OCDE : l’Italie dépasse le Japon et devient 4ᵉ exportateur mondial

L'Italie dépasse le Japon et grimpe à la quatrième place mondiale des exportateurs selon l'OCDE L'Italie dépasse le Japon et grimpe à la quatrième place mondiale des exportateurs selon l'OCDE

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • L’Italie a grimpé à la quatrième place des exportateurs mondiaux en 2025, surpassant le Japon et la Corée du Sud grâce à une croissance dynamique des exportations, comme l’atteste l’OCDE.
  • Les entreprises italiennes résistent aux défis comme l’euro fort et les droits de douane, en boostant leur compétitivité via des salaires raisonnables et une robotisation efficace, contrairement à la France.
  • Tandis que le Japon stagne avec un PIB en recul, l’Italie affiche une hausse de 12% de ses exportations, portant son excédent commercial à 23 milliards d’euros sur six mois, questionnant la résilience économique mondiale.
  • Giorgia Meloni pousse l’UE vers de nouveaux accords de libre-échange, visant à accroître la part de l’Italie à 10% des exportations européennes en ciblant l’Afrique et l’Asie.

Fin novembre 2025, les chiffres de l’OCDE tombent comme une bonne nouvelle pour Rome : au troisième trimestre, l’Italie a exporté davantage que le Japon et la Corée du Sud, grimpant à la quatrième place mondiale, selon des données publiées et relayées par Les Échos.

Adolfo Urso, ministre des Entreprises et du Made in Italy, y voit le signe de la « résilience des entreprises italiennes à l’échelle mondiale » :

« L’OCDE certifie que nous avons dépassé le Japon et que nous sommes devenus le quatrième exportateur mondial. »

Malgré une population et un PIB bien plus modestes que ceux de ses rivaux, les entreprises italiennes tiennent bon et s’emparent de justesse de cette position, tout en restant très loin derrière l’Allemagne, les États-Unis et la Chine. Elles doivent composer avec un euro trop fort, fruit des contraintes de la zone euro, qui plombe la compétitivité à l’export, et avec des droits de douane américains renforcés sous Trump.

Là où la France étouffe sous des coûts salariaux élevés et une bureaucratie paralysante, l’industrie italienne mise sur une compétitivité assumée, des salaires contenus et une robotisation intelligente qui dope la productivité sans sacrifier l’emploi, tout en produisant des biens de qualité à des prix compétitifs.

Ce bond en avant couronne dix ans de choix payants : investissements dans l’industrie réelle plutôt que dans le gaspillage étatique ; accords Sud-Sud visant à contourner les verrouillages bruxellois. Loin derrière l’Allemagne, les États-Unis et la Chine, l’Italie trace une voie plus souverainiste, cherchant à protéger ses travailleurs des contraintes de l’UE, tout en représentant aujourd’hui 10 % des exportations de l’Union européenne.

L’Italie explose ses exportations pendant que le Japon patine

Au troisième trimestre 2025, les exportations italiennes bondissent de 12 % sur un an, à un rythme comparable à celui de la France, tandis que le Japon n’avance qu’à 1,5 %, dans un contexte économique dégradé.

Ce dynamisme porte la balance commerciale italienne à un confortable excédent de 23 milliards d’euros sur les six premiers mois de l’année, dopé par les envois vers l’Union européenne — l’Espagne en tête — et par la vigueur des échanges intra-UE.

Pendant ce temps, l’archipel nippon plonge : son PIB recule de 0,4 % cet été, malgré une politique monétaire ultra-souple. Le nouveau gouvernement de Sanae Takaichi annonce déjà un plan de relance massif, signe que Tokyo peine à redresser la barre face à l’affaiblissement de ses exportations, attribué aux droits de douane américains.

Il y a dix ans, l’Italie végétait à la septième place des exportateurs mondiaux, là où la France stagne aujourd’hui. Une forte densité d’entreprises industrielles, un rapport qualité-prix compétitif et des investissements massifs dans la robotisation expliquent cette remontée.

Le coût horaire du travail dans l’industrie italienne s’élève à 32 euros, contre 47 euros en France, selon Rexecode, qui le situe bien en dessous de la moyenne de la zone euro. Les salaires réels, après une stagnation jusqu’au début de 2021, devraient progresser de 0,4 % en 2025, d’après les projections de l’OCDE publiées en décembre, qui note toutefois que ces hausses n’apportent que des « gains modestes en termes réels ».

Meloni pousse l’Europe à ouvrir grand les portes du commerce mondial

L’Italie représente déjà 10 % des exportations de l’Union européenne, un poids significatif. Giorgia Meloni et son gouvernement ne veulent pas s’en tenir là et cherchent à accroître leur part de marché, dans un contexte de durcissement économique et commercial en Europe.

« Nous pouvons assurément faire mieux et nous devons le faire en incitant la Commission européenne, comme nous le faisons depuis le début de notre mandat, à établir de nouveaux accords de libre-échange impliquant nos entreprises », déclare Adolfo Urso.

Membre du parti Fratelli d’Italia et ancien ministre du Commerce extérieur sous Berlusconi, il estime que l’UE « doit ouvrir de nouvelles perspectives et associer les pays du Sud à notre croissance ». L’objectif ? Cibler l’Amérique latine, mais aussi l’Afrique via le plan Mattei, le Golfe persique et l’Asie du Sud-Est.

« Cela inclut l’Amérique latine, le plan Mattei pour l’Afrique, le Golfe persique et l’Asie du Sud-Est. L’UE doit faire ce que les États-Unis ne savent plus faire », ajoute-t-il lors d’une conférence rapportée par Il Sole 24 Ore Radiocor.

Face à un dollar faible qui favorise les exportateurs américains, et à des droits de douane qui plombent les entreprises italiennes, Tajani presse la BCE de baisser ses taux directeurs pour « réduire la force de l’euro ». Pour Rome, c’est aussi une manière de desserrer l’étau monétaire et de préserver son tissu productif.

« Un dollar de plus en plus faible et un euro de plus en plus fort mettent en difficulté nos exportateurs, en plus des droits de douane », résume-t-il.

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