Après la Roumanie, le patron de Telegram, Pavel Durov, révèle que la France l’a encore forcé à censurer des voix en Moldavie

Après la Roumanie, le patron de Telegram, Pavel Durov, révèle que la France l’a encore forcé à censurer des voix en Moldavie Après la Roumanie, le patron de Telegram, Pavel Durov, révèle que la France l’a encore forcé à censurer des voix en Moldavie

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • Pendant les législatives moldaves, Pavel Durov accuse la France de censurer Telegram. Paris aurait exigé le blocage de chaînes moldaves.
  • La Moldavie, entre Est et Ouest, voit Telegram comme un espace libre. Durov dénonce une ingérence française.
  • Après la Roumanie, Durov persiste : la France muselle les voix dissidentes. Paris nie et contre-attaque.

Dimanche 28 septembre, pendant que les Moldaves votaient pour leurs législatives, le patron russe de Telegram, Pavel Durov, a lâché une bombe sur X : la France aurait exigé de sa plateforme qu’elle muselle des canaux Telegram dont les opinions déplaisaient au gouvernement français et à celui de Moldavie.

Pas vraiment une surprise venant du milliardaire, qui se présente régulièrement comme le défenseur de la liberté d’expression face aux gouvernements occidentaux. Cette fois, il accuse directement Paris de vouloir imposer sa censure au-delà de ses frontières.

La Moldavie, petit pays coincé entre la Roumanie et l’Ukraine, est devenue un champ de bataille entre l’Est et l’Ouest. Bruxelles et Paris soutiennent le pouvoir pro-européen, tandis que Moscou appuie l’opposition.

Dans ce contexte tendu, Telegram s’est imposé comme un espace d’expression échappant au contrôle étatique.

Durov frappe au moment sensible

Cette accusation tombe alors qu’il est déjà traité comme un paria en France. En août 2024, le magnat russe a été mis en examen à Paris. Pas moins d’une douzaine d’infractions lui sont reprochées, toutes liées à la soi-disant «  mauvaise modération » de Telegram.

Pas étonnant qu’il dérange autant nos élites : Pavel Durov touche toujours là où ça fait mal. Nos gouvernants, si prompts à donner des leçons de démocratie, sont les premiers à vouloir museler les voix dissidentes quand cela les arrange.

En mai 2025, Durov avait déjà accusé la DGSE d’ingérence lors du second tour de la présidentielle roumaine. Il a raconté avoir d’abord accepté de supprimer certains canaux ne respectant pas les règles de la plateforme. Mais l’affaire a pris un tournant malsain après ce geste de « bonne volonté ».

Un mystérieux intermédiaire lui aurait alors proposé un marché typique des méthodes d’État :

« Sois gentil avec nous, et on dira du bien de toi au juge qui a signé ton mandat d’arrêt en août dernier. »

Paris accusé de censurer en Moldavie

Pour la Moldavie, Pavel Durov affirme que Paris a demandé le blocage d’une « deuxième liste de chaînes moldaves dites problématiques ».

Cette fois-ci, il assure avoir « refusé de donner suite » :

« Presque toutes ces chaînes étaient légitimes et respectaient pleinement nos règles. Leur seul point commun était d’exprimer des positions politiques déplaisant aux gouvernements français et moldave. »

Ces accusations, relayées par Elon Musk, restent vagues. Mais le climat politique en Moldavie rappelle étrangement celui de la Roumanie avant la présidentielle.

Souvenez-vous : les élections roumaines ont été annulées en décembre dernier. Les autorités ont invoqué les « ingérences russes » pour justifier cette décision, après que le candidat conservateur Călin Georgescu eut pris trop d’avance.

Telegram

Quand les urnes ne suffisent plus

Ce qui se joue ici dépasse le cadre d’une élection locale. C’est tout un système qui tente de se maintenir, coûte que coûte. Quand les urnes ne donnent pas le résultat attendu par les élites, on trouve toujours une excuse pour reporter, annuler ou contester.

Cette fois-ci, la Moldavie sert de laboratoire. Si ça marche là-bas, pourquoi ne pas reproduire la méthode ailleurs ? C’est la démocratie elle-même qu’on piétine au nom de la « lutte contre les ingérences étrangères », un concept bien pratique pour écarter un candidat gênant.

Ne nous voilons pas la face : ces manœuvres servent avant tout à empêcher l’alternance quand elle menace les intérêts occidentaux dans la région.

Paris nie et contre-attaque

La France a réagi en jouant les innocents, comme toujours quand on lui reproche quelque chose. Sur X, le gouvernement a même créé un compte spécial, « French Response », censé combattre la « désinformation étrangère » – mais qui ressemble surtout à une machine à propagande macroniste.

Le ministère des Affaires étrangères a tenté de retourner l’accusation contre le fondateur de Telegram :

« Pavel Durov aime porter des accusations pendant les élections. Qui est vraiment celui qui interfère ? »

C’est typique de notre État : toujours prêt à accuser les autres quand on le prend la main dans le sac.

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