🔥 Les essentiels de cette actualité
- Israël a rouvert partiellement le poste-frontière de Rafah le 1er février, permettant seulement 150 piétons par jour de traverser vers l’Égypte, mais cette mesure insuffisante laisse des milliers de Gazaouis dans une détresse humanitaire croissante.
- Des frappes israéliennes ont tué 32 personnes samedi, en violation du cessez-le-feu, soulevant des questions sur la fragilité de la trêve actuelle et les accusations mutuelles d’infractions quotidiennes.
- Près de 200 malades restent bloqués à Gaza, aggravant une crise sanitaire désastreuse, tandis que des organisations comme le CICR exigent une augmentation urgente du flux d’aide humanitaire vers l’Égypte.
Dimanche 1er février, Israël a daigné entrouvrir le poste-frontière de Rafah, seul passage terrestre vers l’Égypte et unique lien avec le monde extérieur ne passant pas par Israël, resté fermé depuis le printemps 2024, à l’exception d’une brève accalmie début 2025.
Mais cette ouverture symbolique ne concerne qu’une poignée d’habitants de Gaza, triés sur le volet à travers des contrôles étouffants, bien trop limités pour atténuer l’asphyxie humanitaire qui étrangle la bande.
La veille, samedi, des frappes israéliennes ont fait 32 morts selon la Défense civile de Gaza, en réponse à des violations du cessez-le-feu entamé le 10 octobre 2025. Il s’agissait de l’une des journées les plus meurtrières depuis le début de cette trêve, alors qu’Israël et le Hamas s’accusent mutuellement d’infractions quasi quotidiennes.
L’angoisse des malades bloqués : le mur bureaucratique de Rafah
Dans cette ouverture au compte-gouttes, le calvaire des Gazaouis prend une tournure encore plus cruelle. Près de 200 malades, exténués par la maladie et l’attente, restent bloqués de l’autre côté, espérant un traitement en Égypte. Le ministère de la Santé de Gaza l’a confirmé, tout comme des responsables palestiniens interrogés par l’AFP.
Une quarantaine de fonctionnaires de l’Autorité palestinienne attendent également, piégés par des contrôles qui filtrent les passages au nom de la sécurité israélienne.
Seuls les piétons obtiennent un feu vert sécuritaire, à raison d’environ 150 personnes par jour transportées en bus. Aucun accord clair n’a été établi sur le volume d’aide humanitaire autorisé ni sur le nombre de Palestiniens autorisés à quitter le territoire.
Sarah Avrillaud, cheffe du bureau du Comité international de la Croix-Rouge à Gaza, a déclaré samedi sur France Info : « Nous appelons à ce que ce point de passage puisse être utilisé pour augmenter le flux de l’aide humanitaire » et « La situation humanitaire continue d’être absolument désastreuse » et « des milliers de personnes ont besoin d’avoir accès à des soins médicaux qui ne sont plus disponibles dans la bande de Gaza ».

Rafah, otage des blocages israéliens depuis mai 2024
Le poste-frontière de Rafah vers l’Égypte est resté sous étroite emprise israélienne depuis mai 2024, peu après l’assaut du Hamas du 7 octobre 2023. Une ouverture symbolique a eu lieu début 2025 lors de la précédente trêve, mais elle a rapidement été étouffée par des contrôles arbitraires.
Les autorités israéliennes ont refusé toute véritable reprise tant que la dépouille de Ran Gvili, leur dernier otage tué, ne leur avait pas été restituée — ce qui n’a eu lieu que le 26 janvier dernier. Cette occupation prolongée du point de passage a laissé des centaines de malades croupir sans accès aux traitements disponibles en Égypte.
Malgré les pressions de l’ONU et des ONG, Israël maintient un étau implacable sur Rafah. Le chaos s’intensifie : Médecins sans frontières est contraint de plier bagage d’ici le 28 février, accusé d’avoir refusé de transmettre la liste de ses employés palestiniens.
Face à une trêve fragile, sous contrôle unilatéral israélien, la réouverture totale de Rafah apparaît comme l’unique issue permettant l’accueil du Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG). Ce comité, composé de 15 membres, serait chargé d’assurer une gestion transitoire et de faire office d’interlocuteur politique auprès des acteurs internationaux, afin de faciliter la levée des blocages et la reprise de l’aide humanitaire.
Cette étape s’inscrit dans le plan du président américain Donald Trump visant à clore définitivement le conflit. La phase deux, annoncée mi-janvier par Washington, inclut le désarmement du Hamas, un retrait progressif des troupes israéliennes au-delà de la Ligne jaune (qui marque la moitié du territoire), ainsi que le déploiement d’une force internationale de stabilisation — le tout sous la supervision du Conseil de paix présidé par Trump lui-même.
IMPORTANT - À lire
Cette réouverture au compte-gouttes de Rafah révèle les tensions géopolitiques qui paralysent le Moyen-Orient. Comprendre les enjeux réels du conflit israélo-palestinien et les stratégies des acteurs internationaux demande une analyse approfondie au-delà des titres.
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