« Il faut geler tous les investissements annoncés ou prévus jusqu’à ce qu’on y voie plus clair avec les États-Unis », a déclaré Emmanuel Macron, tentant visiblement de reprendre la main dans un climat économique de plus en plus tendu.
Mais cette sortie, faite devant les représentants de l’industrie française, sonne surtout comme un aveu d’impuissance : pendant que le président multiplie les déclarations d’intention, les grandes entreprises françaises, elles, n’attendent pas les autorisations de l’Élysée pour délocaliser leurs milliards.
CMA CGM : 20 milliards pour les USA… et zéro pour la France ?
Le symbole est fort. Le groupe français CMA CGM, mastodonte du transport maritime, a annoncé un investissement colossal de 20 milliards de dollars pour développer ses infrastructures logistiques aux États-Unis. Une décision saluée avec enthousiasme par Donald Trump, qui n’a pas tardé à récupérer politiquement cette annonce, en pleine présentation de sa nouvelle politique protectionniste.
Ce soutien américain ne doit rien au hasard. Dans un contexte de tensions commerciales croissantes entre l’Union européenne et Washington, il est difficile de ne pas voir dans ce geste un coup de séduction envers l’administration Trump. Une stratégie bien rodée : s’implanter chez l’adversaire pour bénéficier de ses largesses fiscales… pendant que la maison France brûle.
Trump déroule le tapis rouge, Macron brandit la menace… pour la forme ?
Trump n’a pas manqué de rappeler, lors de son discours sur les tarifs douaniers, cet investissement français sur le sol américain. Un timing parfait, comme un pied de nez aux Européens.
Macron, de son côté, évoque désormais la possibilité de mesures de rétorsion visant les services numériques ou les systèmes de financement américains. De quoi faire trembler Wall Street ? Peu probable. De quoi faire grimper les prix en Europe ? Beaucoup plus certain.
Schneider Electric : l’intelligence artificielle oui, mais chez les autres
Autre trahison industrielle à peine voilée : Schneider Electric, fleuron tricolore du secteur énergétique, a annoncé un investissement de 700 millions de dollars… aux États-Unis, pour soutenir les infrastructures liées à l’intelligence artificielle. Un secteur d’avenir, certes. Mais pourquoi cette manne ne sert-elle pas à moderniser nos réseaux français, vieillissants, fragiles et de plus en plus coûteux pour les particuliers ?
Pendant que nos PME crèvent, que nos agriculteurs manifestent et que nos factures explosent, les grands groupes français prennent leurs quartiers outre-Atlantique. Pas un mot pour soutenir le tissu économique national. Pas un geste pour renforcer notre souveraineté énergétique. Le message est clair : l’avenir, selon les multinationales françaises, ne se joue plus en France.
Multinationales sans frontières : la patrie du profit
Le plus inquiétant, c’est que ni CMA CGM ni Schneider Electric n’ont daigné répondre aux propos de Macron. Un silence glacial, révélateur d’un rapport de force inversé. Ce ne sont plus les chefs d’État qui dictent la marche à suivre aux grandes entreprises, mais l’inverse. Les multinationales n’ont ni patrie ni loyauté, seulement des opportunités de croissance.
Et qui paiera le prix de cette trahison ? Le contribuable français, bien sûr. Celui qui travaille, qui subit l’inflation, les hausses de taxe, les pénuries d’énergie et le chômage de masse. Pendant que les élites financières se congratulent entre Paris, New York et Davos, la France des oubliés continue de payer l’addition.
Macron : le président des multinationales, pas des Français
Une chose est sûre : Emmanuel Macron ne parle pas aux Français, il parle aux PDG. Son appel à geler les investissements sonne plus comme un message diplomatique à usage interne qu’une réelle prise de position politique. Il n’a ni contraint, ni incité, ni même évoqué de sanctions. Juste un avertissement poli, que les grandes entreprises ignorent royalement.
Les Français, eux, attendent autre chose qu’un discours de façade. Ils veulent des actes forts, des protections économiques, des politiques de relocalisation, des aides ciblées pour les TPE et PME, des factures d’énergie soutenables. Pas des milliards déversés à l’étranger pour gonfler les profits des multinationales sous pavillon français mais à l’âme américaine.
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