🔥 Les essentiels de cette actualité
- La zone euro affiche une croissance de 0,2 % au troisième trimestre, légèrement supérieure aux attentes, selon Eurostat.
- Des disparités économiques persistent : l’Allemagne et l’Italie peinent, tandis que l’Espagne et la France surprennent avec des hausses de 0,6 % et 0,5 %.
- Malgré cette croissance, la BCE devrait maintenir ses taux, face à une inflation à 2,2 % et des perspectives économiques ternes.
- Les analystes mettent en garde contre une politique monétaire trop restrictive, évoquant des forces désinflationnistes et un euro fort.
L’économie de la zone euro affiche une croissance en trompe-l’œil de 0,2 % au troisième trimestre, selon les données préliminaires publiées jeudi par Eurostat.
Ce chiffre, légèrement au-dessus des prévisions des économistes interrogés par Reuters qui tablaient sur 0,1 %, masque toutefois une réalité bien plus complexe.
Les technocrates de Bruxelles se féliciteront sans doute de ce résultat qui dépasse – de justesse – les attentes du marché. Mais pour les citoyens ordinaires, cet infime progrès reste totalement imperceptible face à l’inflation qui continue de ronger leur pouvoir d’achat.

Les disparités économiques au sein de la zone euro
À la suite de ces chiffres encourageants, l’euro s’est renforcé de 0,16 % face au dollar, atteignant 1,1618 $. Un coup de pouce pour les spéculateurs, mais un frein supplémentaire pour les industries exportatrices déjà sous tension.
L’Allemagne, jadis locomotive économique du continent, peine à sortir de sa récession industrielle, tout comme l’Italie, dont l’économie reste quasiment figée.
Le contexte géopolitique tendu et les sanctions économiques contre la Russie continuent de peser lourdement sur les perspectives de croissance réelle.
Une croissance anémique de 0,2 % suffit-elle vraiment à justifier la politique monétaire restrictive maintenue par la BCE ? D’autant que cette timide avancée succède à une stagnation de 0,1 % au trimestre précédent, après un sursaut de 0,6 % au premier, sans pour autant inverser la tendance globale de mollesse.
La zone euro affiche cependant des chiffres étonnamment solides au troisième trimestre, portée notamment par l’Espagne qui enregistre une hausse de 0,6 %.
La France surprend également les experts avec une croissance de 0,5 % – soit plus du double des prévisions, qui tablaient sur un maigre 0,2 %, malgré les turbulences politiques.
Zone euro : croissance modeste, BCE stable sur les taux
Les chiffres du troisième trimestre montrent que l’économie de la zone euro a enregistré une croissance légèrement supérieure aux attentes, malgré les pressions inflationnistes. Ces données ont été publiées juste avant la réunion de la Banque centrale européenne prévue aujourd’hui, indiquant une stabilité économique suffisante pour que les décideurs de Francfort n’envisagent pas immédiatement de modifier les taux d’intérêt.
Malgré des perspectives globales encore ternes, les analystes doutent d’une détente prochaine des taux dans les mois à venir, ce qui alourdit le poids des emprunts pour les familles.
Selon leurs prévisions, la Banque centrale européenne devrait maintenir son taux de facilité de dépôt à 2 % lors de sa prochaine réunion. Sa dernière baisse remonte à juin, un choix cohérent avec l’inflation annuelle de la zone euro qui avait atteint 2 % – cible officielle de la BCE – avant de remonter à 2,2 % en septembre.
« Le cycle de baisse des taux de la BCE semble terminé, du moins pour l’instant, la vigueur de l’activité économique et la hausse de l’inflation ne laissant guère de doutes quant au fait que le Conseil des gouverneurs restera les bras croisés pendant encore un certain temps », a déclaré Matthew Ryan, responsable de la stratégie de marché chez Ebury, une société de services financiers, dans un courriel.

Les avertissements des analystes
« Les données récentes sur l’activité de la zone euro sont positives, notamment les indices PMI flash d’octobre et la première estimation du PIB du troisième trimestre publiée ce matin. La croissance a surpris positivement malgré les difficultés liées au commerce, et les indicateurs nationaux suggèrent que la demande intérieure reste orientée à la hausse », a indiqué Natasha May, analyste des marchés mondiaux chez JP Morgan Asset Management, dans un courriel.
Elle a toutefois averti que la BCE ne pouvait pas se permettre de se reposer sur ses lauriers, surtout avec des signaux de reprise intérieure qui défient les vents mauvais du commerce mondial.
Compte tenu de cela et des prévisions d’une modération de l’inflation, le mantra de la présidente de la BCE, Christine Lagarde, selon lequel la politique de la banque centrale est « en bonne voie », semble judicieux, a ajouté May.
« Mais il ne faut pas exclure la possibilité que la BCE procède à de nouvelles baisses de taux l’an prochain. Avec une hausse de 15 % des exportations chinoises vers la zone euro en septembre par rapport à l’année précédente et des anticipations de baisse des prix de l’énergie, les forces désinflationnistes s’intensifient », a-t-elle déclaré.
Conjuguée à un euro fort, cette dynamique risque de faire plonger l’inflation sous les projections de la BCE pour l’an prochain – déjà en deçà de l’objectif de 2 % –, a ajouté Mme May.
« Le Conseil des gouverneurs ne peut se permettre de relâcher sa vigilance », a-t-elle conclu.
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