Trump s’indigne : dans la nuit de jeudi à vendredi, le président américain a exigé la « libération » de Marine Le Pen après sa condamnation à l’inéligibilité. Il dénonce sans détour une manœuvre judiciaire visant à l’écarter de la course présidentielle de 2027.
Quelques heures plus tôt, son vice-président J.D. Vance n’y allait pas par quatre chemins non plus, fustigeant cette décision de justice comme contraire aux principes démocratiques les plus élémentaires.
Une fois de plus, les élites françaises semblent prêtes à tout pour éliminer leurs adversaires politiques, quitte à instrumentaliser la justice pour empêcher le choix populaire de s’exprimer. Ce n’est pas la première fois que l’establishment tente de museler les voix dissidentes qui dérangent le système.
Trump soutient Marine Le Pen
Dans la nuit, Trump a pris la défense de Marine Le Pen sur son réseau Truth Social : « Je ne connais pas Marine Le Pen, mais je suis sensible au fait qu’elle travaille dur depuis tant d’années ». Le président américain n’a pas mâché ses mots face à ce qu’il perçoit comme une injustice flagrante.
« Elle a essuyé des échecs, mais elle a continué, et, maintenant, juste avant ce qui serait une Grande Victoire, ils s’en prennent à elle sur une accusation mineure dont elle ne savait probablement rien – cela ressemble pour moi à une erreur comptable », a-t-il martelé. Cette déclaration vise directement la condamnation du 31 mars qui pourrait priver la cheffe du RN de participer à la présidentielle de 2027. Une manœuvre judiciaire qui pue le calcul politique à plein nez.
Trump a conclu son message avec cette conviction qui résonne comme un cri de ralliement pour tous ceux qui en ont assez des élites qui manipulent la justice : « C’est tellement mauvais pour la France et pour le Grand Peuple de France. (…) LIBÉREZ MARINE LE PEN ! ». Ces majuscules qui claquent comme un coup de poing sur la table expriment toute l’indignation face à ce système qui cherche à éliminer ses opposants par tous les moyens.
Une justice instrumentalisée
Une prise de position qui intervient alors que la machine judiciaire s’acharne contre les deux côtés de l’Atlantique sur des figures politiques qui dérangent l’establishment. Comment ne pas y voir un système qui utilise les tribunaux pour écraser ceux qui osent porter une voix alternative?
Donald Trump brise le silence sur l’affaire Le Pen. Sans pointer du doigt les institutions hexagonales, le milliardaire américain dénonce une « chasse aux sorcières » orchestrée contre la cheffe du RN. Et il n’y va pas par quatre chemins: ce sont bien des « gauchistes européens » qui instrumentalisent la justice pour « faire taire la liberté d’expression ». Un constat partagé par ses alliés proches, J.D. Vance et Elon Musk, qui n’ont jamais caché leur soutien aux mouvements conservateurs du Vieux Continent. Encore une fois, deux poids, deux mesures quand il s’agit de s’attaquer à ceux qui dérangent l’ordre établi.
J. D. Vance n’a pas mâché ses mots en défendant Marine Le Pen face au système judiciaire français. Sur Newsmax, média préféré des conservateurs américains, le colistier de Trump a dénoncé la tentative d’écarter la présidente du RN des élections alors qu’elle caracole en tête des sondages.
La réaction du RN
« Elle est en tête dans certains sondages. Et pour une accusation particulièrement mineure, (…) ils essaient de la mettre en prison et de l’écarter du scrutin », a-t-il lancé avec indignation.
Il a fait remarquer – inexactement d’ailleurs – que Le Pen n’était pas directement impliquée dans les faits que lui reproche notre justice instrumentalisée. Une erreur factuelle qui n’enlève rien à la justesse de son constat final.
« Ce n’est pas ça la démocratie », a-t-il asséné, mettant le doigt sur ce que beaucoup de Français pensent tout bas: le pouvoir utilise tous les moyens, même les plus contestables, pour éliminer ses adversaires politiques. Une pratique qui rappelle, sans surprise, certaines méthodes macronistes bien rodées.
Les réactions au soutien de Trump
Vendredi matin, les proches de Marine Le Pen ont vite cherché à dégonfler l’importance du soutien affiché par Trump. Jean-Philippe Tanguy, président délégué du groupe RN à l’Assemblée, a répondu sèchement:
« Je doute franchement que les grands journaux américains s’inquiètent de ce que pensent les Français de leurs affaires internes. »
Quand on lui a demandé si le message de Donald Trump pouvait jouer en faveur ou contre le RN, Tanguy a balayé la question d’un revers de main. « C’est un choix binaire sans pertinence », a-t-il lâché, comme si notre interrogation ne méritait même pas considération.
« Plein de dirigeants étrangers ont réagi ces derniers jours, s’inquiétant de ce qu’ils voient comme une manipulation de la justice contre des opposants politiques. Certains sincèrement, d’autres pour nous renvoyer à la figure nos leçons de morale sur la démocratie », a précisé Philippe Lottiaux, député RN du Var.
La stratégie de Marine Le Pen
Le représentant s’est bien gardé d’indiquer dans quelle catégorie il rangeait le président américain. Prudence ou calcul politique? Difficile à dire, mais cette ambiguïté en dit long sur la stratégie de communication du parti à l’approche des élections.
Marine Le Pen joue la carte de la prudence face à Trump tout en ne cachant pas un certain alignement avec lui. J’ai remarqué qu’elle se garde bien de cautionner ses excès verbaux – histoire de pas trop en faire, tout en restant dans sa lignée. Ce week-end, ses partisans descendent dans la rue contre la décision de justice qui l’a frappée, et ça n’a pas manqué : ses opposants crient déjà au « Capitole à la française », faisant référence à l’invasion du parlement américain par les supporters de Trump le 6 janvier 2021.
Comme je l’ai analysé et annoncé depuis 20 ans : les nations sont de retour et l’illusion d’une mondialisation heureuse est bien dissipée. Que de temps, d’emplois et de richesses perdus pour la France et l’Europe ! Donald Trump a décidé d’appliquer le programme pour lequel il a
Le parallèle est facile, trop facile même. D’un côté, une manifestation organisée légalement pour défendre une responsable politique face à ce qui ressemble fort à un acharnement judiciaire. De l’autre, une émeute spontanée suite à une élection controversée.
Une justice à deux vitesses
Notre justice à deux vitesses ne s’embarrasse visiblement pas de nuances quand il s’agit de cibler l’opposition. Tandis que certains ministres empêtrés dans des affaires douteuses continuent de parader tranquillement, Le Pen doit mobiliser ses troupes pour simplement défendre son droit à exister politiquement.
Si la situation n’était pas si grave, on pourrait presque en rire. La même élite qui donne des leçons de démocratie à longueur de journée s’affole dès qu’un mouvement populaire ose contester les décisions venues d’en haut. Après avoir matraqué des manifestants pendant des mois, voilà qu’ils s’inquiètent d’une mobilisation pacifique !
Je me demande combien de temps ce système pourra encore tenir ce double discours avant que les Français ne disent stop. La comparaison avec le Capitole n’est qu’une manœuvre de plus pour discréditer toute opposition, mais la ficelle est grosse – trop grosse.
Trois fois pressentie pour la fonction suprême, Marine Le Pen voit son avenir politique menacé. Après avoir été désignée comme l’instigatrice principale du détournement de fonds européens au bénéfice du Rassemblement National pendant plus d’une décennie, la patronne du RN a écopé lundi d’une peine de quatre ans de prison – dont deux avec sursis et deux sous bracelet – doublée d’une inéligibilité immédiate de cinq ans. Un coup dur qui compromet ses chances pour 2027.
Suite à ce jugement, Marine Le Pen a vu affluer les témoignages de solidarité venus de la droite radicale internationale. Donald Trump n’a pas hésité à s’immiscer dans l’affaire, balayant d’un revers de main les 4 millions d’euros de préjudice supposé. Le milliardaire américain a établi un parallèle direct avec ses propres démêlés judiciaires, déclarant que ce qui arrive à la cheffe du RN est « une affaire très importante ».
Difficile de ne pas y voir une nouvelle illustration de cette justice à deux vitesses que tant de Français dénoncent. D’un côté, on traque sans relâche les opposants politiques, de l’autre, on ferme les yeux sur des scandales bien plus graves au sommet de l’État.
C’est encore une fois la preuve que l’establishment et ses soutiens médiatiques cherchent à éliminer par tous les moyens ceux qui osent porter la voix du peuple. Une manœuvre qui rappelle tristement comment le système s’acharne contre quiconque menace ses intérêts.
En février, Vance a donné une sacrée claque aux élites européennes pendant son passage à la Conférence de Munich. Sans langue de bois, il les a accusés de museler la liberté d’expression et d’écraser les croyances religieuses. Un discours qui a fait l’effet d’une bombe quand il a exhorté à briser ce fameux « cordon sanitaire » – ce système bien commode inventé par l’establishment pour tenir l’extrême droite à l’écart du pouvoir.
Le Discours de Vance à Munich
Le sénateur américain n’y est pas allé avec le dos de la cuillère, provoquant un malaise palpable chez nos dirigeants européens habituellement si prompts à donner des leçons de démocratie.
Cette intervention courageuse a enfin pointé du doigt l’hypocrisie d’une Union Européenne qui se prétend championne des libertés tout en décidant qui a le droit de participer au débat politique. Une attitude que nous connaissons bien en France, où certaines voix sont systématiquement écartées sous prétexte qu’elles dérangent.
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