qui est comparable, le même temps de travail. Que faut-il comprendre ? En effet, les hommes sont beaucoup plus nombreux à travailler à temps plein et à faire des heures supplémentaires. Donc, il est normal que cette variable augmente le salaire moyen de tous les hommes par rapport à celui de toutes les femmes.

Les catégories socioprofessionnelles

Lorsqu’on compare les hommes et les femmes ayant la même profession, l’écart salarial diminue encore jusqu’à 12,8%. Que faut-il comprendre ? Comme vous vous en doutez, le temps de travail n’est pas suffisant pour estimer sérieusement l’écart salarial réel entre les sexes, il nous faut absolument comparer les mêmes professions, car elles ne sont pas rémunérées de la même manière, comparer un homme chef d’entreprise et une femme de ménage n’a aucune valeur concrète.

Standardisation des facteurs professionnels

Si l’on contrôle ensuite, le type de contrat, le secteur d’activité et la taille de l’entreprise, les inégalités tombent à 10,2%. De plus, grâce à des analyses encore plus fines, l’INSEE replace cet écart inexpliqué à 8,4% (ou 9%, oui on s’y perd) comme cité dans Le Monde, entre autres, dans son interview de la « spécialiste de l’inégalité salariale » Séverine Lemière.

Conclusion

Pour l’instant, avec un peu de sérieux scientifique, nous sommes bien loin des 25% d’inégalités de salaire. Et même si certains organes de presse retranscrivent la même analyse que je viens de vous présenter, ils ne peuvent s’empêcher de mettre en avant les éternels 25%, sans jamais préciser qu’il ne s’agit que d’une moyenne brute de dizaines de moyennes n’ayant aucune valeur à l’échelle individuelle. Le résultat est le suivant, les gens ne retiennent que le chiffre le plus impressionnant et souvent mentionné, 25%. Une colère et un sentiment d’injustice compréhensible, mais imaginaire, s’installe donc au sein de la société.

Dans le prochain article, nous verrons comment il est possible de réduire ce chiffre en éliminant les autres biais statistiques. Nous verrons également comment notre gouvernement de statisticiens hors-pair, prend le problème en main.

Source : Cercle Cobalt

  1. Meron M.Omalek L.Ulrich V. (2009), « Métiers et parcours professions des hommes et des femmes », France, portrait social, Insee.
  2. DARES ANALYSES • Mars 2012 – N° 01.
  3. Minni C. (2012), « Les disparités sur le marché du travail entre les femmes et les hommes: une analyse sur longue période », Dares Analyses n° 015, mars.
  4. Documents d’études – Dares 2015 – Les écarts de salaires femmes – hommes en 2010 : disparités territoriales par zone d’emploi.
  5. DARES ANALYSES • Novembre 2015 – N° 082.
  6. Insee – Données 2014 – © Observatoire des inégalités.
  7. INSEE 2017. Marceline Bodier, Catherine Demaison, Laurence Grivet, Denise Maury-Duprey, Séverine Mayo-Simbsler : “Emploi, chômage et revenus de travail”.
  8. INSEE 2018. https://www.insee.fr/fr/statistiques/3363358#figure1
  9. https://www.lemonde.fr/societe/article/2016/11/08/a-meme-emploi-meme-temps-de-travail-l-ecart-de-salaire-entre-hommes-et-femmes-est-d-environ-9_5027455_3224.html

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