🔥 Les essentiels de cette actualité
- Élisabeth Borne présente ses priorités pour la rentrée 2025-2026 : un professeur par classe et soutien aux élèves en difficulté.
- Réforme du contrôle continu du bac pour préserver sa valeur, malgré les doutes sur son prestige.
- Nomination de référents en santé mentale dans chaque département pour aider les jeunes en détresse.
- Introduction controversée de l’IA à l’école avec des cours obligatoires et formation des enseignants.
Mercredi 27 août, Élisabeth Borne a tenu une conférence de presse pour présenter ses priorités pour la rentrée 2025-2026 des 12 millions d’élèves.
Au programme : un professeur devant chaque classe, un soutien aux élèves en difficulté, la réforme du contrôle continu du bac et des référents en santé mentale.
Elle a aussi annoncé que chaque école, collège et lycée devra organiser une réunion de rentrée par niveau et adopter une charte officielle pour encadrer les relations avec les parents.
Le timing ne manque pas d’ironie : alors que son maintien au poste semble plus précaire que jamais, la conférence ressemblait à un adieu anticipé.
Les promesses de Borne sur le budget de l’Éducation
Même sur le départ, la ministre promet monts et merveilles pour le budget de l’Éducation nationale, qui, selon elle, est plus important de l’État.
L’objectif principal est clair : mettre un professeur devant chaque classe, alors que la crise d’attractivité du métier fragilise le système.
Borne a assuré :
« Tous les rectorats sont sur le pont pour qu’il y ait un professeur devant chaque classe. À ce stade, les éléments sont rassurants. »
On se demande bien comment ils vont résoudre cette crise d’attractivité qui perdure depuis des années. Des postes non pourvus, des contractuels recrutés à la va-vite… La belle promesse d’une éducation de qualité pour nos enfants s’éloigne.
La réforme du contrôle continu et la dévaluation du bac
Face à un bac qui perd son prestige, la ministre tente de sauver les meubles. Elle a reconnu « les interrogations sur la valeur du baccalauréat » avant de lancer sa réforme du contrôle continu.
Elle redoute que l’on puisse « laisser s’installer le doute sur la valeur de ce diplôme », distribué à plus de 80 % d’une génération.
Pressée d’agir, elle a annoncé une mesure bureaucratique :
« Dès cette semaine, les proviseurs devront élaborer un projet d’évaluation précisant clairement quelles évaluations seront prises en compte pour le contrôle continu du baccalauréat, donc aussi pour Parcoursup ».
Concernant les « modalités de correction » du bac, Élisabeth Borne a indiqué qu’il ne « serait plus possible » que des élèves ayant obtenu moins de 8 sur 20 soient rattrapés pour accéder à l’oral.
Cette énième réforme risque fort de rejoindre la longue liste des rustines inefficaces appliquées sur notre système éducatif en déroute.
La santé mentale des jeunes
La santé mentale des jeunes se dégrade, et un étudiant sur cinq présente des signes évidents de détresse psychologique.
Face à cette situation, la ministre a annoncé la nomination d’un « conseiller dédié » dans chaque département, une mesure qui ressemble à un pansement sur une jambe de bois.
Le gouvernement prévoit également la mise en place, dans chaque école, d’un « protocole » pour repérer les élèves en difficulté.
Les établissements devront aussi identifier deux « personnels référents ».
Mais qui seront ces référents ? Et quelle formation recevront-ils pour gérer des problématiques aussi lourdes que la dépression ou les pensées suicidaires chez nos jeunes ?
L’introduction de l’IA dans l’éducation : une mesure controversée
Par ailleurs, le gouvernement s’attaque à l’introduction de l’intelligence artificielle à l’école. Un plan prévoit des cours obligatoires dans les collèges et lycées.
Dès la rentrée, tous les élèves suivront ces nouvelles « formations » sur l’IA. Les collégiens de 4ᵉ, lycéens de seconde et apprentis en CAP n’auront pas le choix — encore une obligation décidée d’en haut, sans consultation.
Ces jeunes, déjà familiers avec ces outils, recevront désormais la version officielle de ce qu’est une « bonne pratique ».
Le ministère se concentre aussi sur la formation des enseignants afin d’uniformiser les pratiques. Les professeurs suivront des formations massives pour transmettre correctement le message voulu par l’Éducation nationale.
Pour centraliser et suivre cette mise en œuvre, une plateforme baptisée « UNIA » sera créée dans les mois à venir — un nouvel outil qui pourrait aussi servir à contrôler l’adhésion des enseignants à la doctrine officielle.
La politique éducative envers les parents
Cette attention portée aux enseignants n’est qu’une facette de la réforme. Une autre concerne les relations avec les parents. Borne a annoncé vouloir encadrer ces interactions.
Selon elle, il faut « permettre la pleine implication des parents ».
À partir de septembre, chaque école, collège et lycée devra organiser « une réunion de rentrée par niveau » et disposer d’une « charte des relations école-parents ».
IMPORTANT - À lire
Cette rentrée scolaire s'annonce mouvementée avec les réformes d'Élisabeth Borne. Entre contrôle continu, santé mentale et IA, le gouvernement tente de rafistoler un système éducatif en perdition. Mais ces mesures suffiront-elles à redresser la barre ?
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