🔥 Les essentiels de cette actualité
- Jeffrey Epstein louait six unités de stockage secrètes aux États-Unis de 2003 à 2019 pour y dissimuler des ordinateurs et des fichiers sensibles, échappant ainsi aux investigations des autorités pendant des années.
- Des détectives privés, payés jusqu’à 40 000 dollars, ont emporté des preuves de sa résidence avant une perquisition, les entreposant en lieu sûr et obstruant délibérément la justice.
- Le FBI n’a jamais fouillé ces entrepôts malgré des indices évidents, laissant planer des questions sur une protection accordée à des personnalités influentes, comme Lord Mandelson ou le prince Andrew.
- Ces révélations exposent un système d’impunité pour les élites, où des preuves cruciales pourraient encore être cachées ou détruites, soulignant l’étendue d’un réseau de prédation et de complaisance.
L’affaire Epstein continue de distiller son venin, révélant chaque jour un peu plus l’étendue d’un système de prédation qui n’aurait jamais pu prospérer sans la complaisance active des élites occidentales. Les révélations du Telegraph sur l’existence d’entrepôts secrets disséminés à travers les États-Unis, où le pédophile aurait dissimulé ordinateurs et photographies aux autorités, ouvrent un abîme vertigineux.
Les faits rapportés sont accablants. Dès 2003, Jeffrey Epstein louait des box de stockage en Floride, précisément à l’époque où il évoluait dans les cercles mondains de Palm Beach aux côtés de Donald Trump. Des détectives privés, grassement rémunérés, ont été chargés de faire disparaître du matériel informatique de sa résidence floridienne avant une perquisition policière.
Bill Riley, l’un de ces enquêteurs, écrivait en 2009 à propos d’ordinateurs qu’il avait « emportés de la maison de Jeff avant le mandat de perquisition » et qu’il avait « entreposés sous clé ». La question de savoir « quoi en faire » était posée avec une désinvolture qui glace le sang.
« Au cours du week-end, j’ai appris que les avocats du plaignant cherchent à récupérer auprès de moi les ordinateurs et les documents que j’ai emportés de la maison de Jeff avant le mandat de perquisition » a déclaré Bill Riley.
Ces lignes, exhumées des archives du département de la Justice américain, attestent d’une obstruction délibérée à la justice. Michael Reiter, ancien chef de la police de Palm Beach, avait d’ailleurs constaté lors de la première descente en 2005 que « l’endroit avait été nettoyé » et que des éléments informatiques « semblaient avoir disparu ». Le Telegraph apporte désormais la confirmation de ce que beaucoup soupçonnaient : Epstein avait été prévenu et il avait organisé méthodiquement la disparition des preuves.
Un système de protection qui interroge
Ce qui frappe, au-delà de la perversité d’un individu, c’est l’architecture sophistiquée mise en place pour le protéger. Six unités de stockage réparties sur le territoire américain, des paiements réguliers jusqu’en 2019, des détectives privés payés près de 40 000 dollars en quelques mois et des ordinateurs transférés depuis son île privée de Little Saint James vers des entrepôts secrets. Pourtant, les mandats de perquisition examinés par le journal britannique suggèrent que les autorités américaines n’ont jamais fouillé ces lieux.
Comment expliquer une telle négligence ? Le FBI affirme qu’il n’existe « aucune preuve crédible » qu’Epstein ait fait chanter des personnalités importantes ou possédé une « liste de clients ». Cette dénégation officielle se heurte pourtant à une réalité troublante : des caméras cachées ont bien été retrouvées lors des perquisitions, installées jusque dans des boîtes de mouchoirs après qu’un contact eut indiqué à Epstein que « les Russes pourraient s’avérer utiles ». Des photographies obsessionnelles de sa vie et de son entourage ont été saisies. Malgré cela, « rien ne semble constituer une preuve irréfutable », selon un agent du FBI après la perquisition de Little Saint James en 2019.
Cette conclusion hâtive, prononcée avant même l’analyse informatique des supports saisis, illustre parfaitement le malaise qui entoure cette affaire. Les accusations selon lesquelles le ministère de la Justice « cherche à protéger des personnalités influentes » ne relèvent pas du fantasme complotiste : elles s’appuient sur des faits tangibles, sur des zones d’ombre inexpliquées et sur une disproportion manifeste entre les moyens déployés par Epstein pour dissimuler des preuves et l’apparente désinvolture des enquêteurs.
L’onde de choc a déjà traversé l’Atlantique. Lord Mandelson, figure éminente du Parti travailliste britannique, a dû démissionner. Andrew Mountbatten-Windsor, l’ancien prince Andrew, a été arrêté et pourrait faire l’objet d’une enquête judiciaire. En France, le silence médiatique contraste avec l’ampleur des révélations. Les élites parisiennes, si promptes à donner des leçons de morale au monde entier, semblent étrangement discrètes sur un scandale qui éclabousse pourtant leurs homologues anglo-saxons.
L’impunité des puissants, symptôme d’une époque
L’affaire Epstein n’est pas un simple fait divers sordide. Elle constitue le révélateur d’un système où l’argent, les réseaux et l’entre-soi permettent aux puissants d’échapper aux lois communes. Pendant des décennies, cet homme a pu abuser de centaines de jeunes filles, les « faire circuler à l’international », selon les termes de Virginia Giuffre, en bénéficiant de la complaisance de ceux qui auraient dû le poursuivre. L’accord de plaidoyer de 2008, qui lui permettait de sortir de prison jusqu’à 12 heures par jour, restera comme un monument d’infamie judiciaire.
Les médias dominants, qui s’érigent volontiers en gardiens de la démocratie, ont longtemps traité cette affaire avec des pincettes. Il aura fallu la mort d’Epstein en prison, dans des circonstances toujours inexpliquées, ainsi que l’acharnement de quelques journalistes d’investigation pour que l’ampleur du scandale émerge. Aujourd’hui encore, les révélations du Telegraph sont à peine reprises en France, comme si l’omerta devait se poursuivre.
Que contiennent ces entrepôts secrets ? Les ordinateurs de Little Saint James ont-ils été analysés ? Les CD et les photographies qui y dormaient peut-être encore révéleront-ils d’autres noms, d’autres compromissions ? En Floride, les entreprises de stockage peuvent vendre aux enchères le contenu d’un box après soixante jours d’impayés. Il est possible que des preuves capitales aient déjà été dispersées ou détruites.
Le frère d’Epstein affirme n’avoir « aucune connaissance de ces lieux de stockage ». Les détectives privés invoquent la confidentialité. Le FBI refuse de confirmer si des perquisitions ont eu lieu. Ce mur de silence, cinq ans après la mort du prédateur, témoigne de la persistance d’un système de protection qui dépasse largement la personne d’un seul homme. L’affaire Epstein n’est pas close. Elle ne fait peut-être que commencer.
IMPORTANT - À lire
Les révélations sur les entrepôts secrets d'Epstein ne sont que la pointe de l'iceberg d'un système de protection des élites bien plus vaste. Découvrez chaque mois nos analyses approfondies sur les réseaux de pouvoir et les zones d'ombre de la géopolitique mondiale dans notre revue papier.
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