🔥 Les essentiels de cette actualité
- Marine Le Pen critique sévèrement l’accord commercial UE-États-Unis, le qualifiant de « fiasco politique, économique et moral ». Découvrez les détails de son attaque.
- Les réactions politiques fusent : de Aurore Lalucq à Jean-René Cazeneuve, en passant par Clément Beaune. Comment la macronie et les Républicains ripostent-ils ?
- Les liens entre le RN et Trump sont au cœur des débats. Entre accusations et revendications souverainistes, quel est l’impact sur le RN ?
- Même les souverainistes critiquent Le Pen. Florian Philippot dénonce ses positions comme « vaines ». Quelle est la stratégie de Le Pen face à ces tensions internes ?
Dimanche, les responsables politiques se sont de nouveau donné un malin plaisir à s’en prendre à leur cible favorite : Marine Le Pen.
Rien de nouveau sous le soleil, sauf que cette fois, la tempête est née d’un commentaire acerbe sur un accord commercial transatlantique.
La députée du Pas-de-Calais dénonçait un « fiasco politique, économique et moral » à propos de l’accord fraîchement conclu entre Donald Trump et Ursula von der Leyen sur les droits de douane entre l’Union européenne et les États-Unis.
Un accord qu’elle voit comme une nouvelle démonstration de l’impuissance européenne, doublée d’une trahison des intérêts français.
« La Commission a accepté des clauses asymétriques que jamais la France elle-même, gouvernée par un exécutif patriote, n’aurait acceptées (…) C’est une capitulation en rase campagne pour l’industrie française, et pour notre souveraineté énergétique et militaire. Un fiasco moral, enfin, car une fois de plus les agriculteurs français ont été sacrifiés sur l’autel des industries d’outre-Rhin. »
Ripostes tous azimuts : la macronie et ses satellites en embuscade
Il n’en fallait pas plus pour relancer la machine à indignation. Aurore Lalucq, eurodéputée Place Publique, a dégainé la première sur X :
« C’est l’hôpital qui se fout de la charité (…) Profil bas les pseudos patriotes. »
Dans son viseur, les incohérences supposées de la cheffe du RN, trop proche, selon elle, de Trump pour s’indigner d’un accord qu’il a lui-même négocié.
Le député macroniste Jean-René Cazeneuve en a remis une couche :
« Souvent RN varie. La raison du plus fort est de retour, c’est ce que vous vouliez, et votre ami Trump nous l’a mis à l’envers. »
Même ironie du côté des Républicains. Sébastien Martin, élu de Saône-et-Loire, a feint la surprise :
« Il me semble pourtant que Marine Le Pen est le premier soutien officiel de Donald Trump, non ? »
Et comme souvent, Clément Beaune a pris le relais sur franceinfo, accusant le RN de frayer ouvertement avec le trumpisme :
« Les alliés de Marine Le Pen sont allés au congrès du parti républicain soutenir Donald Trump. […] Monsieur Zemmour, madame Le Pen, monsieur Bardella, ils ont pris Trump comme modèle. »
Les liens RN–Trump : une arme à double tranchant
Difficile, en effet, de nier les faits : Jordan Bardella s’est bien rendu à la CPAC à Washington en février, ce rendez-vous annuel de la droite conservatrice américaine. Louis Aliot, lui, était présent à l’investiture de Trump en 2017.
Mais là où la majorité présidentielle dénonce des accointances douteuses, le RN revendique des liens avec une autre vision du monde — plus souverainiste, moins soumise à Bruxelles.
Comme si tisser des relations internationales était suspect, à condition de ne pas les nouer avec la Commission européenne.

Le Pen sous le feu ami : tensions internes chez les souverainistes
L’attaque ne vient pas que de l’extérieur. Au sein même de la galaxie souverainiste, les critiques fusent.
Florian Philippot, ancien stratège du RN et partisan affiché d’un Frexit pur et dur, a qualifié les positions actuelles de Marine Le Pen de « vaines ». Pour lui, tant que le RN ne propose pas de quitter l’Union européenne, ses dénonciations relèveront du théâtre.
La députée se retrouve donc piégée entre deux lignes. Elle a abandonné l’idée de sortir de l’euro et de l’UE, jugée trop risquée électoralement. Mais elle continue de cibler un système dont elle accepte désormais les règles. Un grand écart stratégique difficile à tenir.

Souveraineté, hypocrisie et stratégie de communication
Cette affaire dit beaucoup de la vie politique française. Marine Le Pen dénonce un accord européen qu’elle juge défavorable à la France, mais aussitôt, le débat dévie.
Ce ne sont ni les clauses de l’accord, ni ses conséquences économiques, ni même la stratégie européenne qui sont réellement discutées.
Ironie du sort, plusieurs de ses détracteurs partagent en fait la même critique de cet accord, mais préfèrent concentrer leurs attaques sur sa personne plutôt que d’en débattre.
Ce réflexe pavlovien d’attaquer l’adversaire plutôt que ses idées, surtout quand elles remettent en cause l’ordre établi, illustre parfaitement l’état du débat politique aujourd’hui.
IMPORTANT - À lire
Marine Le Pen dénonce un accord européen défavorable à la France, mais le débat dévie aussitôt vers ses relations avec Trump. Un réflexe pavlovien d'attaquer l'adversaire plutôt que ses idées, surtout quand elles remettent en cause l'ordre établi.
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