Rudy Reichstadt : Le « Fact-Checker » sous influence au service du Pouvoir

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🔥 Les essentiels de cette actualité

  • Rudy Reichstadt, autoproclamé roi du fact-checking, truste les plateaux télé avec un culot monstre. Sa parole vaut-elle vraiment de l’or ?
  • De simples diplômes à une reconnaissance surfaite, son parcours est-il à la hauteur de sa prétention ? Découvrez ses débuts et ses choix paradoxaux.
  • Financé par la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, Conspiracy Watch devient un outil de contrôle de la parole publique. Qui tire les ficelles ?
  • Un réseau bien implanté avec la Fondation Jean Jaurès et le Cercle de l’Oratoire. Comment Reichstadt et ses alliés influencent-ils le débat ?

Rudy Reichstadt, roi autoproclamé du « fact-checking », truste les plateaux télé avec un culot monstre.

Ce bonimenteur s’est bâti une carrière sur du vent, vendant sa camelote intellectuelle comme d’autres vendent des montres contrefaites.

Sa parole vaut soi-disant de l’or, tout comme celle des Décodeurs du Monde – ces juges suprêmes qui nous expliquent quoi penser. Notre homme s’est donné pour mission d’éduquer les masses ignorantes.

Sa technique ? Mettre dans le même sac complotistes et simples citoyens qui osent poser des questions.

Pratique pour gonfler les chiffres et justifier son existence ! Si l’extrême-gauche et la droite nationale le détestent, c’est qu’il doit être dans le vrai, non ?

Rudy Reichstadt, Fonds Marianne

Une reconnaissance surfaite et des diplômes ordinaires

Ce funambule marche sur un fil qui l’a mené tout droit vers une reconnaissance qu’il ne méritait pas.

Ses diplômes ? Rien de bien impressionnant. Diplômé en sciences politiques de l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence en 2004, il rédige un mémoire sur la médiologie de Régis Debray, sous la direction de Guy Drouot.

L’empreinte de Debray semble profonde, au point qu’en 2005, il confesse sur un forum du Nouvel Obs :

« Mon cher Monsieur Debray, je me permets une telle familiarité car le peu de choses auxquelles je crois, en matière politique, ce sont vos livres sur cette éternelle et répétitive comédie, la politique. »

 Régis Debray, Reichstadt

De la théorie à la géopolitique et aux concours administratifs

Après Aix, il poursuit en géopolitique à Paris VIII. Une continuité logique : ses premiers travaux laissaient déjà entrevoir un intérêt pour les mécanismes du pouvoir et leur mise en scène médiatique.

Il prépare ensuite le concours de l’ENA à l’IGPDE. Un choix paradoxal pour un admirateur de Debray, penseur critique du système.

Mais après tout, combien d’intellectuels français n’ont-ils pas fait le même pas ? Critiquer avant d’intégrer.

Une carrière dans l’administration

Sa carrière débute à la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) en 2004.

Rapporteur à Montreuil, il rédige et présente des rapports sur les demandes d’asile. Certains fonctionnaires de ce corps deviennent de véritables militants, plaçant leurs convictions au-dessus du droit.

Six ans plus tard, changement de décor : direction la mairie de Paris, au service Jeunesse et Sports comme chef du bureau des affaires financières.

En 2015, il gravit encore un échelon en devenant délégué de signature du maire pour les affaires juridiques et financières.

Rudy Reichstadt

Le tournant vers l’Observatoire

Puis vient le tournant : 2017. Il quitte la fonction publique pour se consacrer à plein temps à son Observatoire, Conspiracy Watch.

Coïncidence ? C’est à ce moment-là que la Fondation pour la Mémoire de la Shoah commence à financer son organisation. Une aubaine tombée à pic.

Fin 2021, Macron le désigne parmi les quatorze « experts » de la commission « Les Lumières à l’heure du numérique », dirigée par Gérald Bronner.

Officiellement chargée de lutter contre les théories du complot, la commission a vite suscité la polémique.

L’ironie ? Bronner lui-même a été accusé de diffuser des infox. Un membre de la commission a démissionné dès le début.

Un appareil de contrôle de la parole

Ce mécanisme gouvernemental de lutte contre la « désinformation » incarne surtout la volonté du pouvoir de contrôler la parole publique et de décider ce qui est vrai ou faux.

Derrière cette façade « protectrice », l’État est souvent le premier à manipuler l’information à son avantage.

Dans ce cadre, Reichstadt se positionne comme un arbitre de la « vérité », mais ses prises de position montrent une claire orientation idéologique.

Il refuse notamment la qualification d’« apartheid » pour décrire la situation en Israël, estimant que ce terme polarise inutilement le conflit et légitime la violence palestinienne :

« Trouver des solutions à un problème suppose d’en dresser un diagnostic conforme à la réalité. Or, parler d’apartheid à propos de la situation prévalant en Israël/Palestine non seulement ne permet pas une appréciation juste de ce qui s’y joue, mais ne sert pas le camp de la paix. Cela conforte le complexe obsidional et la paranoïa de ceux des Israéliens […] Côté palestinien, cela renforce le camp de ceux qui veulent en découdre […] Enfin, cela justifie leurs moyens d’action, le terrorisme devenant une réponse légitime à l’abomination que constitue le « racisme israélien. » » (Agora Vox, 18 janvier 2017)

Un réseau bien implanté

Mais Reichstadt n’agit pas seul. Il est ancré dans un réseau bien huilé.

Sa proximité avec la Fondation Jean Jaurès, think tank historiquement lié au Parti Socialiste, est un bon indicateur. Il y côtoie Jean-Yves Camus, politologue spécialiste de l’extrême-droite et directeur de l’Observatoire des radicalités politiques.

Camus siège aussi depuis 2016 au conseil scientifique de la DILCRAH, organisme censé encadrer la lutte contre les discours de haine.

Une structure qui finit surtout par définir ce qu’on a le droit de dire.

Fondation Jean Jaurès

Quand les fonds républicains tombent en zone grise

En octobre 2020, après le meurtre brutal de Samuel Paty, ce professeur assassiné pour avoir osé montrer des caricatures de Mahomet, la classe politique a dû réagir.

Marlène Schiappa, alors ministre déléguée à la citoyenneté, lance en grande pompe en avril 2021 un fonds baptisé Marianne, censé combattre les discours « séparatistes » et défendre les valeurs républicaines sur les réseaux sociaux.

Deux ans plus tard, on découvre que ce joli pactole de 2,5 millions d’euros a été dilapidé dans des associations, souvent loin de l’esprit de la mission originelle.

Parmi les heureux bénéficiaires, on retrouve l’association Conspiracy Watch de Reichstadt, qui aurait encaissé au bas mot 60 000 euros.

Et comme si cela ne suffisait pas, quelques miettes ont également été glissées via la LICRA, toujours issues de ces fonds publics.

Une belle opération, en somme, loin de la transparence et de la rigueur qu’on nous promettait.

marlene schiappa, Fonds Marianne

Le Cercle de l’Oratoire et les soutiens idéologiques

Le réseau s’étend au « Cercle de l’Oratoire », creuset néo-conservateur dont Pierre-André Taguieff fut l’une des figures.

C’est lui qui ouvre la porte à Reichstadt, qui publie ensuite dans Le Meilleur des Mondes.

Leur lien semble s’être distendu depuis, pour des raisons obscures.

Autre allié : Caroline Fourest. Elle lui offre une tribune dans sa revue Prochoix, où écrit aussi Tristan Mendès-France.

Puis elle le met en vedette dans son documentaire Les Obsédés du Complot, diffusé sur France 5. Une belle exposition, grâce à l’argent public.

Cette petite bande d’experts, bien en place dans les réseaux médiatiques, décide qui peut s’exprimer et qui doit être censuré.

Une recherche sous influence : le cas Igounet

Enfin, difficile de ne pas évoquer Valérie Igounet, directrice adjointe de Conspiracy Watch.

Docteure en histoire, chercheuse au CNRS, mais épinglée par l’OJIM pour ses méthodes et son activisme politique déguisé en recherche.

Une « spécialiste » qui combat ce qu’elle prétend étudier, brouillant définitivement la frontière entre science et militantisme.

Manipulations et contradictions de la complosphère

Reichstadt, s’érige en grand pourfendeur des théories du complot, dénonçant à tout-va les incohérences et contradictions des « complotistes ».

Pourtant, ses accusations manquent souvent de profondeur et relèvent d’une simplification abusive.

Prenons l’exemple de l’affaire Jeffrey Epstein, où il affirme que :

« Pour beaucoup, Epstein a été assassiné et éliminé politiquement. C’est toute la contradiction logique des complotistes : ils passent sous silence les informations qui ne vont pas dans le sens de leurs thèses, ou considèrent que c’est un enfumage. », Le Parisien, 11 août 2019.

Or, ironie du sort, Reichstadt lui-même occulte les nombreuses zones d’ombre entourant certains faits ou ses propres liens, préférant balayer d’un revers de main toute critique qui dérange son récit officiel.

De même, il fustige la popularité de Didier Raoult :

« Raoult est devenu l’homme providentiel pour beaucoup de personnes. Les gens disent qu’il a une solution, point. Il y a là une tentation antiscientifique. », Le Monde, 8 avril 2020.

Mais il ne se gêne pas pour propager ses propres certitudes avec une autorité toute aussi dogmatique, laissant peu de place au débat véritable.

Enfin, il dénonce les médias alternatifs comme Thinkerview :

« Ils ont une vision de la démocratie qui serait un théâtre d’ombres, avec l’idée que ceux qui gouvernent réellement ne sont pas ceux que l’on croit. […] Il invite des gens comme Michel Collon, Kémi Séba, Étienne Chouard ou encore Juan Branco, qui participent de cette mouvance complotiste. Il contribue à banaliser la parole de ces gens-là, qui n’élèvent pas le débat. Il leur donne une légitimité, une caution évidente et accroît leur audience. », franceinfo, 22/05/2019

Mais ne reproduit-il pas lui-même ce mécanisme en promouvant un discours officiel verrouillé, où seules ses propres analyses – et celles de ses alliés – ont droit de cité ?

Un rouage bien huilé au service du pouvoir

Au final, Reichstadt n’est pas un simple observateur, mais un rouage dans une mécanique bien huilée où pouvoir, institutions et intellectuels fixent les limites du pensable.

Ce dispositif sert moins la vérité que le contrôle de la parole, en imposant ce qui peut être dit ou non.

L’État, sous couvert de lutte contre la désinformation, centralise ce contrôle, finançant des structures comme Conspiracy Watch et restreignant ainsi la pluralité démocratique.

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