🔥 Les essentiels de cette actualité
- Gérard Miller, 77 ans, arrêté pour accusations de viols et agressions sexuelles. Enquête ouverte après 20 ans de silence.
- Plus de 90 femmes témoignent, dont 8 affirment avoir été violées. Abus sous hypnose dénoncés dans son hôtel particulier.
- Six femmes portent plainte pour « gestes sexués » sans consentement entre 1995 et 2005. Miller se défend en niant les faits.
Gérard Miller, figure du PAF, a été arrêté mardi 30 septembre matin à son domicile. À 77 ans, le psychanalyste a été placé en garde à vue pour des accusations de viols et d’agressions sexuelles, selon Le Parisien. C’est la brigade de protection des mineurs qui l’interroge actuellement.
Plusieurs femmes accusent l’ancien prof de Paris 8, chroniqueur à la télé et à la radio, de comportements déplacés, certains remontant à plusieurs années.
En février 2024, le parquet de Paris s’est enfin décidé à enquêter. Les faits ? Des « viols et agressions sexuelles, parfois sur victimes mineures ». Il aura fallu attendre près de 20 ans pour que la justice s’y intéresse.
Six femmes ont porté plainte contre ce psy médiatique pour des « gestes sexués » sans leur consentement entre 1995 et 2005. Elles ont dû porter seules leur traumatisme pendant que monsieur paradait sur les plateaux télé.
Les témoignages des victimes
En avril 2023, au moment du dépôt des trois plaintes initiales, on découvrait l’ampleur de l’affaire grâce aux enquêtes de Mediapart et Elle. Les journalistes Cécile Ollivier et Alice Augustin ont approfondi leurs recherches dans Anatomie d’une prédation (Robert Laffont).
Le résultat est glaçant : plus de 90 femmes se sont manifestées. Parmi elles, huit affirment avoir été violées et 26 autres décrivent des agressions sexuelles, certaines commises pendant des « séances d’hypnose ». Les autres victimes racontent des tentatives d’agression, des propositions douteuses ou des situations où elles se sont senties piégées.
Plusieurs dénoncent des abus sous hypnose dans son hôtel particulier parisien. Une victime qui avait 19 ans à l’époque — lui en avait 55 — raconte son calvaire après l’émission On a tout essayé sur France 2 :
« C’est comme un piège qui se referme sur moi. Je ne peux plus bouger, je suis un corps mort qui tremble. »
Parmi elles, Muriel Cousin, journaliste reconnue, affirme avoir été agressée sexuellement lors d’une séance d’hypnose. Toutes désignent le même coupable : un psy médiatique qui semblait jusqu’ici au-dessus de tout soupçon.
L’ampleur de l’affaire
Dans les jours qui ont suivi les premières accusations, l’affaire a pris une tournure plus grave. Plusieurs dizaines de femmes se sont manifestées pour dénoncer des comportements allant du malaise ressenti aux violences sexuelles.
Le magazine Elle a ouvert ses colonnes à ces récits, tandis que Mediapart publiait des témoignages troublants. Trois femmes, mineures au moment des faits présumés, ont également livré leur version.
Celles qui accusent Gérard Miller disent avoir été repérées lors d’émissions télé ou pendant ses cours à l’université Paris 8. C’est là que tout commençait.
Leur version est étonnamment similaire. Après ce premier contact, Miller les invitait chez lui. Un schéma se répétait : de l’alcool leur était servi, puis venait une proposition étrange — « des expériences d’hypnose », « de détente ».
Les révélations sur France Inter
Sur son blog, la militante féministe et ancienne chroniqueuse Isabelle Alonso a révélé que, dans les années 90 chez France Inter, Gérard Miller se faisait chambrer pour sa manie de repérer de jeunes filles dans le public et de les draguer pendant les pauses. Une révélation qui s’ajoute aux comportements suspects de cet homme, qui donnait des leçons de morale sur les plateaux tout en se comportant comme un prédateur en coulisses.
Parmi les six signalements transmis à la justice en février 2024, deux proviennent d’ex-étudiantes de Paris 8, où Miller a enseigné la psychanalyse pendant plus de vingt ans.
Franceinfo avait déjà levé le voile sur une affaire étouffée. Durant le long passage de Miller à Paris 8, au moins une alerte concernant ses agissements avait été lancée auprès de la hiérarchie.
Une employée raconte avoir organisé une réunion avec la direction et les ressources humaines pour dénoncer ses comportements déplacés envers les étudiantes. Certaines rapportaient qu’il les questionnait sur leurs pratiques sexuelles, en plein cours.
« À la suite de cette réunion, la direction m’a fait comprendre qu’on allait faire comme si cela n’avait pas existé », confie cette salariée.
La protection dont semblait jouir Miller n’étonne pas ceux qui connaissent les rouages de l’institution. « Il était intouchable » a confirmé à Franceinfo un responsable de l’époque.
Le syndicat Sud Éducation 93 s’interrogeait dans un courriel envoyé en mars à la direction de Paris 8 :
« Si tout le monde était au courant, pourquoi aucune mesure concrète n’a-t-elle été prise pour protéger les étudiantes et le personnel ? Où sont les dispositifs censés gérer cette affaire ? »
La direction s’est contentée d’affirmer prendre « très au sérieux » ces révélations médiatiques, tout en jurant n’avoir reçu « aucun signalement » concernant des violences sexistes ou sexuelles commises par Miller.
La défense de Gérard Miller
Après les premières accusations, Miller a tenté de noyer le poisson sur X. Il a juré n’avoir jamais fait d’hypnose dans son cabinet ou chez lui. Selon lui, les séances en privé n’étaient que des « tests élémentaires ».
Et bien sûr :
« Celui ou celle qui acceptait de s’y livrer n’était absolument pas hypnotisé, il restait parfaitement conscient, en totale possession de ses moyens. »
Il s’est défendu avec sa formulation bien pratique :
« Avec toutes les femmes, j’ai la conviction de n’avoir contraint personne, prenant au pied de la lettre tout embarras, tout refus, et ce, tout particulièrement quand je m’engageais sur le chemin de la séduction. »
Sa « conviction », donc. Pas les faits, pas la réalité, juste sa perception.
Quand l’AFP l’a contacté en février dernier sur l’ouverture de cette enquête, il a servi le baratin habituel : « Je suis certain de n’avoir commis aucune infraction. »
Il a ajouté être « prêt à répondre sur chacun des faits reprochés »… Sa dernière phrase sonnait comme un rideau qu’on tire : « Je souhaite désormais réserver ma parole à l’institution judiciaire. »
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