🔥 Les essentiels de cette actualité
- L’association AC Corruption porte plainte contre le RN pour détournement de fonds publics, favoritisme et prise illégale d’intérêts. Une nouvelle affaire s’ajoute à la longue liste des démêlés judiciaires du parti.
- La plainte vise plusieurs dossiers sensibles, dont les prêts aux particuliers et le financement des campagnes municipales. Le PNF centralise les enquêtes, suscitant des interrogations sur sa neutralité.
- Une stratégie judiciaire méthodique se dessine, visant à affaiblir le RN et ses soutiens financiers. Une justice à géométrie variable qui s’abat sur ceux qui dérangent le système.
Ce mardi 29 juillet, l’association AC Corruption a déposé une plainte contre le Rassemblement national auprès du parquet national financier (PNF).
Les infractions visées sont graves : détournement de fonds publics, favoritisme et prise illégale d’intérêts. Le recours concerne notamment certaines pratiques financières du parti observées ces dernières années.
La manœuvre n’est pas anodine. Elle s’inscrit dans un schéma bien rodé, où le RN, devenu la cible prioritaire du moment, fait systématiquement l’objet d’initiatives judiciaires dès qu’il occupe le devant de la scène.
Une stratégie judiciaire bien huilée
Me Jérôme Karsenti, avocat de l’association, l’affirme sans détour :
« L’objectif est la centralisation au PNF, seul parquet compétent pour appréhender des faits complexes, touchant à la probité et à dimension nationale. »
Derrière cette approche technique se profile une logique politique. Car regrouper les dossiers, c’est aussi choisir le tempo des enquêtes — et parfois, l’aligner opportunément avec le calendrier médiatique.
C’est une vieille recette : dès qu’un parti critique l’ordre établi, des procédures ressurgissent. On s’attaque à ses soutiens financiers, à ses campagnes passées, à ses figures médiatiques.
Une opération judiciaire méthodique, orchestrée avec un sens du timing qui interroge sur la neutralité des institutions.c un sens du timing qui interroge sur la neutralité des institutions.

Les dossiers sensibles dans le viseur
Plusieurs affaires sont concernées par cette démarche. Il y a d’abord les prêts accordés par des particuliers au RN, un dossier actuellement entre les mains de la Juridiction interrégionale spécialisée de Paris.
Vient ensuite le financement présumé illégal des campagnes municipales de 2020 et 2021, notamment à Marseille, où le nom du milliardaire Pierre-Edouard Stérin est cité.
Enfin, une enquête a été ouverte début juillet par le Parlement européen sur de possibles irrégularités financières impliquant les eurodéputés du RN.
Loin d’être anecdotiques, ces affaires alimentent une stratégie judiciaire de grande ampleur, où les figures et mécènes qui soutiennent la droite nationale deviennent à leur tour les nouvelles cibles. Comme si soutenir un parti hors du système devenait, en soi, un motif de suspicion.
Le rôle du PNF dans la balance politique
Créé sous François Hollande, le parquet national financier a toujours suscité des interrogations sur sa sélectivité. Certains dossiers sensibles s’enlisent discrètement quand d’autres, étrangement synchrones avec l’actualité politique, s’emballent.
Ce nouvel épisode s’ajoute à une longue série de procédures visant le RN, renforçant l’idée d’une judiciarisation ciblée du débat politique.
Quand un mouvement dérange le pouvoir, les recours juridiques deviennent une arme. Pendant ce temps, les zones d’ombre du financement des partis traditionnels restent largement ignorées. Une impartialité sélective qui n’échappe plus à personne.

Un schéma politique bien établi
Pendant que l’on traque la moindre irrégularité administrative chez l’opposition, les affaires embarrassantes impliquant les partis au pouvoir s’enlisent ou sont purement ignorées. Une justice à géométrie variable qui s’abat surtout sur ceux qui dérangent le système
« Le second but de cette plainte, c’est de montrer comment le RN contourne la loi pour s’enrichir, avec l’appui de milliardaires prêts à tout pour faire gagner l’extrême droite », soutient encore l’avocat de l’association.
Derrière l’affichage d’une justice neutre et rigoureuse, c’est bien une instrumentalisation des procédures qui se dessine, au service d’un équilibre politique que l’appareil d’État entend préserver à tout prix.
IMPORTANT - À lire
Derrière l'apparente neutralité de la justice, se cache une instrumentalisation politique ciblant l'opposition. Enquêtes opportunément synchronisées avec l'actualité, figures médiatiques dans le viseur : un schéma bien rodé pour déstabiliser ceux qui dérangent le système en place.
Pour aller plus loin et décrypter les dessous de l'actualité, découvrez notre revue mensuelle. Chaque mois, nous approfondissons l'analyse des jeux de pouvoir et des stratégies d'influence qui façonnent notre paysage politique. Une lecture indispensable pour comprendre les enjeux géopolitiques de notre époque.




Participez au débat, et partagez votre opinion !
Faites avancer la discussion en donnant votre avis à la communauté.