Le PDG de Stellantis dénonce à son tour l’interdiction des véhicules thermiques prévue pour 2035

le nouveau patron de Stellantis critique la fin des ventes de voitures thermiques en 2035 le nouveau patron de Stellantis critique la fin des ventes de voitures thermiques en 2035

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • Le PDG de Stellantis, Antonio Filosa, critique les objectifs de réduction des émissions de l’UE, les jugeant irréalistes pour 2030 et 2035.
  • Filosa appelle à plus de flexibilité pour préserver l’industrie automobile européenne face à la concurrence chinoise.
  • L’UE maintient son interdiction des ventes de voitures thermiques en 2035, malgré les réticences des constructeurs et des pays comme l’Allemagne.
  • Filosa propose des mesures pour redynamiser le marché, comme des primes à la casse et une meilleure valorisation des hybrides.

Dans une interview accordée aux Echos ce samedi 6 septembre, le nouveau PDG de Stellantis, Antonio Filosa, n’a pas mâché ses mots face aux diktats verts européens.

« Les objectifs de baisse de 55 % des émissions [de gaz à effet de serre] d’ici à 2030 et d’interdiction des ventes de voitures thermiques en 2035 [dans l’UE] ne sont pas réalistes tels que définis », a-t-il lâché sans détour.

Le successeur de Carlos Tavares à la tête du géant automobile (qui regroupe Peugeot, Fiat et Jeep) plaide pour une approche plus pragmatique.

« Il faut introduire des flexibilités qui contribueront à la fois à la décarbonation et au maintien de l’activité industrielle », a-t-il précisé.

Il ajoute : « Il ne faut pas sous-estimer le déclin rapide de l’industrie automobile européenne », soulignant l’urgence de passer du dialogue stratégique à l’action stratégique, et vite.

Une prise de position qui tombe à pic alors que l’industrie automobile européenne croule sous le poids des régulations bruxelloises. Pendant que nos constructeurs trinquent, les concurrents chinois se frottent les mains.

Les mesures controversées de l’UE sur les véhicules thermiques

En mars 2023, l’Union européenne a confirmé sa décision radicale : dès 2035, impossible d’acheter une voiture neuve à essence ou diesel, y compris les modèles hybrides.

Cette mesure, l’une des plus controversées du fameux Green Deal, a été actée malgré les réticences de l’Allemagne, pilier de l’industrie automobile européenne.

Bruxelles a simplement concédé une « clause de revoyure » en 2026 – un rendez-vous bureaucratique pour évaluer la situation et, peut-être, ajuster cette réglementation.

Les voitures électriques restent inaccessibles pour beaucoup, tandis qu’on nous force à abandonner nos véhicules traditionnels au nom d’une politique verte décidée dans les bureaux feutrés de technocrates déconnectés du terrain.

a fin des ventes de voitures thermiques en 2035

Réactions des constructeurs automobiles face aux objectifs de l’UE

Depuis des mois, les constructeurs s’opposent fermement à cet objectif. Leurs ventes de voitures électriques patinent, les Chinois débarquent avec leurs modèles à bas prix, les Américains dressent des barrières douanières, et leurs profits s’effondrent.

Le ministère français de l’industrie avait lâché en juin qu’on pourrait assouplir les règles, mais sans jamais remettre en cause la fin programmée des énergies fossiles.

Vendredi, BMW a tenté un coup de force en proposant de repousser à 2050 l’interdiction des moteurs thermiques. Quelques jours plus tôt, Ola Källenius, patron de Mercedes-Benz et président du lobby automobile européen ACEA, avait jugé l’échéance de 2035 « inatteignable ».

Ces grands industriels allemands semblent enfin se réveiller face aux diktats bruxellois. La réalité du terrain les rattrape, eux qui, jusqu’ici, hochaient docilement la tête devant les directives de l’UE.

BMW logo

La pression des lobbies industriels sur la Commission européenne

Sous la pression des lobbies industriels, la Commission européenne a reculé en mars dernier, assouplissant les objectifs de réduction de CO₂ à moyen terme.

Ursula von der Leyen va maintenant ouvrir un « dialogue stratégique » avec les patrons des grands constructeurs, juste après l’ouverture du salon de l’automobile de Munich (IAA), rendez-vous incontournable où se réunissent les magnats du secteur.

Filosa ne se contente pas de critiquer. Il demande des leviers de flexibilité pour enrayer le cercle vicieux des ventes en berne et du parc automobile vieillissant.

Guerre commerciale UE-USA : Bruxelles dévoile sa riposte face aux surtaxes de Trump et porte plainte à l’OMC pour défendre ses intérêts.

Les propositions de Filosa pour redynamiser le marché automobile

Filosa propose d’investir dans la verdisation du parc auto : primes à la casse ou à la reconversion pour des véhicules plus récents, supercrédits CO₂ pour encourager les petites voitures électriques, et une meilleure valorisation des hybrides. Ces mesures, selon lui, visent à réduire les coûts de production et rendre les voitures plus abordables.

Début juillet, Jean-Philippe Imparato, patron de la branche européenne de Stellantis, tirait la sonnette d’alarme. Aujourd’hui, Filosa enfonce le clou :

« Les décisions les plus urgentes à prendre à Bruxelles concernent la trajectoire de décarbonation des véhicules utilitaires légers. »

Il estime que ce marché « souffre », les artisans et professionnels se détournant de véhicules dont les tarifs restent trop élevés. Cette situation « met en danger » des dizaines de milliers d’emplois. Sa solution ? Étendre de trois à cinq ans les objectifs de réduction des émissions de CO₂ pour ce segment.

Filosa rappelle l’importance du Nord pour les intérêts français, avec l’usine d’Hordain, qui produit des utilitaires. Mais sur d’éventuelles fermetures d’usines, il esquive :

« Impossible de se prononcer à ce stade : nous devons d’abord voir comment évolueront les échanges sur la réglementation européenne. »

Nos emplois restent suspendus aux lubies de bureaucrates bruxellois qui n’ont jamais mis les pieds dans une usine.

La fragmentation du marché automobile mondial

Le secteur auto tourne le dos aux diktats électriques de Bruxelles face à la dure réalité du marché. Filosa note que le marché automobile mondial se régionalise, coincé entre taxes douanières et réglementations contradictoires selon les continents.

« L’Europe a choisi la voie de l’électrification complète, orientation que nous soutenons et sur laquelle nous avons fortement investi, mais dont nous questionnons aujourd’hui le rythme et la rigidité vu les réalités du marché », explique-t-il.

Malgré les subventions et la propagande verte, les ventes de véhicules électriques stagnent. Le prix prohibitif, l’autonomie limitée et le manque d’infrastructures de recharge rendent ces voitures impraticables pour beaucoup de Français, notamment en zones rurales.

La transition écologique façon UE ressemble à une course idéologique déconnectée des besoins réels des citoyens.

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