🔥 Les essentiels de cette actualité
- L’ancien Premier ministre norvégien Thorbjörn Jagland a tenté de se suicider après son inculpation pour corruption liée à Jeffrey Epstein, révélant des séjours dans les propriétés du financier condamné.
- Des perquisitions dans ses biens ont confirmé des liens étroits avec Epstein, y compris des prêts sollicités, menant à un risque d’emprisonnement jusqu’à dix ans.
- Cette affaire ébranle le Conseil de l’Europe, dont il fut secrétaire général, en exposant les compromissions des élites transnationales avec des réseaux sulfureux, et soulève des questions sur leur autorité morale.
L’affaire Epstein continue de produire ses ondes de choc et celles-ci atteignent désormais les plus hautes sphères du pouvoir européen. L’hospitalisation de Thorbjörn Jagland, ancien Premier ministre norvégien et ancien secrétaire général du Conseil de l’Europe, après une tentative de suicide survenue à la suite de son inculpation pour corruption aggravée, révèle l’ampleur d’un scandale dont nous n’avons probablement pas fini de mesurer les ramifications.
Ce qui se joue ici dépasse largement le cas d’un homme politique scandinave rattrapé par des soupçons liés à ses fréquentations : c’est tout un système de pouvoir transnational qui vacille.
Les faits rapportés sont graves. Selon l’agence anticorruption norvégienne, Jagland et sa famille proche auraient utilisé à plusieurs reprises les appartements privés de Jeffrey Epstein à Paris et à New York entre 2011 et 2018 et séjourné également dans sa villa de Palm Beach. L’ancien dirigeant aurait de surcroît sollicité l’aide du financier américain pour obtenir un prêt bancaire.
Des perquisitions approfondies ont été menées dans ses propriétés d’Oslo et de Risør. L’homme de 75 ans nie toute malversation mais risque jusqu’à dix ans de prison s’il est reconnu coupable.
Ce qui frappe d’emblée, c’est le profil de l’inculpé. Nous ne parlons pas d’un obscur notable de province, mais d’une figure centrale de l’establishment européen. Premier ministre, président du Parlement norvégien, ministre des Affaires étrangères et surtout secrétaire général du Conseil de l’Europe de 2009 à 2019 : Jagland a incarné pendant des décennies cette élite transnationale qui prétend dicter aux nations européennes leurs standards démocratiques et leurs obligations en matière de droits de l’homme.
Le Conseil de l’Europe dans la tourmente
L’ironie est cruelle. Pendant que Thorbjörn Jagland présidait le Comité Nobel norvégien, de 2009 à 2015, et distribuait des prix de la paix au nom de la conscience universelle, il fréquentait donc un délinquant sexuel condamné dont les crimes étaient déjà connus. Car rappelons-le : Epstein avait plaidé coupable en 2008 pour sollicitation de prostitution impliquant une mineure. Les séjours de Jagland chez le financier américain ont donc eu lieu après cette première condamnation. L’argument de l’ignorance ne tient pas.
Cette affaire illustre avec une clarté brutale ce que beaucoup pressentaient depuis longtemps : l’existence d’un entre-soi international où les élites politiques, économiques et culturelles se côtoient dans une promiscuité qui transcende les frontières et les règles communes. Jeffrey Epstein n’était pas seulement un criminel : il était un connecteur, un homme dont le carnet d’adresses constituait le véritable capital. Que venaient chercher ces dirigeants dans ses appartements luxueux ? Des financements ? Des réseaux ? Des compromissions mutuelles garantissant une loyauté réciproque ?
La publication des documents Epstein par le département de la Justice américain agit comme un révélateur chimique. En Norvège, la princesse héritière Mette-Marit apparaît fréquemment dans des documents détaillant des années de contacts avec le financier américain. Au Royaume-Uni, l’ancien prince Andrew a été arrêté la semaine dernière, soupçonné d’« abus de fonction » pour avoir prétendument partagé des informations gouvernementales confidentielles avec Epstein alors qu’il était envoyé spécial pour le commerce.
L’ancien ambassadeur britannique aux États-Unis, Peter Mandelson, a également été arrêté. Trois hauts responsables du gouvernement Starmer ont démissionné en dix jours.
« L’état de santé de Jagland est grave. »
Cette phrase lapidaire, rapportée par le média norvégien iNyheter, citant une source « absolument fiable », résume la violence du choc. Quand un homme qui a passé sa vie à incarner l’autorité morale de l’Europe institutionnelle se retrouve ainsi acculé, c’est tout un édifice symbolique qui s’effondre.
L’effondrement d’une certaine idée de l’élite
Pour ceux qui, comme nous, portent un regard critique sur les institutions supranationales, cette affaire confirme un diagnostic posé de longue date. Le Conseil de l’Europe, dont Jagland fut le secrétaire général pendant une décennie, s’est arrogé le droit de juger les nations, de condamner leurs politiques migratoires et de censurer leurs choix démocratiques au nom de valeurs prétendument universelles. La Cour européenne des droits de l’homme, qui dépend de cette institution, n’a cessé d’imposer aux États des décisions contraignantes, souvent contraires à la volonté des peuples.
Voilà que l’homme qui présidait à cette magistrature morale internationale entretenait des liens étroits avec l’un des criminels les plus emblématiques de notre époque. Comment ne pas voir dans ce contraste saisissant la faillite d’un système qui prétend incarner le Bien tout en se compromettant avec le Mal ? Comment continuer à accepter que ces institutions donnent des leçons de vertu aux nations quand leurs dirigeants fréquentent des réseaux aussi sulfureux ?
Il ne s’agit pas ici de céder à un complotisme facile qui verrait dans chaque élite un criminel en puissance. Il s’agit de constater lucidement que la déconnexion entre les peuples et leurs dirigeants a atteint un point de rupture. Ces élites mondialisées, qui passent avec aisance de Davos à Bruxelles, de New York à Strasbourg, ont fini par constituer une caste à part, soumise à ses propres règles, ou plutôt à l’absence de règles.
Le cas Jagland est d’autant plus significatif qu’il touche la Norvège, pays souvent présenté comme un modèle de transparence et de probité démocratique. Si même les élites scandinaves, réputées pour leur rigueur morale, se trouvent ainsi compromises, que dire des autres ? La confiance des citoyens européens envers leurs institutions, déjà fortement érodée, ne peut que s’effondrer davantage.
Pour la France, cette affaire doit servir de leçon. Elle rappelle l’urgence de restaurer une souveraineté nationale qui permette aux peuples de contrôler véritablement leurs dirigeants plutôt que de déléguer ce pouvoir à des instances lointaines et opaques. Elle rappelle aussi que la véritable autorité morale ne se décrète pas depuis des palais internationaux : elle se construit patiemment, par l’exemple, dans le respect des citoyens et de leur volonté démocratique.
L’affaire Epstein n’a pas fini de livrer ses secrets. Chaque nouvelle révélation enfonce un peu plus le clou dans le cercueil d’une certaine idée de l’élite mondiale, celle qui prétendait gouverner par-dessus les nations au nom d’une sagesse supérieure. Cette sagesse n’était qu’un masque. Il tombe aujourd’hui et ce que nous découvrons dessous n’est guère reluisant.
IMPORTANT - À lire
Cette affaire révèle comment les élites transnationales échappent aux règles communes. Découvrez dans notre revue mensuelle des analyses approfondies sur les réseaux de pouvoir qui façonnent l'Europe, loin des discours officiels et des apparences trompeuses.
Chaque mois, nous décortiquons les mécanismes réels de gouvernance mondiale et leurs contradictions. Abonnez-vous à notre revue papier pour comprendre les véritables enjeux géopolitiques que les médias mainstream occultent.



