« Confession juive », « sourd », « flic »… : Éric Ciotti rattrapé par la justice pour fichage illégal 

Éric Ciotti dans le viseur de la justice pour des soupçons de fichage Éric Ciotti dans le viseur de la justice pour des soupçons de fichage

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • Perquisitions à Nice le 12 août dans une enquête sur des fichages illégaux attribués à Éric Ciotti. Des fichiers ultra-détaillés sur des citoyens ordinaires compilés sans consentement.
  • Le parquet de Nice a ouvert une enquête préliminaire en mai contre Ciotti pour fichiers non autorisés contenant des données personnelles sensibles. Un lanceur d’alerte a révélé le système de fichage.
  • Des fichiers Excel révèlent des centaines de Niçois triés par religion, origine, handicap. Mentions de « confession juive », « communauté arménienne », « sourd ». Pratiques de surveillance choquantes.
  • Perquisitions au siège du Conseil départemental. Calendrier suspect alors que Ciotti vise la mairie de Nice. Mentions « Estrosi ? » dans les fichiers. Enjeux politiques majeurs.

Des perquisitions ont eu lieu le 12 août à Nice, dans le cadre d’une enquête qui porte sur des fichages illégaux attribués à l’équipe d’Éric Ciotti, président de l’UDR.

Des mailing-lists, de véritables fichiers ultra-détaillés sur des citoyens ordinaires, compilés sans leur accord ! C’est ce que soupçonnent les enquêteurs.

Le parquet a confirmé l’information, d’abord dans Libération puis dans Nice-Matin. On attend la suite des révélations avec impatience.

Pendant qu’on nous sermonne sur la protection de la vie privée, certains élus se constituent leurs petits fichiers dans l’ombre, sans jamais être inquiétés.

Enquête préliminaire pour données sensibles

En mai dernier, le parquet de Nice a lancé une enquête préliminaire contre Ciotti, suspecté d’avoir créé des fichiers non autorisés contenant des données personnelles sensibles.

Un lanceur d’alerte anonyme a indiqué que les équipes du député niçois auraient mis en place un système de fichage sans le consentement des personnes concernées.

Le procureur Damien Martinelli a confirmé à l’AFP l’ouverture d’une procédure pour « enregistrement ou conservation de données à caractère personnel sensibles sans le consentement des intéressés ».

Éric Ciotti

Fichiers explosifs : religion, origine, handicap… rien n’échappe

Libé a mis la main sur des fichiers Excel qui font froid dans le dos. Des centaines de Niçois influents y sont triés. Commerçants, responsables associatifs… personne n’y échappe.

On y trouve des mentions de religion avec le qualificatif « confession juive » ou « confession chrétienne », des origines ethniques notées : « communauté arménienne », « corse »… Un vrai fichage en règle.

Plus choquant encore, certains noms sont accompagnés de mentions de handicap comme « sourd » ou « non voyant ». On y relève aussi l’étiquette « propriétaire foncier ».

Décidément, notre république modèle a encore beaucoup à nous apprendre sur ses méthodes.

Perquisitions et enjeux politiques

Parmi les lieux visés par les perquisitions figure le siège du Conseil départemental, même si cette information n’a pas été confirmée par le magistrat en charge. Éric Ciotti, qui a dirigé cette institution de 2008 à 2017, occupe actuellement la présidence de la commission des finances du département.

Le calendrier de ces interventions attire l’attention, alors que le député consolide sa position sur la scène politique nationale. Sa rentrée politique, prévue fin août, pourrait coïncider avec l’annonce de sa candidature à la mairie de Nice, où il ferait face au maire sortant Christian Estrosi (Horizons), déjà en lice pour un nouveau mandat.

Par ailleurs, certains fichiers révélés contiendraient des mentions « Estrosi ? », ce qui pourrait indiquer un lien avec le maire en exercice.

Le traitement de données personnelles obtenues sans le consentement des intéressés est passible de cinq ans d’emprisonnement et d’une amende pouvant aller de 300 000 à 1,5 million d’euros.

Christian Estrosi

Cette affaire révèle crûment ce que la presse officielle tait : on nous sermonne sur chaque donnée partagée, tandis que certains élus tiennent des fichiers sur les citoyens comme s’ils n’étaient que des chiffres.

La CNIL a reçu une plainte, mais rien ne garantit que la loi suffira à stopper ces pratiques.

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