Après Shein, le gouvernement saisit la justice contre AliExpress, Temu, Wish, eBay et Joom pour la vente de produits illégaux

La répression des fraudes découvre des poupées pédopornographiques et des armes illégales La répression des fraudes découvre des poupées pédopornographiques et des armes illégales

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • La répression des fraudes découvre des poupées pédopornographiques et armes illégales sur AliExpress, Joom, Wish, Temu et eBay, choquant le public et les autorités.
  • Le ministre du commerce, Serge Papin, annonce des poursuites judiciaires contre ces plateformes, dénonçant leur manque de vérification d’âge et de contrôle des contenus.
  • Shein, déjà sous surveillance, risque une suspension en France après la découverte de produits illicites, tandis que d’autres plateformes coopèrent avec les autorités.

La répression des fraudes française a mis au jour des produits particulièrement inquiétants vendus sur des plateformes censées se limiter aux bonnes affaires. Des poupées pédopornographiques ont été découvertes chez AliExpress et Joom. Et ce n’est pas tout : des armes de catégorie A — poings américains et machettes — étaient également proposées sur Wish, Temu, AliExpress et même eBay.

Ces révélations proviennent directement de Serge Papin, ministre du Commerce, dans une interview accordée au Parisien. Les plateformes concernées vont devoir répondre rapidement devant la justice.

La situation est d’autant plus grave que ces produits interdits étaient accessibles à n’importe quel internaute, sans véritable contrôle d’âge. Selon la DGCCRF, Wish, Temu et AliExpress échouent à bloquer l’accès des mineurs à des contenus pornographiques, aggravant les risques pour les plus jeunes.

Les mesures contre les plateformes de vente en ligne

Le ministre a ainsi révélé que « AliExpress et Joom vendaient aussi des poupées pédopornographiques » tandis que Wish, Temu, AliExpress et eBay « vendaient des armes de catégorie A, comme des poings américains et des machettes ».

Face à ces constats alarmants, Bercy prépare des poursuites judiciaires contre ces plateformes qui semblent ignorer délibérément le cadre légal.

« Nous avons signalé au procureur de la République l’ensemble des plateformes qui proposaient des contenus illicites », a déclaré Serge Papin lors d’une récente intervention médiatique.

Pour Shein, le gouvernement a même frappé plus fort :

« S’agissant de Shein nous avons en plus demandé sa suspension à la justice », a-t-il précisé.

Serge Papin a mis en garde les plateformes de commerce en ligne :

« Toute plateforme qui aura commercialisé des articles illicites aura le même traitement. »

Une déclaration qui tranche avec le cas d’Amazon, dont les problèmes concernent plutôt le filtrage d’images, et non la vente de produits interdits.

Le ministre a précisé que plusieurs affaires sont déjà entre les mains de la justice ou le seront prochainement. « Les dossiers sont soit déjà déposés, soit en passe de l’être », a-t-il indiqué sans détailler le calendrier exact de ces procédures.

La répression des fraudes semble déterminée à poursuivre son offensive contre les géants du e-commerce. Aux côtés du ministre de l’Économie Roland Lescure, de la ministre déléguée au Numérique Anne Le Hénanff et du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, Papin a martelé que « notre vigilance ne faiblira pas ».

À ce titre, Serge Papin a prévu de convoquer, le 27 novembre à Bercy, ses homologues européens pour discuter des répercussions de ces acteurs sur le marché commun, selon un communiqué de son cabinet relayé par l’AFP.

La répression des fraudes découvre des poupées pédopornographiques et des armes illégales sur AliExpress, Joom, Wish, Temu et eBay

Les réactions des plateformes de e-commerce

Interrogé par l’AFP, eBay a répondu qu’il poursuivait ses efforts pour « empêcher la vente d’objets interdits sur sa plateforme ». Le géant américain assure aussi « coopérer » avec les autorités françaises sur cette affaire.

Le gouvernement continue sa chasse aux produits interdits vendus en ligne, après la découverte de plusieurs articles illicites sur Shein la semaine passée. L’exécutif a par la suite déclaré avoir repéré des produits tout aussi illicites sur d’autres plateformes de e-commerce et compte engager « de nouvelles procédures » contre ces sites.

Cette annonce intervient dans un contexte particulièrement tendu, Shein étant déjà sous le feu des projecteurs après qu’on y ait trouvé des poupées sexuelles à l’effigie de fillettes.

Shein indique avoir retiré tous les articles incriminés de son catalogue, évitant pour le moment une suspension d’activité en France, tout en restant exposé à des enquêtes pénales en cours.

Le géant asiatique, convoqué mardi à l’Assemblée nationale devant la mission d’information sur les contrôles des produits importés, n’a toujours pas confirmé sa présence.

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