Affaire des assistants parlementaires : Marine Le Pen clame son innocence au premier jour du procès en appel

Au premier jour de son procès en appel, Marine Le Pen soutient n'avoir "rien dissimulé" Au premier jour de son procès en appel, Marine Le Pen soutient n'avoir "rien dissimulé"

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • Marine Le Pen a ouvert son procès en appel en affirmant son innocence face aux accusations de détournement de fonds européens, soulignant que son parti n’a rien dissimulé dans ses embauches. Elle accuse le Parlement européen d’avoir négligé son rôle d’alerte malgré sa pleine connaissance des faits.
  • Les juges reprochent à Le Pen et au Rassemblement national d’avoir détourné 3,2 millions d’euros, après une condamnation en première instance incluant cinq ans d’inéligibilité. Cette affaire pourrait peser lourdement sur l’avenir politique du parti en vue de la présidentielle de 2027, en écartant définitivement la leader si la peine est confirmée.
  • Les co-prévenus, comme Louis Aliot, ont soutenu Le Pen en dénonçant une justice instrumentalisée, transformant le procès en symbole de persécution anti-souverainiste. Ils maintiennent unanimement n’avoir commis aucun délit dans la mutualisation des assistants parlementaires, questionnant l’équité du système judiciaire.

Ce mardi 13 janvier 2026, dès l’ouverture de son procès en appel devant la première chambre du palais de justice de Paris, Marine Le Pen, 57 ans, a pris la parole avec une fermeté intacte. Vêtue d’un tailleur sombre, les traits marqués par deux heures et demie d’un rapport introductif mené par la présidente Michèle Agi, la leader du Rassemblement national a balayé les accusations portées contre elle dans l’affaire des assistants parlementaires européens.

Face à la cour, elle a clamé son innocence sans détour :

« Si un délit a été commis – et tout le monde semble dire qu’un délit a été commis -, je veux bien l’entendre. Mais je veux que la cour sache qu’en ce qui nous concerne, nous n’avions aucun sentiment d’avoir commis le moindre délit lorsqu’en 2004, 2009 puis 2014 nous avons embauché nos propres assistants puis mutualisé ces assistants. Nous n’avons jamais rien dissimulé, ni dans la publication de nos organigrammes ni dans les contrats déposés. »

Marine Le Pen a également mis en cause le Parlement européen, affirmant que s’il y a eu une faute, cette institution n’a « pas joué ce rôle d’alerte tel qu’il aurait dû le jouer, alors qu’il avait connaissance de l’ensemble des éléments constitutifs de ces contrats. »

L’audience s’est suspendue vers 17h40, pour reprendre mercredi matin et se poursuivre jusqu’au 11 février. Cette bataille judiciaire pèse lourd pour 2027 : une ombre sur la route de la leader nationale, qui refuse de plier face à ce qu’elle perçoit comme une persécution anti-souverainiste.

Les faits au cœur du dossier : un détournement présumé

Au cœur de ce procès en appel, la justice accuse Marine Le Pen, le Rassemblement national et dix autres prévenus d’avoir puisé dans les fonds européens afin de rémunérer des salariés du parti entre 2004 et 2016.

En première instance, vingt-cinq personnes ont été condamnées, mais seule la moitié a formé appel, dont Marine Le Pen. Les juges lui ont infligé cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, quatre ans de prison dont deux ans ferme, et 100 000 euros d’amende.

Pour le Parlement, le préjudice s’élève à 3,2 millions d’euros, nets des 1,1 million déjà remboursés. La défense présente cette somme comme exagérée, fruit d’une transparence assumée dans le cadre d’une mutualisation jugée légitime des assistants.

Les co-prévenus serrent les rangs

Dans la foulée des déclarations combatives de Marine Le Pen, ses co-prévenus ont emboîté le pas, répétant qu’ils n’ont jamais eu l’intention de commettre le moindre délit. Louis Aliot, maire de Perpignan, Julien Odoul, député RN, Nicolas Bay, eurodéputé, et Bruno Gollnisch ont tous balayé les accusations de détournement, alignés sur la ligne de leur leader.

Louis Aliot a livré un témoignage poignant : « J’ai le sentiment d’avoir été ni compris ni totalement entendu dans les explications », a-t-il lancé à la barre, exprimant un profond sentiment d’injustice face à une justice qu’ils disent instrumentalisée par les élites européennes.

Du côté de la partie civile, l’avocat du Parlement européen, Patrick Maisonneuve, a exprimé sa surprise devant cette défense resserrée, notant « une évolution » de la stratégie par rapport aux phases antérieures du procès.

2027 en suspens : Le Pen sous le couperet, Bardella en embuscade

Au-delà du prétoire, c’est l’avenir du Rassemblement national qui se joue, avec la présidentielle de 2027 en ligne de mire. Condamnée en mars 2025 à cinq ans d’inéligibilité immédiate, Marine Le Pen voit son sort suspendu à la cour d’appel. La décision des juges parisiens, attendue dans les prochains jours, pourrait tout changer : si l’inéligibilité dépasse deux ans, la leader du RN serait définitivement écartée de la course.

Le parti avance néanmoins vent en poupe avec 120 députés à l’Assemblée, donnant du poids à Jordan Bardella, pressenti pour prendre le relais. Les sondages le placent déjà en tête, tandis que l’image de Le Pen s’effrite peu à peu sous le poids de ce scandale judiciaire.

Reste que rien n’est joué. Si la cour d’appel allège la peine — à moins de deux ans d’inéligibilité — Le Pen pourrait rebondir pour 2027, transformant cette épreuve en cri de ralliement contre le système.

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