Coup de tonnerre lundi dernier ! Marine Le Pen s’est vue infliger quatre ans de prison (dont deux ferme avec bracelet électronique) et surtout une inéligibilité immédiate de cinq ans. Une sentence politique à quelques mois des européennes qui sent bon le « deux poids, deux mesures » dont raffole notre justice aux ordres du pouvoir.
Pendant qu’on s’acharne sur l’opposition, d’autres affaires impliquant la Macronie dorment tranquillement dans les tiroirs des juges. Mais bon, y a-t-il encore quelqu’un pour s’étonner de ces méthodes dignes d’une république bananière ?
Fait surprenant, des voix habituellement hostiles à la droite nationale se sont élevées pour dénoncer cette manœuvre politico-judiciaire. Même à gauche, certains s’inquiètent des conséquences de cette condamnation.
C’est notamment le cas de Yanis Varoufakis, l’ex-ministre grec des finances. Il n’a pas mâché ses mots en qualifiant cette décision de « dernière étape de la descente de l’Europe dans l’abîme du totalitarisme ». Une prise de position qui en dit long sur la gravité de la situation et sur l’effritement des clivages traditionnels face à cette instrumentalisation de la justice.
Le soutien international à Marine Le Pen
De Trump à Orbán, en passant par Salvini, le gratin de la droite souverainiste s’est empressé de soutenir Marine Le Pen. Des leaders qui n’ont pas mâché leurs mots face à cette persécution politique. « Une violation des normes démocratiques », a fulminé le Kremlin, tandis qu’Elon Musk dénonçait sur X un « abus judiciaire évident ».
Le premier ministre hongrois Viktor Orbán s’est même fendu d’un hashtag « Je suis Marine ! » – une référence pas vraiment subtile aux grands rassemblements citoyens français ; difficile de ne pas y voir un clin d’œil provocateur à l’establishment parisien.
L’affaire a également fait réagir le patriote néerlandais Geert Wilders et l’espagnol Santiago Abascal de Vox. Tous ces dirigeants, pourtant si rarement d’accord, semblent cette fois unanimes : quand le système s’attaque à l’une des leurs, ils font bloc.
D’anciens adversaires politiques prennent la défense de Le Pen face à la justice.
Dans un retournement de situation inattendu, Yanis Varoufakis, l’ex-ministre des Finances grec sous Tsípras et figure de proue de la gauche Syriza, s’est élevé contre les sanctions visant Marine Le Pen. Les médias progressistes, France Culture en tête, qui en avait fait un modèle de gauche cosmopolite ne savent plus où se mettre.
Le sulfureux économiste n’a pas mâché ses mots sur X, qualifiant ces accusations de « risibles et ridicules » – une position surprenante venant d’un homme qu’on pourrait croire aux antipodes idéologiques de la présidente du RN.
Dans un entretien accordé au média britannique UnHerd, Varoufakis a exprimé sa stupéfaction devant la sévérité des poursuites.
« Je suis ahuri de voir la justice en faire un délit passible de prison et une raison de l’empêcher de se présenter à l’élection présidentielle », a-t-il déclaré, visiblement choqué par cette entrave démocratique.
Cette prise de position marque une rare convergence entre figures politiques habituellement opposées, rappelant que certains principes dépassent les clivages traditionnels. Quand les institutions s’attaquent aux droits fondamentaux des candidats, même les adversaires idéologiques semblent capables de dépasser leurs différends pour défendre l’intégrité du jeu démocratique.
Les comparaisons internationales de Varoufakis
Dans sa tempête de tweets cinglants contre les institutions judiciaires françaises, l’économiste grec Varoufakis n’y va pas de main morte. Il compare le cas de Marine Le Pen avec Călin Georgescu, cet ultranationaliste roumain qu’on a écarté de l’élection présidentielle sous prétexte d’une « ingérence russe » – décision que Varoufakis n’hésite pas à qualifier « d’absurde », et on le comprend!
Il fait également le parallèle avec Ekrem Imamoglu, le principal opposant d’Erdogan en Turquie, coffré le 19 mars pour soi-disant « corruption ». Des méthodes qu’on croyait réservées aux régimes autoritaires, mais qui semblent devenir monnaie courante dans notre « démocratie » française.
La comparaison est frappante et dérangeante. On commence à se demander si notre justice n’utilise pas les mêmes tactiques d’intimidation que ces pays qu’on aime tant critiquer. Comme par hasard, c’est toujours les voix dissidentes qui se retrouvent dans le viseur des juges…
« L’affaire roumaine, c’était juste un ballon d’essai. Aujourd’hui, ils s’attaquent à Le Pen. Demain, Mélenchon y passera », a lâché le politique grec lors de son entretien avec UnHerd.
Des propos qui font l’impasse sur un détail essentiel : Marine Le Pen a pu se défendre dans un cadre judiciaire régulier, ce qui n’est absolument pas le cas d’Ekrem Imamoglu, jeté en prison depuis le 23 mars et qui attend toujours son procès.
Il écrivait à la suite de son tweet précédent, et cette fois en anglais : « L’empêcher [Marine Le Pen] de se présenter aux élections n’est pas l’État de droit, d’autant plus que l’interdiction n’est pas suspendue jusqu’à ce que ses appels soient entendus. C’est la fin de toute chance que la notion d’État de droit puisse encore tenir la route. Une grande victoire pour le fascisme« . Encore une fois, on voit bien comment le système s’acharne contre les défenseurs du peuple. À croire que la démocratie n’existe que lorsqu’elle sert les intérêts des élites. »
When Turkey’s courts ban Erdogan’s frontrunning Presidential opponent, the liberal mind rebels and rejects forthwith Erdogan’s argument that the law is the law. When France’s courts do they same, the liberal mind rejoices & parrots the law is the law. Mind-boggling hypocrisy!
Sur le site du MeRA25 – le Front de désobéissance réaliste européen créé par Yanis Varoufakis en 2018 et branche grecque du mouvement DiEM25 – un papier non signé taille en pièces l’hypocrisie flagrante du jugement contre Le Pen. Premier constat qui saute aux yeux : « l’utilisation des assistants parlementaires pour les affaires [nationales] du parti est probablement une pratique courante de tous les partis. »
Mais ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Le véritable scandale réside ailleurs. Cette condamnation n’est qu’une énième manœuvre des élites pour préserver leur système de pouvoir bancal. Comme toujours, deux poids, deux mesures.
Les mêmes qui chassent Le Pen tremblent devant la montée des idées d’extrême-droite dans toute l’Europe. La justice française, comme par hasard, se découvre une âme de redresseuse de torts quand il s’agit de cibler certains opposants politiques…
Encore une démonstration parfaite de la partialité d’institutions supposées neutres. Les règles semblent s’appliquer différemment selon qu’on appartient au système ou qu’on tente de le combattre – une situation que les Français ordinaires connaissent trop bien dans leur quotidien.
Pendant ce temps, les vrais problèmes du pays restent soigneusement ignorés par ces mêmes élites qui s’acharnent sur leurs adversaires politiques. L’inflation continue de vider les portefeuilles, mais visiblement, la priorité est ailleurs : éliminer ceux qui menacent le confort des puissants.
La justice à deux vitesses
« Je n’ai aucune confiance dans la capacité du système judiciaire à agir en tant que tel, en France et plus largement », a-t-il lâché sans détour au média UnHerd. Un vrai pavé dans la mare qui rappelle sans ambiguïté l’affaire Tapie où Christine Lagarde, malgré sa « négligence » ayant coûté 400 millions d’euros aux contribuables français, avait tranquillement gardé son fauteuil doré à la tête du FMI en 2016. Comme toujours, deux poids, deux mesures dans notre prétendue « démocratie ».
Yanis Varoufakis s’oppose vigoureusement à cette décision judiciaire car elle transforme, selon lui, Marine Le Pen en une sorte de martyr qui combattrait soi-disant pour la démocratie bafouée. Faut quand même pas déconner! L’économiste grec n’a pas mâché ses mots lors de son entretien avec UnHerd, où il a réaffirmé qu’il la considère personnellement comme « une fasciste » – ses termes exacts – et qu’il « aimerait qu’elle soit détruite politiquement ».
Mais n’est-ce pas là le problème de notre époque? Les élites intellectuelles s’arrogent le droit de décider qui mérite d’être « détruit » politiquement, pendant que les citoyens ordinaires, eux, voient leurs libertés s’éroder jour après jour sous couvert de nobles principes.
Les élites et la démocratie
C’est toujours le même refrain: on prétend défendre la démocratie tout en souhaitant éliminer ceux qui dérangent l’ordre établi. Varoufakis, pourtant lui-même victime du rouleau compresseur européen lors de la crise grecque, semble avoir oublié ce que signifie réellement la souveraineté populaire.
Pour lui, cette décision témoigne clairement d’un échec cuisant des gouvernements européens face à la poussée des mouvements d’extrême droite qu’ils prétendent combattre. « Ils [les pays européens] refusent de construire des murs contre l’extrême droite (…) mais ils utilisent leur arsenal juridique en pensant l’éliminer, alors qu’en réalité ils la gonflent et la renforcent », a t-il martelé, visiblement excédé par cette hypocrisie systémique.
Je l’ai rencontré après cette déclaration et son inquiétude était palpable. Il n’a pas mâché ses mots: « Je suis vraiment inquiet de voir que l’establishment libéral fait tout son possible pour renforcer l’attrait de la droite néofasciste en Europe […] Soit la loi s’applique à tout le monde, soit elle ne s’applique à personne », a ajouté l’économiste.
Les élites européennes jouent un jeu dangereux en criminalisant les opinions populaires tout en protégeant les leurs. Cette justice à deux vitesses rappelle d’autres moments de notre histoire récente où le pouvoir en place a utilisé le droit comme une arme contre ceux qui osaient penser différemment.
Les réactions politiques
«Une diversion monumentale. Interdire à quelqu’un de jouir de ses droits civiques est tout simplement scandaleux. Les néofascistes français vont évidemment profiter de cette procédure-bâillon, exactement comme Trump l’a fait avant eux. Notre establishment occidental, qui n’a plus rien de libéral et qui panique à l’idée de perdre son pouvoir, nous précipite tête la première dans le gouffre du totalitarisme», a lancé hier le politique grec sur X, sans mâcher ses mots.
This is nuts. Lawfare is wrong whomever it targets. And it is stupid to boot. France’s neofascists will only benefit from this, just as the MAGA lot did. A panicking illiberal establishment across the West is diving headlong into a totalitarian pit ft.com/content/ad5dc5…
« Je ne suis pas d’accord pour que des choses qui devraient être décidées par les urnes le soient par les tribunaux. Cela ne fera que donner du Rassemblement national l’image d’une victime », a lâché sans détour le député LFI Éric Coquerel lors d’une session houleuse à l’Assemblée.
Une position peu commune pour un Insoumis, mais qui fait écho aux préoccupations grandissantes sur l’instrumentalisation judiciaire en politique. D’ailleurs, Coquerel n’est pas seul dans cette analyse.
L’économiste grec et figure de la gauche européenne, Yanis Varoufakis, lui a emboîté le pas en déclarant que « les néofascistes français ne peuvent que tirer profit » de cette décision. Une convergence de vues surprenante qui illustre combien nos élites, même à gauche, pressentent le danger d’une justice qui s’immisce dans le jeu démocratique – exactement comme on l’a déjà vu avec d’autres atteintes aux libertés ces dernières années.
L’ironie est palpable: voilà des politiciens habituellement opposés au RN qui s’inquiètent maintenant de voir le système se retourner contre eux-mêmes demain, quand les juges décideront qui peut ou non se présenter aux élections. Encore une preuve que nos institutions dérivent dangereusement vers un contrôle toujours plus étroit de notre expression démocratique.
IMPORTANT - À lire
Les élites européennes jouent avec le feu en instrumentalisant la justice contre leurs opposants politiques. Cette dérive antidémocratique, dénoncée par des figures aussi diverses que Varoufakis ou Coquerel, rappelle les heures sombres de notre histoire. Jusqu'où iront-ils pour museler les voix dissidentes ?
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