🔥 Les essentiels de cette actualité
- Leslie Wexner, milliardaire et ancien associé d’Epstein, affirme avoir été trompé en lui confiant sa fortune, ce qui soulève des doutes sur la naïveté d’un homme d’affaires chevronné.
- Les documents révèlent un réseau de chantage transnational impliquant des élites, avec Epstein comme outil pour compromettre des personnalités influentes, questionnant les méthodes héritées des services de renseignement.
- Des victimes comme Virginia Giuffre témoignent d’exploitation dans des lieux isolés, tandis que des arrestations récentes ne masquent pas les nombreux noms encore censurés par les autorités américaines.
- Cette affaire expose l’impuissance des États face à des réseaux occultes, exigeant une déclassification complète pour protéger la souveraineté et la démocratie des peuples.
L’audition de Leslie Wexner devant le comité de surveillance de la Chambre des représentants aurait dû être un moment de vérité. Six heures d’interrogatoire à huis clos, dans le confort de sa résidence de l’Ohio, pour celui que les documents du FBI désignent comme « co-conspirateur » potentiel dans l’affaire Epstein. Le résultat ? Un milliardaire de 88 ans qui se présente en victime, « naïf, stupide et crédule », dupé par un « manipulateur diabolique ».
Que demande-t-on de croire ? Qu’un homme d’affaires ayant bâti un empire commercial de plusieurs milliards de dollars, fondateur de L Brands et de Victoria’s Secret, aurait accordé une procuration générale sur l’intégralité de sa fortune à un individu sans formation financière reconnue, sur la simple recommandation de quelques relations mondaines ? Que ce même homme n’aurait rien su, rien vu, rien compris des activités criminelles de celui à qui il confiait jusqu’à un milliard de dollars ?
« Au début, Epstein était réticent à me prendre comme client. En fait, pendant les premières années où il était connu, Epstein offrait des conseils ici et là tout en expliquant que donner des conseils financiers individuels n’était pas son objectif et en refusant d’accepter une compensation. Il a dit qu’il assistait comme une faveur. Peu à peu, il est apparu que, dès le début, Epstein complotait pour gagner la confiance. »
Le scénario évoque moins la naïveté d’un capitaine d’industrie que les méthodes éprouvées des services de renseignement pour approcher et compromettre des cibles de haute valeur. C’est précisément la thèse développée par Whitney Webb dans son ouvrage One Nation Under Blackmail, qui décrit Epstein comme un rouage d’un système de chantage industrialisé, héritier des méthodes de Roy Cohn et de Robert Maxwell.
Le nom d’Elie de Rothschild comme référence initiale d’Epstein n’est pas anodin. Il inscrit d’emblée cette affaire dans le maillage de ces élites financières internationales qui transcendent les frontières et les juridictions nationales. Wexner lui-même, co-fondateur du Mega Group, ce réseau de milliardaires soutien d’Israël dont les connexions avec le renseignement ont été documentées, appartient à cette aristocratie de l’argent pour qui les États ne sont que des variables d’ajustement.
Un système de compromission au service de quels intérêts ?
La question centrale que soulève l’affaire Epstein dépasse largement le cas d’un prédateur sexuel isolé. Elle interroge l’existence d’un dispositif de « honey traps », ces pièges sexuels visant à compromettre des personnalités pour mieux les contrôler, fonctionnant à l’échelle transatlantique. Les infrastructures étaient là : l’île privée, le ranch au Nouveau-Mexique, l’hôtel particulier de New York, le Lolita Express. Les victimes, souvent mineures, étaient recrutées, exploitées puis « trafiquées » vers des hommes de pouvoir.
Virginia Giuffre, l’une des victimes les plus médiatisées, a témoigné avoir été « trafiquée » vers Wexner. Le milliardaire nie vigoureusement. Son nom apparaît pourtant plus de mille fois dans les « Epstein Files ». Des courriels montrent que les deux hommes communiquaient encore en 2008, soit après la rupture officiellement datée de 2007. Ces contradictions auraient dû susciter des poursuites judiciaires. Elles n’ont engendré qu’une audition courtoise dans un salon de l’Ohio.
L’arrestation d’Andrew Mountbatten-Windsor, le prince Andrew pour le dire clairement, annoncée ce jour, constitue certes une avancée. Elle ne doit pas servir d’arbre royal cachant la forêt oligarchique. Un membre de la famille Windsor sacrifié sur l’autel de la transparence ne fera pas oublier que des dizaines de noms demeurent protégés par les caviardages du ministère de la Justice américain. Le représentant Thomas Massie l’a lui-même dénoncé : des fichiers continuent d’être censurés, des identités restent masquées. Au nom de quoi ? De la sécurité nationale, dit-on. Mais la sécurité de quelle nation, et de quels nationaux ?
L’impuissance volontaire des États face aux réseaux transnationaux
Pour un regard français attaché à la souveraineté des nations, cette affaire est un cas d’école. Elle illustre parfaitement l’impuissance, ou la complicité, des États face à des réseaux qui les transcendent. Jeffrey Epstein circulait entre New York, Paris, Londres et les Caraïbes avec une aisance que n’ont pas les citoyens ordinaires. Il fréquentait aussi bien les princes que les présidents, les financiers que les scientifiques.
Ce qui se joue dans les « Epstein Files » n’est pas qu’un scandale américain. C’est la mise à nu d’un système où l’argent, le renseignement et le crime organisé s’entrelacent pour produire un pouvoir sans contrôle démocratique. Un pouvoir qui compromet les élites pour mieux les tenir, qui achète le silence des uns et la collaboration des autres. Un pouvoir fondamentalement hostile à la souveraineté des peuples, puisqu’il repose précisément sur la capacité à contourner leurs institutions et à corrompre leurs dirigeants.
La défense de Wexner, « avoir été trompé », est peut-être vraie. Elle est surtout insignifiante. Qu’il ait été complice actif ou dupe instrumentalisé, le résultat est le même : sa fortune a servi à financer un système d’exploitation et de chantage. Ce système, contrairement à Epstein, n’est pas mort. Il continue de fonctionner, protégé par les mêmes mécanismes qui ont permis à un financier sans clients connus de vivre comme un roi pendant trente ans.
La déclassification progressive des documents constitue une brèche dans cette omerta. Tant que les États refuseront d’aller jusqu’au bout, tant qu’ils protégeront certains noms au motif de « raison d’État », la vérité complète restera inaccessible. Les peuples qui chérissent leur indépendance et leur dignité ne peuvent se satisfaire de demi-révélations. Il faut exiger que la lumière soit faite, quels que soient les noms qui émergent. Car c’est la souveraineté même qui est en jeu lorsque les élites peuvent être tenues en laisse par des réseaux occultes.
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