🔥 Les essentiels de cette actualité
- L’Arcom alerte Bruxelles sur la mode dangereuse « Skinnytok » qui sévit sur TikTok, exposant les jeunes à des contenus glorifiant la maigreur extrême.
- En un mois, 5522 publications et près de 100 millions de vues ont été enregistrées, montrant l’ampleur du phénomène et l’urgence d’agir.
- TikTok a tenté de bloquer le mot-clé, mais les internautes trouvent des alternatives, révélant l’inefficacité des mesures actuelles.
- Les autorités réagissent tardivement, laissant les parents livrés à eux-mêmes face à ces géants du numérique qui privilégient l’argent à la santé des enfants.
L’Arcom vient de transmettre à Bruxelles les résultats de son enquête sur cette mode « Skinnytok » qui fait des ravages chez les ados. On a appris jeudi que le régulateur français s’est enfin décidé à agir contre TikTok, où des milliers de vidéos glorifient la maigreur extrême auprès de jeunes filles.
Le phénomène a explosé au printemps dernier. C’est seulement après que la presse en a parlé, début avril 2025, que les autorités ont daigné s’y intéresser. Les chiffres font froid dans le dos : en à peine un mois, entre le 24 mars et le 24 avril, 5 522 publications ont circulé sur cette thématique malsaine.
L’ampleur est sidérante. D’après l’enquête, plus de 3 000 créateurs de contenu ont propagé cette mode dangereuse. La plupart postent en anglais, mais les enfants français y sont tout autant exposés. Au total, ces vidéos ont cumulé près de 100 millions de vues et récolté 9,5 millions de « j’aime », ce qui montre à quel point le contrôle parental est devenu une chimère face à ces géants du numérique.
#TIKTOK #LILLE ???? Ce soir, j’ai organisé un échange essentiel autour des dangers de TikTok sur les mineurs, en présence de ma collègue @Laure_Miller , rapporteure de la commission d’enquête parlementaire sur ses effets psychologiques. Son travail est sans appel : addiction,
Les contenus dangereux de « Skinnytok »
Dans son rapport, l’Arcom dévoile le côté sombre des contenus « Skinnytok » qui pullulent sur TikTok. Ces vidéos font l’éloge de modes de vie soi-disant sains, qui cachent en réalité des comportements dangereux. Elles « mettent en avant des habitudes alimentaires restrictives, des morphologies parfois très minces, ainsi que des comparaisons corporelles, sous couvert de motivation ou de promotion d’un mode de vie “sain” ».
On y trouve des conseils comme « sauter des repas » ou « s’entraîner jusqu’à l’épuisement » pour atteindre une maigreur idéalisée, ainsi que des pratiques ultra-restrictives telles que « ne pas manger » ou « faire toujours plus de sport », dans le but d’être le plus mince possible.
Le phénomène s’amplifie particulièrement à l’approche de l’été, période où ressurgissent les injonctions sociales anciennes sur le corps féminin. L’Arcom note que ces injonctions, loin d’être nouvelles, trouvent dans les réseaux sociaux un terrain fertile pour se propager auprès d’un public jeune et vulnérable. Les algorithmes de TikTok amplifient ces messages toxiques, les rendant omniprésents dans le fil d’actualité de millions d’utilisateurs, souvent mineurs.
Selon l’Arcom, « ce phénomène est susceptible de représenter un risque de santé publique », particulièrement pour les jeunes. Et ils sont nombreux : 16 % des utilisateurs sont mineurs et passent en moyenne plus de 28 heures par mois à faire défiler ces vidéos.

Les mesures insuffisantes de TikTok
Le réseau social s’est contenté de bloquer le mot-clé « Skinnytok » sans vraiment s’attaquer au problème de fond. Évidemment, les internautes ont rapidement trouvé des alternatives, des mots-clés similaires, pour contourner ce blocage de façade.
« Il a fallu attendre la mobilisation citoyenne via une pétition et l’intervention des pouvoirs publics pour que la plateforme prenne enfin des actions concrètes », déplore l’Arcom.
Les parents, livrés à eux-mêmes face à ces géants du numérique, doivent redoubler de vigilance. Comme d’habitude, l’argent passe avant la santé des enfants, et il faut une mobilisation populaire pour que les choses bougent enfin.
En avril dernier, TikTok jurait avoir « mis en place des règles strictes contre le body shaming (dénigrement du corps, NDLR) et les comportements dangereux liés à la perte de poids » en limitant l’accès aux contenus présentant des idéaux corporels néfastes.
Le phénomène « Skinnytok » continue de faire des ravages malgré les supposées règles strictes. C’est une nouvelle preuve que l’État préfère s’immiscer dans la vie privée plutôt que de réguler efficacement ces plateformes qui influencent les jeunes.
IMPORTANT - À lire
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