Commerce extérieur : la baisse du déficit masque la dégradation de l’agriculture française

Déficit commercial des biens français se resserre à 69,2 milliards d'euros en 2025 malgré chute agricole Déficit commercial des biens français se resserre à 69,2 milliards d'euros en 2025 malgré chute agricole

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • Le déficit commercial de la France diminue à 69,2 milliards d’euros en 2025, malgré le protectionnisme mondial et la concurrence chinoise, grâce à des secteurs comme l’aérospatial et le militaire qui renforcent la compétitivité. malgré le protectionnisme mondial et la concurrence chinoise
  • L’agriculture française s’effondre, avec un excédent alimentaire au plus bas en 25 ans, dû aux importations croissantes de cacao et de café, révélant une dépendance alarmante. un excédent alimentaire au plus bas en 25 ans
  • Les ventes à l’étranger progressent de 2,5 %, portées par l’énergie moins chère et des filières stratégiques, mais cette dynamique reste fragile face aux défis externes. Comment les entreprises françaises maintiendront-elles cette résilience ? Cette dynamique reste fragile face aux défis externes
  • Les services, dont le tourisme, génèrent un excédent de 56 milliards d’euros, compensant partiellement le déficit agricole et soutenant le solde des transactions courantes. génèrent un excédent de 56 milliards d’euros

L’excédent alimentaire français, pilier de la balance commerciale, touche son plus bas niveau en 25 ans. Les importations de cacao et de café alimentent une dépendance croissante, tandis que les campagnes se vident. Pourtant, le déficit commercial des biens se réduit : 69,2 milliards d’euros en 2025, soit 10 milliards de moins qu’en 2024.

Cette résorption survient malgré le protectionnisme américain et la concurrence chinoise, grâce à une compétitivité forgée dans des filières stratégiques comme l’aéronautique et le secteur militaire. Toutefois, cette tendance à la baisse, amorcée depuis 2023, reste freinée par un écart persistant avec les niveaux d’avant la crise sanitaire.

Le ministre salue cette capacité à tenir le cap : « Dans un monde commercial plus fragmenté et plus exigeant, la France démontre sa capacité à tenir le cap. Notre priorité pour 2026 est claire : consolider nos atouts, soutenir nos filières stratégiques et affirmer un agenda de compétitivité ambitieux, tout en défendant une ouverture commerciale exigeante. »

Les entreprises françaises font preuve de résilience, bien que certaines politiques jugées trop étatistes soient perçues comme des obstacles à leur potentiel.

Des chiffres en hausse, un modèle sous tension

Les ventes à l’étranger atteignent 614,7 milliards d’euros en 2025 (+2,5 %), une progression largement portée par quelques filières et par une énergie redevenue moins chère qu’au pic de la crise ukrainienne, ce qui révèle une dynamique fragile et dépendante de facteurs externes.

Les achats extérieurs n’augmentent que de 0,7 %, à 703,6 milliards d’euros. Le déficit commercial des biens se resserre à 69,2 milliards, encore 11,1 milliards au-dessus des niveaux pré-pandémie, mais loin du pic de 161,7 milliards atteint en 2022. Maxime Darmet, économiste chez Allianz Trade, note :

« Globalement, la compétitivité française en 2025 s’est maintenue, voire améliorée. Les entreprises françaises ont fait des efforts de marge, plus que beaucoup en zone euro. »

Elles réduisent leurs marges pour rester compétitives face à la concurrence chinoise et aux barrières douanières américaines, qui ouvrent paradoxalement certaines brèches commerciales.

L’horizon s’éclaircit avec les opportunités liées à la forte demande de matériels aéronautiques et militaires, qui devraient soutenir les exportations en 2026. Cependant, des politiques jugées trop étatistes continuent de freiner le potentiel vers des marchés moins bureaucratisés.

L’agriculture française bascule dans le rouge et les services compensent partiellement

Alors que l’aéronautique et la pharmacie tiennent le pavillon haut, l’agriculture française trébuche lourdement. Fin 2025, les spiritueux reculent de 47 %, les vins de 39 %, les parfums de 25 % et la maroquinerie de 15 %. L’excédent alimentaire s’effondre à 200 millions d’euros, son plus bas niveau en 25 ans.

Le solde agricole vire à un déficit de 300 millions d’euros, plombé par une forte hausse des importations de cacao, de café et de colza, alors que les ventes brutes rebondissent modestement après des années de repli, sans rattraper le rythme soutenu des achats extérieurs. L’agroalimentaire résiste un peu mieux, avec 500 millions d’euros d’excédent malgré un rebond timide des ventes à l’export (+1,6 %), tandis que les achats extérieurs progressent de 8,5 %.

Les services viennent compenser partiellement le déficit agricole. Un excédent de 56 milliards d’euros en 2025 provient du secteur des services, dont 20 milliards issus du tourisme. Cette bouffée d’oxygène compense en partie les pertes agricoles. Cependant, le solde des transactions courantes bascule dans le rouge : -12,5 milliards d’euros en 2025, après un excédent de 3,4 milliards l’année précédente.

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