La justice défaillante ? 51 % des Français ne croient plus au système

Plus d’un Français sur deux ne fait pas confiance à la justice Plus d’un Français sur deux ne fait pas confiance à la justice

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • 51 % des Français méfiants envers la justice : un sondage CSA révèle une défiance persistante malgré les promesses de réforme.
  • Les femmes (53 %) et les 25-34 ans (54 %) doutent davantage, tandis que les CSP+ restent plus confiants avec seulement 40 % de méfiance.
  • Une justice à deux vitesses : 70 % des sympathisants d’extrême-droite méfiants, contre seulement 26 % chez les gauchistes.
  • Perception d’une justice inéquitable et laxiste, exacerbée par des décisions controversées et une montée de la violence contre les agents.

Un nouveau revers vient de frapper la justice française avec la publication, ce mercredi 5 novembre, d’un sondage CSA pour CNEWS, le JDD et Europe 1. L’institution judiciaire ne convainc plus la majorité des Français. Qualifiée d’être trop gauchiste par les uns ou trop indulgente par les autres, elle traverse une période de méfiance sans précédent.

Le constat est sans appel : 51 % des Français interrogés se disent méfiants. On retrouve là le même niveau de défiance qu’en novembre 2023, ce qui prouve que rien n’a changé malgré les promesses répétées de réformes.

Cette perte de confiance n’étonnera pas ceux qui, au quotidien, constatent le décalage entre la sévérité affichée dans les discours et la réalité des peines prononcées. Beaucoup s’indignent de voir des multirécidivistes relâchés après quelques heures de garde à vue. Dans le même temps, d’autres, coupables d’infractions mineures, se retrouvent broyés par la machine judiciaire.

La confiance en berne selon les catégories sociales

La méfiance envers la justice française se creuse nettement. Les femmes, avec 53 %, doutent davantage du système que les hommes (48 %).

Un fait marquant : l’âge joue un rôle majeur dans cette fracture. Les 25-34 ans, qui ont vécu les dérives récentes de la justice, n’y croient plus, à 54 %. À l’inverse, les jeunes de 18-24 ans, sans doute moins confrontés à la réalité du terrain, affichent une relative adhésion avec « seulement » 35 % de méfiance.

Cette fracture se retrouve aussi dans le fossé social. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 56 % des inactifs et 55 % des catégories socioprofessionnelles inférieures déclarent ne plus faire confiance à la justice. Les CSP+ gardent une relative sérénité avec « seulement » 40 % de défiance.

Une justice à deux vitesses : le fossé politique

Le gouffre entre partisans politiques se creuse aussi. Sans surprise, près de 7 Français sur 10 chez les sympathisants de droite (66 %) et d’extrême-droite (70 %) se disent méfiants envers cette institution.

À l’opposé, les sympathisants du pouvoir en place affichent une confiance plus élevée. Seuls 29 % des supporters de la majorité présidentielle et 26 % des gauchistes expriment des doutes.

Les socialistes battent tous les records avec 82 % de confiance, un score qui tranche avec l’opinion des Français ordinaires.

Perception d’une justice inéquitable

Complaisance pour les délinquants, mais acharnement contre nos forces de l’ordre ? C’est le sentiment qui s’installe dans l’opinion. Des décisions récentes suscitent l’indignation face aux voyous qui refusent d’obéir ou s’attaquent aux représentants de l’autorité publique : nos policiers en première ligne.

Face à ce laxisme qui se généralise, des voix s’élèvent enfin. Jordan Bardella, président du Rassemblement national, n’hésite plus à dénoncer un véritable « gouvernement des juges ».

D’autres politiques vont même plus loin en parlant de « tyrannie judiciaire », une critique qui résonne fortement après plusieurs décisions controversées ayant choqué l’opinion.

La montée de la violence contre les agents

La défiance envers l’autorité judiciaire prend un tournant alarmant. Les chiffres récents sont sans appel : pas moins de 622 agents du ministère de la Justice ont subi des agressions ou menaces en 2024, parmi lesquels 49 magistrats se retrouvent en première ligne, selon les données que le Garde des Sceaux a communiquées.

Une partie de cette situation s’explique par l’activité du grand banditisme.

Le ministère reconnaît, dans ses rapports, « au moins 150 cas » touchant uniquement les magistrats pour 2025.

La réponse de l’État face à cette situation critique ? Une simple cellule spécialisée mise en place « depuis quelques mois ». Une réaction jugée insuffisante face à une spirale de violence que le pouvoir préfère minimiser plutôt qu’affronter.

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