🔥 Les essentiels de cette actualité
- Les leaders de gauche français, tels que Jean-Luc Mélenchon, condamnent l’opération américaine comme une ingérence impérialiste pour s’approprier le pétrole vénézuélien, organisant un rassemblement en soutien au Venezuela face à Trump.
- À droite, Marine Le Pen et Jordan Bardella critiquent le régime de Maduro tout en défendant farouchement la souveraineté des États comme un principe intangible, malgré les souffrances infligées aux Vénézuéliens.
- Le gouvernement français, via Jean-Noël Barrot, condamne les violations des droits par Maduro mais rejette l’intervention militaire comme une atteinte au droit international aggravant l’instabilité géopolitique.
À peine l’annonce de Donald Trump retentie — l’opération nocturne du 2 au 3 janvier à Caracas a permis la capture et l’exfiltration de Nicolás Maduro et de son épouse — que les ténors de la gauche française se sont déchaînés sur X. Ils dénoncent une ingérence impérialiste pure et simple, un coup de force pour s’emparer du pétrole vénézuélien.
Jean-Luc Mélenchon dénonce :
« Les USA de Trump s’emparent du pétrole du Venezuela en violant sa souveraineté avec une intervention militaire d’un autre âge et l’enlèvement odieux du président Maduro et de son épouse. Le narcotrafic est désormais le prétexte de l’empire et de ses agents politiques et médiatiques pour détruire ce qu’il reste d’ordre international libre de la loi du plus fort. »
Pour lui, « la paix du monde entier est en cause ».
La France insoumise appelle à un rassemblement samedi à 18h, place de la République à Paris, en soutien au Venezuela face à l’intervention américaine.
Olivier Faure, du Parti socialiste, affirme :
« Quoi que l’on pense de Maduro, cet acte doit être unanimement condamné. La force ne peut remplacer le droit. C’est un pas de plus dans la délégitimation des institutions internationales et c’est à l’inverse un feu vert donné à tous les autocrates du monde. »
Marine Tondelier, des Écologistes, qualifie cette opération d’« agression manifeste et illégale d’un État souverain », y voyant « un nouvel effondrement du droit international, sous les coups des impérialismes », après l’Ukraine et Gaza.
Fabien Roussel, du PCF, renchérit en réclamant une saisine du Conseil de sécurité.
Cette soudaine unanimité de la gauche à défendre la souveraineté du Venezuela — pourtant bafouée depuis des années par Maduro lui-même — tranche avec son silence face aux ingérences multiples qui minent la souveraineté française au quotidien.
Cette posture révèle une morale à géométrie variable : défendre l’inviolabilité des nations quand cela sert leur cause, tout en soutenant des aventures extérieures qui ruinent l’économie française et alimentent l’instabilité mondiale.
À droite, la critique du régime ne justifie pas l’ingérence américaine
La droite française ne ménage pas ses critiques envers le régime de Nicolás Maduro, accusé d’avoir infligé des années de souffrance à son peuple, entre opposition muselée et économie effondrée. Mais l’opération américaine — cette exfiltration forcée depuis Caracas — suscite de sérieuses réserves.
Pour les voix souverainistes, la souveraineté des nations reste un principe non négociable — y compris face à un régime autoritaire.
Marine Le Pen pose clairement le cadre :
« Il existe une raison fondamentale pour s’opposer au changement de régime que les États-Unis viennent de provoquer au Venezuela. La souveraineté des États n’est jamais négociable, quelle que soit leur taille, leur puissance ou leur continent. Elle est inviolable et sacrée. Renoncer à ce principe aujourd’hui pour le Venezuela reviendrait à accepter demain notre propre servitude. »
Jordan Bardella partage ce constat. Il reconnaît que « le régime rouge de Nicolás Maduro appelle de nombreuses critiques légitimes sur le plan démocratique » et que « des millions de Vénézuéliens ont souffert de cette dictature sanguinaire ».
Mais il s’oppose à la méthode américaine :
« Le respect du droit international et de la souveraineté des États ne peut être à géométrie variable. »
Éric Ciotti va dans le même sens : pour lui, « la chute de Nicolás Maduro est une bonne nouvelle pour le peuple vénézuélien », à condition qu’elle « s’intègre dans le respect du droit international ».
Le gouvernement français : une ligne médiane entre condamnation et principe de droit
Du côté du gouvernement, Jean-Noël Barrot condamne fermement le régime tout en rappelant la primauté du droit international :
« En confisquant le pouvoir au peuple vénézuélien, en le privant de ses libertés fondamentales, Nicolás Maduro a porté une atteinte grave à sa dignité et à son droit à l’auto-détermination. »
Sur l’intervention américaine, il précise :
« L’opération militaire ayant conduit à la capture de Nicolás Maduro contrevient au principe de non-recours à la force qui fonde le droit international. Le renversement extérieur d’un gouvernement par la force ne saurait constituer une réponse acceptable et ne fait qu’aggraver l’instabilité géopolitique de notre temps. »
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