🔥 Les essentiels de cette actualité
- Les marchés financiers ont plongé dans l’aversion au risque après les poursuites contre la Fed, faisant grimper l’or à un sommet historique de 4 599 dollars, un signal d’alarme pour les investisseurs.
- Jerome Powell a réagi en dénonçant les ingérences politiques, affirmant que les menaces visent à miner l’indépendance monétaire de la Fed, alors que son mandat s’achève en mai.
- Les Bourses européennes chutent et le dollar s’affaiblit, révélant les tensions croissantes qui pourraient amplifier la volatilité des marchés.
- Les experts recommandent de se tourner vers les métaux précieux, pour atténuer les risques inflationnistes face à une possible politisation de la politique monétaire.
Lundi 12 janvier, les marchés financiers ont brutalement basculé dans l’aversion au risque, à la suite de l’annonce des poursuites pour fraude lancées par le ministère de la Justice contre la Fed. Les investisseurs, sentant le sol trembler sous les pieds de l’institution, se ruent vers les valeurs refuges. L’or grimpe à un sommet historique de 4 599,87 dollars l’once, avant de se stabiliser vers 9 h 15 à 4 587,17 dollars, soit une hausse de 1,72 %.
L’argent n’est pas en reste : il bondit même de 5,59 % à 84,319 dollars, après un pic à 84,609 dollars. Ces métaux précieux deviennent le bouclier idéal contre un système financier perçu comme manipulé, où l’indépendance monétaire vole en éclats sous les ingérences politiques, comme le souligne Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB, auprès de l’AFP, en notant que :
« Les métaux précieux bénéficient d’un nouveau regain d’aversion au risque » face à ces nuages judiciaires.
En Europe, les Bourses trinquent en début de séance. Vers 9 h 35, Paris plonge de 0,52 %, Milan de 0,65 %, Londres de 0,14 % et Francfort de 0,03 %. Le dollar s’affaiblit de 0,41 % face à l’euro, à 1,1685 dollar pour un euro autour de 9 h 15. Cette fuite vers la sécurité sonne comme un cri d’alarme : les marchés rejettent une gouvernance déconnectée, où les technocrates freinent la croissance au nom d’une autonomie monétaire d’un autre âge.
Powell contre-attaque : la convocation du DOJ
Jerome Powell sort du bois avec un communiqué cinglant diffusé dimanche, renforcé par une vidéo postée sur le site de la banque centrale. Il y révèle avoir reçu une convocation du ministère de la Justice, liée à son audition de juin devant le Congrès. Une procédure qui pourrait déboucher sur une mise en accusation de la Fed elle-même, dans un climat où Donald Trump pousse sans relâche pour des baisses de taux, alors que l’inflation reste coincée au-dessus de 2 %.
« Cette menace n’est pas au sujet de mon témoignage. C’est un prétexte, la menace de poursuites est la conséquence de la volonté de la Fed de décider de ses taux dans le meilleur intérêt du public plutôt que pour répondre aux préférences du président » a lancé Powell.
Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB, note que les menaces judiciaires visant la Fed alimentent les craintes quant à l’indépendance de l’institution. L’or et l’argent envoient un signal clair : quand les élites technocratiques dérivent, les investisseurs avisés se tournent vers les métaux précieux pour protéger leur épargne.
Trump passe à l’attaque sur le budget de la Fed, accusant la banque centrale d’avoir gonflé à 3,1 milliards de dollars les coûts de rénovation de son siège, contre 2,7 milliards initialement prévus, évoquant même des soupçons de fraude dans ces dépassements. Jerome Powell balaie ces allégations d’un revers de main, mais le mal est fait.
Cette offensive arrive au pire moment : le mandat de Powell s’achève en mai, et tout le monde se demande si le prochain patron de la Fed osera tenir tête à la Maison-Blanche.

Marchés sous pression : volatilité accrue si la Fed perd son autonomie
« Le mandat de Jerome Powell s’achève en mai. La dernière initiative de Trump signifie que le marché aura peu confiance dans l’indépendance du prochain président de la Fed vis-à-vis de la Maison-Blanche », a souligné Kathleen Brooks.
Elle ajoute que les marchés pourraient envoyer un message au président : une politique étrangère interventionniste est une chose, mais une ingérence excessive dans les affaires intérieures n’est pas bienvenue, avec le risque d’un épisode de volatilité qui pourrait secouer les places financières. Les marchés ne rigolent pas. L’or qui flambe et les Bourses qui toussent constituent le signal d’un système sous tension, où les investisseurs avisés se ruent sur les métaux précieux pour se blinder contre cette dérive institutionnelle.
Si la Fed se retrouve muselée par les ingérences politiques, incapable de piloter sa politique sur des données économiques réelles et laissant l’inflation repartir à la hausse, mieux vaut se tourner vers des actifs solides. Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote, note auprès de l’AFP qu’« il faut privilégier les actifs qui atténuent les risques inflationnistes » comme « l’or, les matières premières, les actions à dividendes et la technologie. »
Kathleen Brooks observe que « le dollar recule, et la stratégie de “vente des actifs américains” pourrait revenir sur le devant de la scène, les investisseurs remettant une nouvelle fois en question l’indépendance de la Fed ». Les sommets de l’or ne trompent pas : c’est un signal clair pour protéger son épargne face à un système qui déraille.
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