Avant de rencontrer son homologue chinois Xi Jinping en Corée du Sud, Donald Trump a ordonné la reprise des essais nucléaires américains en réponse aux programmes russes et chinois

Le président Donald J. Trump et le président Xi Jinping se rencontrent en Corée du Sud Le président Donald J. Trump et le président Xi Jinping se rencontrent en Corée du Sud

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • Donald Trump ordonne la reprise des essais nucléaires pour contrer les ambitions russes et chinoises. Une décision qui marque un tournant majeur dans la politique de défense américaine.
  • La Chine double son arsenal nucléaire en cinq ans, visant 1000 ogives d’ici 2030. Les nouveaux missiles chinois menacent directement le territoire américain.
  • La Russie teste de nouvelles armes nucléaires, comme le missile Burevestnik et le drone Poséidon, capable de créer des tsunamis dévastateurs.
  • Trump critique Poutine et rappelle la puissance nucléaire américaine, annonçant un sous-marin géant près des côtes russes.

Donald Trump relance la course aux armes nucléaires, une réponse musclée aux ambitions russes et chinoises. « En raison des programmes d’essais menés par d’autres pays, j’ai donné instruction au ministère de la Guerre de commencer à tester nos armes nucléaires sur une base équivalente », a écrit le président américain sans détour sur Truth Social.

« Ce processus débutera immédiatement », a-t-il tranché, visiblement déterminé à ne pas laisser les États-Unis se faire distancer dans ce bras de fer stratégique.

Cette décision marque un tournant majeur dans la politique de défense américaine. Après des années où Washington jouait les moralisateurs tout en laissant ses adversaires renforcer leurs arsenaux,

Trump a choisi de frapper fort. Une position qui fera grincer des dents dans les cercles diplomatiques européens, toujours prompts à prêcher le désarmement pour les autres.

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Une nouvelle ère de compétition nucléaire

Au fond, on retrouve là cette approche sans fioriture qui plaît tant aux partisans de Trump : face à un monde où la loi du plus fort reprend ses droits, l’Amérique compte bien montrer qu’elle n’est pas prête à abandonner son rang.

En 1992, l’Amérique mettait fin à ses essais nucléaires, une décision unilatérale prise dans l’euphorie post-Guerre Froide. Aujourd’hui, 33 ans plus tard, le retour de ces tests annonce sans ambiguïté une nouvelle ère de compétition nucléaire mondiale. Une telle situation n’avait pas été observée depuis la période soviétique.

Trump n’a pas mâché ses mots sur ce sujet sensible :

« Les États-Unis possèdent plus d’armes nucléaires que tout autre pays. Cela a été accompli, y compris la mise à niveau et la rénovation complète des armes existantes, au cours de mon premier mandat. En raison de leur formidable pouvoir destructeur, j’ai DÉTESTÉ le faire, mais je n’avais pas le choix ! La Russie arrive en deuxième position, suivie de loin par la Chine, mais celle-ci rattrapera son retard d’ici cinq ans. »

Cette déclaration inattendue a bousculé le calendrier de la tournée asiatique du locataire de la Maison-Blanche, alors que le président américain se préparait à rencontrer Xi Jinping dans les jours suivants.

Le président Donald J. Trump et le président Xi Jinping se rencontrent en Corée du Sud

La montée en puissance nucléaire de la Chine

La Chine continue de développer son arsenal atomique en douce. Même si l’Empire du Milieu n’a pas fait un seul essai nucléaire depuis 1996, en cinq ans seulement, son stock d’ogives a doublé, passant de 300 têtes nucléaires en 2020 à 600 aujourd’hui.

Et ce n’est que le début… Les services de renseignement prévoient 1000 ogives d’ici 2030.

Début septembre, alors que nos politiciens nous répètent que tout va bien, les Chinois organisaient un défilé militaire gigantesque pour célébrer le 80e anniversaire de leur victoire dans la Seconde Guerre mondiale. Ils en ont profité pour exhiber leurs nouveaux joujoux : des missiles intercontinentaux capables de frapper directement le territoire américain.

Les nouvelles armes russes

La Russie non plus n’a pas fait d’essai nucléaire confirmé depuis 1990, mais elle vient de changer la donne. Lundi 27 octobre, Moscou a testé le Burevestnik, un missile de croisière à propulsion nucléaire qui ridiculise nos systèmes antimissiles occidentaux. Sa portée ? Illimitée ou presque.

Mercredi, rebelote avec Poutine qui annonce fièrement l’essai concluant du Poséidon, un drone sous-marin nucléaire. Cette bête de guerre avance à 200 km/h sous l’eau – essayez d’attraper ça ! Aucune torpille actuelle ne peut rivaliser avec cette vélocité.

Le plus inquiétant ? Sa capacité à créer artificiellement un tsunami dévastateur en explosant près d’une côte.

Missile russe Burevestnik 9M730

Réactions de Trump

Trump n’a pas hésité à critiquer l’annonce de Poutine, la qualifiant d’« inappropriée ».

Selon le chef d’État américain, le maître du Kremlin « devrait mettre fin à la guerre » – celle qu’il mène contre l’Ukraine, évidemment.

Donald Trump ne s’est pas arrêté là. Avec son franc-parler habituel, il a rappelé aux Russes que les États-Unis « testent des missiles sans arrêt » et qu’un « sous-marin nucléaire, le plus grand du monde » rôde actuellement près des côtes russes.

Pas besoin de traverser 8000 miles pour frapper, le message est clair comme de l’eau de roche.

La Corée du Nord et le traité de 1996

La Corée du Nord reste le seul pays à faire exploser des bombes atomiques au XXIe siècle, alors que les grandes puissances jouent un drôle de jeu avec leurs engagements.

États-Unis, Russie et Chine ont bien signé en 1996 un traité interdisant ces essais, mais comme d’habitude quand il s’agit de désarmement, c’est du théâtre : Washington et Pékin n’ont jamais daigné ratifier ce texte.

La Russie avait fait l’effort de le ratifier en 2000, avant de faire marche arrière l’an dernier. Poutine a fini par aligner sa position sur celle des Américains, peut-être lassé d’être le seul à respecter les règles d’un jeu où les autres trichent ouvertement.

Ces puissances nucléaires nous promettent la paix tout en gardant sous le coude la possibilité de reprendre leurs tests quand bon leur semble. Un double discours qui rappelle bien des promesses non tenues de nos gouvernants occidentaux.

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