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GUERRE RUSSIE-UKRAINE : LA POSITION DE LA CHINE

Depuis le début de la guerre en Ukraine, le regard des experts et analystes en géopolitique du monde entier se tourne vers la Chine. « New York Times » aurait dernièrement dénoncé l’action de la Russie qui sollicita l’aide et l’appui de Pékin au niveau économique et militaire. Ce rapport a été immédiatement démenti par le porte-parole de la diplomatie chinoise Wang Yi. Ce dernier a clairement précisé l’initiative des États-Unis à propager des rumeurs non fondées sur la Chine. Une information imprécise d’après l’analyste de l’IFRI Marc Julienne qui insista surtout dans le type de demande du président russe (Vladimir Poutine) au dirigeant de la République populaire de Chine (Xi Jinping).

Quelle position prendra Xi Jinping dans ce conflit Vladimir Poutine-Volodymyr Zelensky ?

L’état chinois priorise le maintien et la stabilité de la relation économique entre Pékin et les deux opposants.

Wang Yi (ministre des Affaires étrangères chinois) avait organisé une conférence avec son homologue ukrainien Dmytro Kuleba le 1er mars 2022. C’est durant cet entretien qu’il a mentionné que la Chine regrette le conflit. Le diplomate chinois a poursuivi que la Chine restera à l’écoute des civils pour leur dédommagement.

Il s’agit là d’un discours prudent et d’une parole qui affiche la discrétion de Pékin via le conflit existant. En outre, l’enjeu de la conversation entre les deux ministres se rapporte à la profonde préoccupation du gouvernement chinois pour sécuriser ses ressortissants en territoire ukrainien. La Chine veut une garantie pour les quelques Chinois bloqués en Ukraine.

D’un autre côté, il existe une solide relation entre la Chine et la Russie depuis la dernière guerre froide. C’est évident que Pékin et Moscou entretiennent un lien diplomatique de longue date. Ce constat a été confirmé par Wang Yi, le 7 mars dernier, durant son interview « … le partenariat stratégique entre la Chine et la Russie restera inébranlable, quelle que soit la situation internationale, ». Ce lien incassable des deux pays que Marc Julienne qualifie en disant : « Les deux pays sont opposants aux démocraties libérales occidentales ».

La véritable intention de la Chine n’est pas claire, vu leur prudence et leur discrétion. Toutefois, elle espère la victoire rapide de Poutine pour renforcer le lien qui les unit. Une course contre la montre entre l’invasion de la Russie et les sanctions de l’Union européenne s’impose.

Espionnage chinois

Un facteur important : la relation sino-ukrainienne

Malgré un handicap dû à la distance territoriale entre les deux pays, la Chine et l’Ukraine entretiennent une relation étroite au niveau économique. Pékin et Kiev affichent un partenariat commercial d’une valeur dépassant 20 milliards de dollars. En outre, ils sont liés par plusieurs accords de développement d’équipement et de matériel technologiques. L’exportation d’armes de l’Ukraine vers la Chine atteint les 100 millions de dollars par an.

Cette expertise en diplomatie multilatérale de Xi Jinping dévoile la position de l’état chinois vis-à-vis du conflit. En effet, lors d’une victoire de Poutine, la Chine serait un partenaire de premier rang pour le régime pro-russe à venir. Dans le cas contraire, la défaite russe n’aura que peu d’impact sur l’économie chinoise en raison de sa relation avec l’occident qui reste intacte.

Des faits internes préoccupants

Un autre facteur de la décision de Xi Jinping serait la situation locale. Depuis le règne Mao, le président chinois serait le futur président à avoir un troisième mandat selon les journalistes de Pékin. La stabilité politique est vitale pour le gouvernement chinois actuel. Une faible croissance économique résultante des effets de la COVID 19 suivie d’un taux de chômage élevé au cœur d’une économie instable et sensible. De plus, l’inflation due à la hausse des prix de l’énergie et des matières premières reste une menace à venir. De ce fait, la Chine reste méfiante des sanctions de l’occident et des autres pays de l’OTAN car la majeure partie du commerce chinoise s’opère dans ces pays. Le faible échange de la RMB (renminbi) ne permet pas également une grande aide à la Russie.

Par ailleurs, coté énergétique, le peuple chinois peut se libérer des chaines de l’occident avait expliqué le spécialiste Jean-Vincent Brisset de l’IRIS. Elle pourrait se bénéficier de l’approvisionnement en gaz et matière première qui viennent spécialement de la Russie.​

D’autres points à considérer seraient la concurrence permanente du commerce chinois avec celui de l’oncle Sam. Depuis mars 2018, les tarifs douaniers sont devenus énormes entre les pays concurrents. Washington a imposé des taxes douanières à un prix énorme de 250 milliards de dollars pour les produits chinois importés. La répercussion de cette petite Guerre froide devient de plus en plus visible, non seulement pour ses pays, mais sur tout le commerce international.

« Sans vote et neutre »

Les dirigeants de la République communiste de Chine se sont montrés sans voix lors des invasions russes. Rappelons que les partis séparatistes Lougansk et Donetsk ont été reconnus par Poutine le 21 février et puis Kiev a été attaquée le 24 février. Durant ces manœuvres du Kremlin, il n’y avait aucune réaction venue de Pékin. Ce n’était que plusieurs jours plus tard que Wang Yi a déclaré : « La Chine n’est pas partie prenante à la crise ». Le porte-parole de Xi avait même appelé les deux hommes (Poutine et Zelensky) à « exercer de la retenue ».

En dépit de ses bonnes paroles, Pékin n’est pas d’avis à condamner le Kremlin de coupable pour ces attaques. La Chine a même refusé le terme « invasion ». Elle reconnait ces actes russes comme étant une « opération militaire spéciale ».

Le silence de la Chine vis-à-vis de cette guerre peut être qualifié comme de la « fausse neutralité ». Certains d’entre eux ont affirmé qu’il s’agit d’une stratégie que les deux pays ont mise en place durant le voyage de Poutine à Pékin le 4 février dernier.

Suite à ses évènements, après avoir rencontré un diplomate chinois dans un rendez-vous de plus secrète, Ned Price a fait une annonce concernant le port d’aide à la Russie. Le porte-parole du gouvernement de Biden a déclaré : « Nous avons fait savoir très clairement à Pékin que nous ne resterions pas sans rien faire. Nous ne laisserons aucun pays compenser les pertes subies par la Russie ».

Cependant, aucune annonce pour ces sanctions n’a depuis été faite par la Maison Blanche.

Au-delà de l’invasion de l’Ukraine par la Russie se terrent des enjeux dont l’importance et la profondeur échappent au grand public, pour les saisir :

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