🔥 Les essentiels de cette actualité
- Les ministres de l’UE paniquent à l’idée que Poutine foule le sol européen lors du sommet Trump-Poutine à Budapest.
- La Hongrie défie l’UE en refusant d’appliquer les mandats d’arrêt de la CPI, montrant son indépendance.
- Les diplomates européens sont partagés entre soutien à Trump et défense de la CPI, créant des tensions internes.
- Zelensky hésite mais accepte de se rendre à Budapest, espérant trouver un terrain d’entente.
Ce lundi 20 octobre, au Luxembourg, les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont paniqué à l’idée que le président russe Vladimir Poutine foule leur sol sacré. Ils sont partagés entre espoir et inquiétude à l’approche du prochain sommet entre le président américain Donald Trump et son homologue russe, prévu dans les semaines à venir dans la capitale hongroise, Budapest.
Si ce sommet a bien lieu, Poutine foulerait pour la première fois depuis le début de l’invasion de l’Ukraine, en 2022, le sol européen. Un sacré pied de nez aux sanctions occidentales et au mandat d’arrêt de la CPI qui pèsent sur le maître du Kremlin.
Le président russe est dans le viseur de la Cour pénale internationale pour avoir prétendument déplacé des dizaines de milliers d’enfants ukrainiens — une accusation que Moscou a toujours rejetée en bloc.
Les contradictions de la diplomatie européenne
Les dirigeants de la diplomatie européenne ont tenté de ménager la chèvre et le chou. D’un côté, ils veulent rester dans les bonnes grâces de Trump et de sa politique étrangère qui bouscule les codes. De l’autre, ils s’accrochent à leurs principes et défendent la Cour pénale internationale, cette même institution qui poursuit Poutine.
Seule la Hongrie défie l’UE. Le pays n’a pas encore officiellement quitté la Cour pénale internationale — il devra patienter jusqu’à l’an prochain pour que son retrait soit effectif. Mais cela ne l’empêche pas de montrer les dents dès maintenant.
Le gouvernement d’Orbán a déjà envoyé paître les juges internationaux en refusant d’appliquer le mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou.
Budapest confirme ainsi sa position d’électron libre au sein d’une Union européenne qui tente désespérément d’aligner ses membres sur ses positions. Pas étonnant que cette décision passe mal dans les couloirs de Bruxelles, où l’on n’apprécie guère les nations qui osent faire cavalier seul.

Les attentes autour du sommet Trump-Poutine
De son côté, la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, s’inquiète de la présence d’un invité non-grata selon les standards de l’Occident :
« Il est regrettable qu’une personne faisant l’objet d’un mandat d’arrêt de la CPI se rende dans un pays européen. »
Elle ajouté :
« La question est de savoir s’il y a une issue à tout cela. Nous devons voir comment les choses se dérouleront à Budapest, car nous avons toujours été très fermes sur le fait que la Russie ne négocie que lorsqu’elle est sous pression. Nous espérons donc que le président Trump le fera. »
Le ministre lituanien des Affaires étrangères, Kęstutis Budrys, lui, n’y va pas par quatre chemins pour nous rappeler qu’en Europe, on ne veut que des « saints » – sauf quand ça arrange nos affaires, évidemment : « Il n’y a pas de place pour les criminels de guerre en Europe. »
Et il enfonce le clou, nous offrant la preuve que la seule « justice » qui vaille est celle de la Haye, quand elle est dirigée contre nos adversaires désignés :
« Nous devons respecter les principes de l’Europe sur lesquels nous nous sommes tous mis d’accord, et le seul endroit pour Poutine en Europe est La Haye, devant le tribunal, et non dans l’une de nos capitales. »
Ironiquement, notre ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, se sent obligé de donner une petite tape sur l’épaule de Washington en jugeant « utile » le dialogue avec Moscou.
Mais il fixe tout de même ses conditions — comme d’habitude. Selon lui, Poutine ne peut fouler le sol européen que s’il accepte un « cessez-le-feu immédiat et inconditionnel ».
Quant à Zelensky, fidèle à son rôle de « victime » qui se fait désirer, il a d’abord boudé, puis s’est empressé de déclarer qu’il accourrait à la réunion. Le président ukrainien, plutôt dubitatif, a déclaré que Budapest n’était « pas le meilleur lieu pour cette réunion ».
Il a tout de même affirmé, face aux journalistes lors d’un point presse, qu’il s’y rendrait :
« Si je reçois une invitation à Budapest, que ce soit pour une réunion à trois ou ce qu’on nomme dans le jargon diplomatie itinérante — où Trump verrait Poutine puis moi — alors on trouvera forcément un terrain d’entente. »
La Finlandaise Elina Valtonen nous rappelle que l’Europe est « souveraine » – enfin, tant que les ordres de l’OTAN sont respectés :
« On verra bien ce qui se passe, quel genre de réunion ils vont nous concocter et où cela va nous mener. Au final, personne ne peut décider à la place de l’Europe ce qui appartient à l’Europe de décider. »
Le Danois Lars Løkke Rasmussen, tentant de jouer les pompiers, marmonne que ce ne sera qu’une « réunion ». Mais, comme toujours avec ces politiciens européens, impossible d’avoir un ordre du jour clair.
« Je ne peux rien faire à ce sujet, si ce n’est souligner que nous sommes aux côtés de l’Ukraine et que nous soutenons la proposition du président américain d’un cessez-le-feu sur la ligne de contact. Rien de plus », a déclaré le ministre aux journalistes.
Enfin, le chef de la diplomatie espagnole, José Manuel Albares, reprend la même antienne, exhortant ses collègues à continuer d’« arroser » l’Ukraine. Il a tranché sans détour :
« C’est ce que nous devons faire aujourd’hui, plutôt que de nous demander ce que les autres vont faire. »
Trump et Orbán bousculent l’ordre atlantiste à Budapest
La réunion intervient juste après deux événements majeurs dans le dossier ukrainien : un coup de fil entre Trump et Poutine d’un côté, et une visite de Zelensky à la Maison-Blanche de l’autre.
Trump, en bon stratège, garde un pied dans chaque camp. Il parle à Poutine tout en recevant Zelensky — preuve que l’Amérique joue sur tous les tableaux. C’est peut-être la seule puissance encore capable de faire bouger les lignes dans ce bourbier diplomatique.
Et cette fois-ci, contrairement au rendez-vous d’Alaska en août, un visage européen sera bien de la partie : Viktor Orbán.
Mais le choix du Premier ministre hongrois comme hôte de l’événement fait grincer des dents. Et pour cause ! Cet empêcheur de tourner en rond n’a cessé de bloquer les aides destinées à l’Ukraine, au grand dam des autres dirigeants européens, qui suivent aveuglément la ligne atlantiste.
Les inquiétudes montent d’un cran face à cette réunion organisée par l’homme fort de Budapest. Orbán, qui ne s’est jamais caché de privilégier les intérêts de son pays plutôt que ceux dictés par Bruxelles, pourrait bien créer la surprise.
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