🔥 Les essentiels de cette actualité
- La Réserve fédérale abaisse son taux directeur de 0,25 point pour la deuxième fois cette année, visant à stimuler le marché du travail.
- Les marchés financiers avaient anticipé cette décision, mais les doutes de Jerome Powell sur une nouvelle baisse en décembre ont légèrement fait reculer Wall Street.
- Le shutdown gouvernemental pèse sur l’économie, et la Fed jongle entre inflation et emploi, un équilibre difficile à maintenir.
- Donald Trump réclame des baisses de taux bien plus importantes, révélant un bras de fer politique sans précédent avec la Fed.
La Réserve fédérale a réduit mercredi son taux directeur de 0,25 point de pourcentage, marquant ainsi sa deuxième baisse de l’année, dans le but de stimuler un marché du travail en ralentissement.
Les Américains vont enfin respirer, mais probablement pas autant qu’ils l’espéraient. Cette baisse, bien que réelle, reste en deçà des attentes du président américain Donald Trump, qui militait depuis longtemps pour un allègement plus conséquent.
Les marchés financiers anticipaient cette décision depuis plusieurs semaines, comme en témoigne la relative stabilité des indices boursiers après l’annonce.
La Fed prévoyait initialement une nouvelle baisse d’un quart de point lors de sa prochaine réunion en décembre, mais son président, Jerome Powell, a exprimé mercredi son incertitude quant à la perspective d’une nouvelle réduction des taux d’intérêt.
« Une nouvelle baisse du taux directeur en décembre n’est pas une évidence, loin de là », a déclaré Powell aux journalistes lors d’une conférence de presse à Washington, D.C.
Les réactions de Wall Street aux doutes de Powell
Le Dow Jones Industrial Average, le S&P 500 et le Nasdaq, à forte composante technologique, ont légèrement reculé après que Powell a émis des doutes quant à la probabilité d’une nouvelle baisse des taux.
Pour la première fois depuis la crise au Capitole, la Fed ajuste ses taux. Le blocage gouvernemental qui paralyse Washington depuis des semaines commence à peser lourd sur l’économie américaine. Les banquiers centraux ont dû prendre leur décision presque à l’aveugle, privés qu’ils sont des statistiques économiques habituelles que l’administration ne publie plus.
Mercredi, Jerome Powell a bien dû admettre les ravages économiques provoqués par le shutdown gouvernemental, tout en s’empressant de balayer d’un revers de main ses conséquences sur le long terme.
« La paralysie du gouvernement fédéral pèsera sur l’activité économique tant qu’elle durera, mais ces effets devraient s’inverser une fois la paralysie terminée », a déclaré Powell.
La semaine passée, Washington a sorti dans un timing des plus étranges un rapport sur l’inflation américaine. Les chiffres révèlent que les prix continuent leur ascension – pas une surprise pour les millions d’Américains qui voient leur pouvoir d’achat s’éroder jour après jour.
Cette hausse persistante des prix risque de mettre un sacré bâton dans les roues de la Réserve fédérale, qui jongle déjà maladroitement avec son objectif de soutenir l’emploi.

La réalité économique des ménages américains
Pour le citoyen moyen, des termes techniques comme « stagflation » semblent bien éloignés du quotidien, mais leurs effets sont cruellement réels : impossibilité de boucler les fins de mois, renoncement aux soins médicaux et angoisse permanente face à l’avenir.
La Fed se retrouve coincée entre l’inflation et l’emploi, un équilibre qu’elle peine à trouver malgré ses pouvoirs étendus, alors qu’elle doit concilier un double mandat : maîtriser l’inflation et maximiser l’emploi, une équation qui tourne au casse-tête face aux tensions actuelles.
Depuis des mois, les économistes de la banque centrale jonglent avec leurs graphiques pour résoudre cette équation impossible : comment freiner la hausse des prix sans provoquer une vague de licenciements ? Un dilemme que les technocrates de Washington, bien au chaud dans leurs bureaux climatisés, semblent incapables de résoudre efficacement.
Mercredi, le Comité fédéral de l’open market (FOMC) n’a pas caché ses inquiétudes.
« L’incertitude quant aux perspectives économiques demeure élevée. Le Comité est attentif aux risques pesant sur les deux volets de son double mandat et estime que les risques de détérioration de l’emploi se sont accrus ces derniers mois », peut-on lire dans leur communiqué.
Ces craintes de la Fed interviennent alors même que l’institution n’a cessé de répéter que l’économie américaine se portait bien. Un discours qui sonne désormais creux face à cette nouvelle admission d’inquiétude.
La Fed face à un dilemme explosif entre inflation et récession
Si elle hausse les taux pour contenir la hausse des prix due aux tarifs douaniers, l’économie pourrait plonger. Mais baisser les taux pour soutenir l’emploi risque d’alimenter l’inflation déjà galopante.
Pendant ce temps, les experts économiques multiplient les pronostics contradictoires, symptômes d’un système financier devenu illisible pour le commun des mortels.
La Réserve fédérale a réduit son taux directeur le mois dernier, une première depuis le début de l’année. Une baisse d’un quart de point qui place désormais ce taux entre 3,75 % et 4 %. On n’avait pas vu un niveau aussi bas depuis 2022.
Le mois dernier, le Comité fédéral de l’open market (FOMC) a annoncé son intention de baisser les taux d’intérêt deux fois encore, de 0,25 point à chaque fois d’ici la fin de l’année.
Donald Trump voit les choses autrement. Le président, qui n’a jamais mâché ses mots face aux banquiers centraux, réclame des baisses bien plus conséquentes, jusqu’à 3 points de pourcentage. Un écart gigantesque qui montre bien l’ampleur du désaccord.

Trump face à la Fed : un bras de fer politique sans précédent
Au cours des derniers mois, Trump a viré l’un des gouverneurs de la Réserve fédérale et fait confirmer un autre par le Sénat. Ces deux nouveaux visages faisaient partie des douze pontes qui ont voté sur les taux d’intérêt le mois passé, même si leur présence a failli être compromise jusqu’au dernier moment.
Le suspense a plané jusqu’à quelques jours avant la réunion, mais ils étaient bien là, autour de la table des grands décideurs. Et ils devraient à nouveau participer au vote prévu mercredi. Parmi eux, Stephen Miran, un conseiller économique de premier plan de la Maison Blanche qui a rejoint la Fed le mois dernier, a été le seul à voter en faveur d’une baisse de taux plus importante d’un demi-point.
Cette petite révolution dans l’institution bancaire n’est pas anodine. Trump, fidèle à sa stratégie de placer ses pions dans les rouages de l’État, continue de remodeler les instances qui comptent réellement dans l’économie américaine.
Les marchés observent avec attention ces nominations qui pourraient, à terme, influencer la politique monétaire américaine – et par ricochet, les portefeuilles et le pouvoir d’achat.

Révocation de Lisa Cook par Trump
Trump a également cherché à révoquer Lisa Cook, membre du conseil d’administration de la Réserve fédérale, suite à des accusations de fraude hypothécaire. L’affaire a pris une tournure judiciaire, Cook ayant déposé plainte pour contester cette décision.
Selon elle, cette décision bafoue ses droits en tant qu’employée d’une agence fédérale censée fonctionner hors de toute influence politique. Une indépendance visiblement mise à mal par cette affaire qui révèle les rapports complexes entre pouvoir politique et institutions économiques.
Trump a expliqué sa décision en évoquant des « allégations de fraude hypothécaire », sans fournir de détails supplémentaires ni de preuves publiques. Ce limogeage intervient dans un contexte où les relations entre le président et les instances économiques fédérales ont toujours été tumultueuses.
La loi fédérale donne au président américain le pouvoir de virer un membre du conseil d’administration de la Fed si une « cause légitime » existe. Fait notable : en 112 ans d’existence de la banque centrale, aucun président n’a encore osé franchir cette ligne rouge.
Le mois dernier, un juge fédéral a mis un coup d’arrêt aux manœuvres administratives visant à évincer Cook. Il a émis une injonction préliminaire qui force la Fed à maintenir cette dernière à son poste de gouverneure du Système de la Réserve fédérale, le temps que sa plainte chemine dans les méandres de la justice américaine.
IMPORTANT - À lire
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