« Je constate en tout cas que ce bras de fer n’a pas produit de résultat » : Laurent Nuñez tacle Bruno Retailleau sur le dossier algérien

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🔥 Les essentiels de cette actualité

  • Laurent Nuñez critique la stratégie musclée de Retailleau sur le dossier algérien : « Ce bras de fer n’a pas produit de résultat ».
  • Nuñez promet un dialogue renouvelé avec l’Algérie, mais la réalité montre une crise migratoire aggravée : chute des expulsions et centres de rétention saturés.
  • La résolution RN visant à dénoncer l’accord de 1968 menace le fragile début de coopération franco-algérienne.

Dans un entretien accordé au quotidien Le Parisien ce samedi 1er novembre, Laurent Nuñez, fraîchement installé place Beauvau, s’est fendu d’une déclaration qui sent le recul diplomatique sur l’épineux dossier algérien.

« Ceux qui font croire aux Français que le bras de fer et la méthode brutale sont la seule solution, la seule issue, se trompent. Ça ne marche pas, dans aucun domaine », a-t-il affirmé.

Une référence à son prédécesseur Bruno Retailleau, qui s’était lancé dans un bras de fer avec l’Algérie en début d’année ? « Ce n’est pas ce que je dis. Mais je constate en tout cas que ce bras de fer n’a pas produit de résultat », s’est défendu sans grande conviction le ministre face aux journalistes, deux jours après le vote à l’Assemblée d’une résolution du RN qui veut « dénoncer » l’accord franco-algérien de 1968.

Nuñez ne s’arrête pas là. Pour lui, l’échec de cette approche musclée saute aux yeux : « le canal est totalement coupé aujourd’hui avec Alger », a-t-il constaté.

Changement de ton sans résultats concrets

Depuis son arrivée au ministère de l’Intérieur le mois dernier, Laurent Nuñez tente de se démarquer de Retailleau. « Une rupture dans la forme », a-t-il clamé sur France Inter.

Il a juré qu’il « ne vise pas à diviser la société » et a promis « pas de mots blessants ».

Le ministre n’a pas attendu pour multiplier les déclarations de bonnes intentions. Comme si changer de ton suffisait à changer de politique ! Nuñez nous vend un « dialogue » renouvelé avec l’Algérie, et insiste sur une prétendue coopération sécuritaire, notamment pour lutter contre les groupes djihadistes au Sahel.

Derrière ces formules léchées se cache pourtant la même réalité : un rapprochement avec un régime algérien qui n’a jamais cessé son chantage migratoire envers la France.

La réalité crue de la crise migratoire

D’après Nuñez, la brouille diplomatique avec l’Algérie a des conséquences concrètes et désastreuses sur notre politique migratoire :

« L’Algérie n’accepte plus ses ressortissants en situation irrégulière depuis le printemps dernier. »

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Alors qu’en 2024, la France avait réussi à expulser 1 400 ressortissants algériens en situation irrégulière jusqu’à fin octobre, cette année-ci, on atteint péniblement les 500 expulsions sur la même période. Une chute vertigineuse qui illustre l’échec total de notre diplomatie.

Conséquence directe : nos centres de rétention administrative explosent. Nuñez reconnaît qu’ils « sont occupés à plein », avec cette statistique qui glace le sang : « 40% des places sont occupées par des ressortissants algériens. »

Des clandestins qui, faute d’accord avec leur pays d’origine, restent sur notre sol au lieu d’être renvoyés chez eux.

Drapeaux français et algériens

Un dialogue fragile mis à mal

Mais voilà que tout s’effondre ! L’adoption jeudi 30 octobre d’une résolution qui vise à dénoncer la convention bilatérale du 27 décembre 1968 a fait l’effet d’une bombe. Ce texte, poussé par le RN, menace maintenant ce fragile début de dialogue.

L’accord franco-algérien de 1968 continue d’offrir un boulevard migratoire aux ressortissants algériens. Six ans après la fin de la guerre d’Algérie, cette signature a créé un statut privilégié qui les dispense de visa longue durée et leur facilite l’obtention de titres de séjour décennaux — y compris pour faire venir leur famille.

Le parti de Marine Le Pen n’a jamais caché son désir d’abroger ce texte qu’ils jugent dépassé et trop généreux.

Mais après le vote sur le sujet, Laurent Nuñez a sorti sa langue de bois habituelle :

« Je regrette les conditions dans lesquelles s’est déroulé ce vote. Nous devons aller vers une coopération apaisée, mais qui doit rester exigeante. »

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