🔥 Les essentiels de cette actualité
- Donald Trump a affirmé que les États-Unis contrôlent désormais le Venezuela et a annoncé la remise de 30 à 50 millions de barils de pétrole de haute qualité, une décision qui pourrait bouleverser l’équilibre économique mondial.
- La présidente par intérim Delcy Rodríguez a rétorqué avec vigueur que « aucune puissance extérieure ne dirige le Venezuela », défendant l’autonomie face aux accusations d’ingérence.
- L’opération américaine a entraîné la mort de 55 soldats vénézuéliens et cubains, marquant un bilan humain tragique dans cette crise prolongée.
- La population vénézuélienne reste divisée entre soutiens à Maduro et espoirs de changement, questionnant si cette capture mettra fin à des années de répression et de corruption.
Le mardi 6 janvier, au lendemain de l’opération ciblée ayant permis la capture de Nicolás Maduro à Caracas, Donald Trump a passé à la vitesse supérieure. Il a affirmé sans ambages que les États-Unis maîtrisent désormais le Venezuela, balayant d’un revers de main les prétentions de la vice-présidente Delcy Rodríguez, propulsée présidente par intérim.
« Aucun agent extérieur ne gouverne le Venezuela », a-t-elle lancé, furieuse. « Le gouvernement du Venezuela dirige notre pays, personne d’autre. »
Le Venezuela détient les plus importantes réserves prouvées de brut au monde, un trésor qui a trop longtemps alimenté la corruption d’un régime rongé par l’avidité, et qui demeure sa principale bouée de sauvetage économique.
Trump n’a pas hésité : il a menacé cette nouvelle dirigeante transitoire et annoncé une remise immédiate de 30 à 50 millions de barils de pétrole sous sanctions, de haute qualité.
« Je suis ravi d’annoncer que les autorités par intérim du Venezuela vont remettre aux États-Unis entre 30 et 50 millions de barils de pétrole sous sanction et de haute qualité », a-t-il déclaré.
« Ce pétrole sera vendu au prix du marché et l’argent sera contrôlé par moi, président des États-Unis, pour garantir qu’il soit utilisé au profit des peuples du Venezuela et des États-Unis. » Trump n’a pas caché son intérêt pour ces vastes ressources. Face à l’ingérence dénoncée par Caracas, il impose un contrôle effectif, présenté comme protecteur des ressources stratégiques et frappant au cœur du narcotrafic.
Delcy Rodríguez riposte face à l’emprise américaine
À peine la poussière retombée de la capture de Nicolás Maduro le 6 janvier, Delcy Rodríguez, 56 ans, prête serment la veille devant le Parlement comme autorité transitoire. Elle contre-attaque rapidement en nommant Calixto Ortega Sánchez, un habitué des coulisses économiques, ex-directeur de la Banque centrale et ancien cadre du secteur pétrolier, au poste de vice-président chargé de l’économie.
Sept jours de deuil national frappent le pays, décrétés pour honorer les 55 soldats vénézuéliens et cubains tombés lors de l’opération américaine. Un bilan lourd, présenté comme scellant la résistance face à ce que les autorités qualifient d’agression impérialiste, et qui inclut, d’après le procureur général Tarek William Saab, des dizaines de victimes parmi les civils et les militaires.
Le gouvernement respire le chavisme pur jus : Diosdado Cabello, ministre de l’Intérieur et tenant d’une ligne dure, et Vladimir Padrino López, ministre de la Défense, occupent des postes clés pour verrouiller les leviers du pouvoir interne, malgré la maîtrise réelle exercée par Washington sur les champs pétrolifères.
De l’autre côté, María Corina Machado, l’opposante couronnée du prix Nobel de la paix en 2025, promet un retour « le plus vite possible » en force. Mais Trump la disqualifie samedi, bloquant ses ambitions dans ce chaos post-capture.
Le prix payé par les narcos et l’écho mondial d’une opération implacable
L’opération américaine a laissé un lourd bilan humain du côté des forces vénézuéliennes et cubaines. L’armée vénézuélienne a confirmé la mort de 23 militaires, dont cinq amiraux, via des avis de décès publiés sur son compte Instagram, tandis que 32 membres des services cubains ont péri dans les échanges de tirs, leur identité révélée mardi par la presse officielle de l’île.
L’Organisation des Nations unies a rapidement réagi, pointant du doigt une opération présentée par les États-Unis comme une opération de police, mais qui a « sapé un principe fondamental du droit international ». Maduro et son épouse Cilia Flores ont été arrêtés après des mois de bombardements ciblés sur des embarcations soupçonnées de transporter de la drogue. Les autorités américaines les accusent sur quatre chefs d’inculpation, dont le narcoterrorisme lié au tristement célèbre « Cartel des Soleils », une connexion dont l’existence est contestée par certains analystes et qui a valu à Maduro une prime de 50 millions de dollars.
Lundi, ils ont comparu pour la première fois devant un tribunal de New York. Plaidoirie de non-culpabilité et incarcération immédiate pour Maduro dans cette ville, jusqu’à la prochaine audience fixée au 17 mars.

La rue vénézuélienne divisée : fureur chaviste et espoirs chuchotés
Donald Trump n’a pas mâché ses mots sur Nicolás Maduro, le traitant d’homme « violent » qui a « tué des millions de personnes ». Pendant ce temps, à Caracas, des centaines de fidèles chavistes envahissent les rues pour hurler leur soutien à Maduro et exiger sa libération immédiate. Sara Pilar Rodriguez, une voix montante du camp pro-Maduro, a lancé un appel vibrant :
« À notre présidente par intérim, qu’elle sache qu’elle peut compter sur le soutien de toutes les femmes, de toutes les forces politiques. »
Des témoignages affluent également sur les réseaux, mêlant allégeances à Delcy Rodríguez et griefs contre ce qu’elle qualifie d' »abus institutionnel » des États-Unis, vus comme un rouleau compresseur impérialiste. Mais à la frontière colombienne, l’ambiance change. Evelyn Cárdenas, une exilée parmi d’autres, confie :
« Tous les Vénézuéliens sont heureux de la chute de Maduro, mais nous ne pouvons pas l’exprimer ouvertement. »
Peur palpable d’une répression qui rode, joie contenue pour la fin d’un cauchemar qui a ruiné des vies. Entre résistance farouche et soulagement discret, la rue vénézuélienne reste profondément divisée.
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