🔥 Les essentiels de cette actualité
- Liquidation judiciaire de Brandt : 652 salariés licenciés du jour au lendemain dans le Loiret et Loir-et-Cher.
- Serge Grouard explose de rage : « vendu aux Chinois, ras-le-bol de ce pays » face à la bureaucratie.
- Projet SCOP prometteur torpillé : banques refusent d’investir 20 millions d’euros malgré aides publiques.
- Ministres promettent un sursaut : nouveau projet possible après la casse ? Espoir fragile pour les familles.
Serge Grouard, président divers droite de l’agglomération d’Orléans et maire de la ville, exprime sa colère contre le tribunal de Nanterre, qui vient de prononcer la liquidation judiciaire de Brandt.
Résultat : deux usines ferment leurs portes, l’une à Saint-Jean-de-la-Ruelle, à proximité immédiate de la préfecture du Loiret, l’autre près de Vendôme, en Loir-et-Cher. Au total, 652 salariés se retrouvent à la rue du jour au lendemain.
Pour Grouard, cette décision constitue la goutte d’eau qui fait déborder le vase d’un système économique français à bout de souffle, étouffé par la bureaucratie et la concurrence chinoise.
« Ça va être vendu aux enchères pour quelques millions et ça va être racheté par les Chinois, j’en ai ras le bol de ce pays à la con », balance-t-il sans filtre sur une radio locale comme Ici Val de Loire, des propos rapidement repris par les médias nationaux.
Derrière ces mots crus se dessine le cri du cœur d’un élu local qui voit la région Centre-Val de Loire se vider de ses emplois industriels, faute de souveraineté et de protectionnisme. Les banques ont tourné le dos, les repreneurs crédibles se font rares, et l’appareil industriel est livré à la découpe au profit d’acheteurs étrangers.
Après Michelin, Arcelor Mittal, Teisseire… Brandt, dernier fabricant d’électroménager en France, va être liquidé. 700 salariés licenciés. Malgré une proposition de reprise en SCOP.
Le projet de Scop torpillé par les banques : une trahison qui enterre 300 emplois
Le 1er octobre, le tribunal de commerce de Nanterre place Brandt en redressement judiciaire. Deux mois plus tard, le 27 novembre, le couperet tombe : aucun repreneur à l’horizon. Serge Grouard, déjà ulcéré, y voit une dissimulation flagrante.
« On nous a caché la copie », lâche-t-il.
Pourtant, un espoir avait émergé : un projet de Scop porté par les syndicats, soutenu par la région Centre-Val de Loire, la métropole d’Orléans et même l’État. L’objectif était clair : relancer les usines et sauver environ 300 emplois sur les 652 menacés. Le ministère de l’Industrie, la région et la métropole mettent alors en commun plus de 20 millions d’euros pour tenter de relancer l’activité.
Mais du côté des banques, le silence est total. Pas un centime, pas un geste. Ces géants de la finance, pourtant censés soutenir l’économie réelle, laissent le dossier s’enliser. Résultat : le projet de souveraineté industrielle locale s’effondre, livrant les usines à la voracité chinoise ou à des fonds étrangers opportunistes. Dans le Centre-Val de Loire, c’est un coup de massue pour des familles déjà frappées par l’inflation et la précarité.

Les ministres temporisent : sursaut d’espoir ou promesses après la casse ?
Au cœur de cette débâcle industrielle, les ministres sortent du bois. Vendredi sur TF1, Sébastien Martin, délégué à l’Industrie, a reconnu à demi-mot le fiasco bancaire :
« Il y a eu peu de partenaires bancaires, c’est vrai ». Il ajoute : « face à l’urgence de la situation, on se dise que les procédures habituelles, on pouvait faire un peu mieux, un peu plus vite ».
De son côté, Sébastien Martin refuse de baisser les bras et affirme qu’il « ne laisse pas tomber » Brandt tout en estimant possible « d’imaginer un nouveau projet ».
« Je suis prudent, mais il reste encore une possibilité après la liquidation judiciaire » a annoncé Serge Papin, sur Europe 1 le même jour.
Mais face à un État englué dans sa bureaucratie et à des banques qui détournent le regard, ces promesses paraissent bien fragiles. Dans le Loiret et le Loir-et-Cher, où 652 familles attendent des réponses concrètes, le gouffre entre les discours parisiens et la réalité du terrain apparaît plus béant que jamais.
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