Groenland : Macron veut activer le « bazooka économique » de l’UE face aux menaces douanières de Trump

Trump exige la vente complète du Groenland face aux troupes européennes stationnées sur place Trump exige la vente complète du Groenland face aux troupes européennes stationnées sur place
Emmanuel Macron, source

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • Lorsque Donald Trump exige l’achat du Groenland en réponse à des manœuvres européennes, les États-Unis menacent d’imposer des surtaxes douanières pour protéger leurs intérêts stratégiques, escaladant les tensions transatlantiques.
  • Emmanuel Macron active l’instrument anti-coercition de l’UE, qualifié de « bazooka économique », pour contrer ces pressions, et se demande si cette riposte paneuropéenne suffira à dissuader Washington d’agir.
  • Cet outil permet d’imposer des sanctions comme l’exclusion des entreprises américaines des marchés publics, offrant à l’Europe un moyen de riposter aux mesures commerciales coercitives sans précédent.
  • Toutefois, utiliser ce mécanisme pourrait déclencher des représailles des États-Unis, provoquant une escalade économique avec des conséquences inflationnistes pour les consommateurs européens.

Samedi 17 janvier, Donald Trump a fixé les règles du jeu : face à la présence de troupes européennes au Groenland, dans le cadre de manœuvres danoises qui l’ont irrité, les États-Unis exigent un accord clair pour la vente complète et intégrale du territoire aux Américains. Une ambition que Trump justifie au nom de la protection des intérêts stratégiques des États-Unis.

Le lendemain, dimanche 18 janvier, l’entourage de Macron sort l’arme rétorsive bruxelloise : une demande visant à activer l’instrument anti-coercition de l’UE, présenté comme un « bazooka économique » prêt à être dégainé si les surtaxes douanières américaines passent à l’acte. Pour l’Élysée, c’est une réponse aux contre-mesures protectrices américaines.

Macron refuse de céder et prêche une contre-attaque paneuropéenne. Pourtant, Yaël Braun-Pivet et Gabriel Attal, fidèles soutiens du président, appellent ouvertement à dégainer cette arme. Attal ne mâche pas ses mots : « un cas d’école de coercition américaine », avant d’évoquer « l’exclusion des entreprises américaines des marchés publics européens ».

La présidente de l’Assemblée nationale enfonce le clou :

« C’est un outil qui est parfaitement adapté à la situation actuelle et il faut évidemment ne pas hésiter à le brandir, voire à l’utiliser si cela s’avérait nécessaire. »

L’instrument anti-coercition de l’UE : un outil théorique aux conséquences réelles

Adoptée en 2023, l’arme rétorsive bruxelloise est un texte de l’UE censé contrer les pressions économiques d’un pays tiers qui chercherait à influencer les décisions européennes par des mesures commerciales. Le précédent lituanien illustre son fonctionnement : Vilnius ouvre une représentation taïwanaise, Pékin bloque les exportations lituaniennes pour faire plier.

L’idée ? Dissuader d’avance pour pousser à la négociation, et ne sortir l’artillerie qu’en dernier recours : sanctions européennes sur les marchés publics, blocage d’investissements ou de financements, au sein d’un large panel de restrictions touchant le commerce et les flux d’argent, comme l’indique le Parlement européen en précisant que :

« Toutefois, en dernier recours, cela pourrait être utilisé pour lancer des contre-mesures contre un pays tiers. »

Stéphane Séjourné l’a baptisée « bazooka économique », un surnom qui souligne sa force supposée, capable, selon lui :

« Nous pourrions décider de retirer l’ensemble des entreprises américaines des marchés publics européens. »

« Bazooka économique » : des surtaxes et barrières…

Le texte liste des options comme des surtaxes sur les biens, des barrières sur les services que les Américains vendent massivement en Europe, ou même la mise en pause de protections intellectuelles. Elvire Fabry renchérit dans une note de 2025 :

« Face à des mesures de coercition économique évidentes, il pourrait aussi s’avérer être un outil de rétorsion efficace. »

Sur le papier, cela claque : taxes douanières supplémentaires, blocage des services américains. Mais en pratique, le mécanisme reste lourd : il faut une majorité qualifiée des pays de l’UE pour le déclencher. Sans compter qu’il n’a encore jamais servi : une phase de médiation peut traîner indéfiniment, la Commission essaie de raisonner l’adversaire, puis viennent les propositions de contre-attaque. Jamais testé jusqu’ici, cet arsenal demeure théorique.

Promu par les élites alignées sur Bruxelles comme une démonstration de force européenne, ce mécanisme cache un piège. Brandir cette arme contre les États-Unis provoquerait inévitablement des représailles : taxes en cascade, inflation galopante sur les biens du quotidien, perte de compétitivité pour les entreprises. Une escalade qui ressemble à un boomerang.

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