🔥 Les essentiels de cette actualité
- La fin de l’ARENH d’ici fin 2025 libère EDF pour vendre librement son électricité nucléaire, ce qui annonce une hausse significative des prix du kWh impactant tous les consommateurs français.
- À partir de 2026, les prix suivront le marché spot avec des fluctuations imprévisibles, provoquant une augmentation estimée à 17 % des factures pour les ménages ordinaires.
- Le successeur, le Versement Nucléaire Universel, promet une redistribution des excédents, mais il pourrait s’avérer inefficace si les prix restent en dessous des seuils fixés.
- Face à ces hausses potentielles, on se demande comment les ménages réussiront à maintenir leur pouvoir d’achat dans un contexte d’inflation croissante.
Depuis plus de vingt ans, EDF est bridé par l’État via le mécanisme imposé de l’ARENH, l’obligeant à brader une part de sa production nucléaire à ses concurrents et aux industriels, à des tarifs dérisoires. Résultat : des promesses de baisse pour le consommateur lambda qui n’ont jamais tenu la route, pendant que les fournisseurs alternatifs se gavaient sur une redistribution fictive. Mais tout cela s’arrête le 31 décembre 2025.
Selon le site HelloWatt, qui anticipe déjà une flambée du prix du kWh, EDF pourra enfin « vendre librement sa production nucléaire ».
Tout commence en 2011, avec la loi n°2010-1488 qui oblige EDF à céder un quart de sa production nucléaire à prix cassé, sous prétexte d’« encourager la concurrence sur le marché de détail ». Le tarif initial est fixé à 40 euros le mégawatt-heure, puis grimpe à 42, avant d’atteindre 46,20 en 2022. Mais ces prix, fixés par l’État, sont déconnectés des réalités du marché. Et dès le départ, ce dispositif était prévu comme temporaire, avec une échéance clairement établie.
Pendant des années, on a vendu aux Français la promesse d’une redistribution favorable, avec des tarifs allégés. Résultat : les fournisseurs alternatifs se sont engraissés sur le dos d’EDF, sans que les factures des ménages ne baissent concrètement.
Après 2026, les factures qui s’envolent au gré des marchés
À partir du 1er janvier 2026, les prix de gros basculent à 100 % sur le marché spot. Adieu le mix, présenté comme « équilibré », entre prix de marché et tarifs Arenh. Fini les 58 € le mégawatt-heure en moyenne, place à des niveaux proches de 70 €. Ce retour brutal au réel annonce surtout une volatilité extrême : un dimanche ordinaire en France, entre 2 heures et 19h30, le cours peut passer de 54 à 84 € le MWh. Ces sautes d’humeur du marché dicteront désormais les tarifs quotidiens.
Résultat pour le Français moyen : une facture en hausse de 17 % sur un abonnement 6 kVA au tarif réglementé de vente, selon UFC-Que Choisir. L’association évoque des « fortes hausses » à venir sur les factures des ménages. Dans un contexte d’inflation déjà imposée, ces projections théoriques pourraient rapidement devenir bien réelles et plomber un peu plus le pouvoir d’achat.
Ce scénario reste toutefois partiellement spéculatif, tant les effets concrets du successeur de l’Arenh sur les usagers demeurent flous. Une chose est certaine : on passe d’un mécanisme étatique rigide, déconnecté du terrain, à une exposition directe à la volatilité des marchés, qui frappera les ménages de plein fouet.

Le VNU, successeur bancal qui patine face à l’inflation énergétique
L’État avance déjà le versement nucléaire universel (VNU) comme solution de remplacement. Le principe : EDF vend sa production au prix du marché spot et reverse les éventuels excédents à l’État, chargé ensuite de les redistribuer aux ménages sous forme de réductions sur les factures. Sur le papier, le mécanisme paraît séduisant. Dans les faits, il relève du leurre.
Les seuils sont clairs, mais déjà absurdes : EDF conserve l’intégralité des revenus tant que le prix reste sous 78 euros le mégawatt-heure. Entre 78 et 110 euros, elle en reverse la moitié. Au-delà de 110 euros, ce taux grimpe à 90 %. Problème : la CRE anticipe un prix moyen de 66,08 euros en 2026. Résultat : le mécanisme est neutralisé dès la première année. Pas d’excédents, pas de redistribution.
Au lieu de laisser EDF respirer et fixer des prix alignés sur les réalités industrielles, l’État ajoute un nouveau carcan bureaucratique. Les ménages, déjà étranglés par l’inflation énergétique, risquent d’en payer le prix fort, sans véritable filet de sécurité.
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