🔥 Les essentiels de cette actualité
- L’ICE utilise Graphite, un logiciel espion redoutable capable de s’infiltrer dans les portables et de contourner les protections comme Signal.
- Le contrat de 2 millions de dollars avec Paragon Solutions relancé sous Trump, stoppé par Biden, puis réactivé après le rachat par une firme américaine.
- Graphite a ciblé des journalistes et activistes, révélant une surveillance généralisée des voix dissidentes, similaire aux attaques de Pegasus.
- Les décisions prises dans l’ombre menacent la liberté d’expression et la vie privée, soulevant des questions sur le contrôle gouvernemental.
L’ICE (Service de l’immigration et des douanes des États-Unis) s’équipe maintenant du redoutable logiciel Graphite, un véritable poison numérique capable de s’infiltrer dans n’importe quel portable.
The Guardian a levé le voile sur cette cyber-arme parmi les plus dangereuses au monde. Une fois installé, ce mouchard permet à l’agent de suivre chaque mouvement de sa cible, d’épier ses conversations, de fouiller ses albums photos et même de lire ses messages les plus confidentiels.
Même les applis comme Signal, censées protéger nos communications avec un chiffrement soi-disant inviolable, ne résistent pas à cette intrusion.
Le gouvernement américain renforce ainsi son arsenal de surveillance. Le 30 août, l’administration Trump a donné son feu vert à un contrat de 2 millions de dollars avec Paragon Solutions, une entreprise israélienne rachetée par une société américaine, permettant de réactiver ce deal sulfureux, comme l’a révélé Jack Poulson.

La surveillance de masse s’intensifie
En octobre, Biden stoppait net le contrat avec Paragon, invoquant des craintes que le logiciel ne respecte pas les normes américaines en matière de sécurité et de droits humains, comme l’a révélé Jack Poulson.
Mais aujourd’hui, c’est une autre histoire : après le rachat de Paragon par une société américaine, Graphite, désormais sous pavillon américain, sera bel et bien utilisé par les services d’immigration.

Les attaques sophistiquées contre les journalistes
Paragon Solutions n’en est pas à son premier scandale. En décembre dernier, le quotidien britannique The Guardian révélait qu’une centaine de journalistes et activistes, dont des défenseurs des droits humains critiques envers la politique migratoire italienne, avaient été ciblés par une attaque via WhatsApp utilisant le logiciel Graphite.
Le plus inquiétant ? Les auteurs de ces attaques sophistiquées n’ont jamais été identifiés. Une zone d’ombre supplémentaire qui soulève des questions sur la surveillance généralisée des voix dissidentes.
Un schéma qu’on retrouve dans de nombreux pays occidentaux, où la traque des opinions alternatives s’intensifie sous couvert de « sécurité nationale ».

Les révélations de Forbidden Stories
Impossible de ne pas faire le rapprochement entre Graphite et le tristement célèbre logiciel Pegasus de NSO Group.
Ces deux outils d’espionnage, fabriqués par des entreprises israéliennes concurrentes, ont semé la pagaille. Le consortium de journalistes Forbidden Stories avait exposé que Pegasus avait servi au Maroc pour fouiner dans les téléphones d’Emmanuel Macron et d’autres membres du gouvernement français, provoquant des tensions diplomatiques.
Mais qui s’étonne encore de ces pratiques d’espionnage quasi-systématiques des élites politiques ? Encore un exemple de comment nos dirigeants, qui nous imposent lois et restrictions, se retrouvent eux-mêmes vulnérables face aux outils qu’ils autorisent en coulisses.

Inquiétudes et réactions internationales
« Les logiciels espions comme Graphite de Paragon représentent une menace profonde envers la liberté d’expression et la vie privée », s’indigne Nadine Farid Johnson, directrice d’un institut défendant la liberté d’expression à Columbia, dans une déclaration au Guardian.
« Le fait que le gel du contrat ait été levé dans le silence soulève aussi la possibilité inquiétante qu’une partie du pouvoir exécutif soit en train d’agir sans adhérer au propre processus de contrôle du gouvernement. »
Le seul élément limitant pour l’instant est le budget alloué : 2 millions de dollars versés par l’ICE à Paragon, ce qui restreint l’usage massif de Graphite, selon France 24.
En février, les eurocrates de Bruxelles se sont fait interpeller sur l’affaire Graphite, ce logiciel espion utilisé par des hackers. Ils ont condamné l’attaque contre des journalistes survenue en décembre 2024.
La Commission nous a servi sa réponse habituelle : le règlement européen sur la liberté des médias, partiellement entré en vigueur en août, va soi-disant « mieux protéger » les journalistes contre l’espionnage.
IMPORTANT - À lire
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