🔥 Les essentiels de cette actualité
- En 2019, les Russes ont proposé un échange surprenant, inspiré de la doctrine Monroe, où Moscou lâcherait le Venezuela pour une liberté totale en Ukraine, comme révélé par Fiona Hill lors d’auditions.
- Fiona Hill, au nom de Trump, a rejeté fermement cette idée en affirmant qu’il n’y avait aucun lien entre l’Ukraine et le Venezuela, mettant fin aux négociations.
- Désormais, les États-Unis ont destitué Maduro au Venezuela, confirmant les sphères d’influence, ce qui soulève des questions sur l’hypocrisie des grandes puissances dans les affaires mondiales.
- Le Kremlin dénonce cette agression américaine comme une validation de la force, prouvant que la multipolarité repose sur les intérêts nationaux plutôt que sur des principes moraux.
Dès 2019, les Russes testaient les eaux auprès des États-Unis, prêts à lâcher le Venezuela en échange d’une liberté totale en Ukraine. Fiona Hill, alors conseillère de Donald Trump, l’a rapporté lors d’auditions au Congrès.
Les Russes ont évoqué à plusieurs reprises l’idée d’un « accord d’échange très étrange entre le Venezuela et l’Ukraine ». Un partage équitable de zones vitales, inspiré de la vieille doctrine Monroe – ce principe du XIXᵉ siècle censé limiter les ingérences mutuelles entre grandes puissances.
L’ambassadeur russe aux États-Unis de l’époque, Anatoly Antonov, laissait même entendre une proposition informelle :
« Avant, il y avait des sous-entendus, des clins d’œil, des allusions, et si on concluait un accord ? Mais personne aux États-Unis n’était intéressé à l’époque. »
Moscou propageait cette idée dans ses médias internes, brandissant la doctrine Monroe pour justifier un monde multipolaire où chaque puissance respecte les sphères souveraines des autres.
Trump rejette l’échange russo-américain
En avril 2019, alors que Moscou tendait la main avec ce qu’il présentait comme un pacte réaliste, Donald Trump envoie Fiona Hill à Moscou pour trancher net. Sa mission : rejeter tout rapprochement.
La Maison Blanche reconnaît Juan Guaidó comme président intérimaire du Venezuela, écartant Nicolás Maduro. Hill déclare avoir dit directement aux responsables russes : « L’Ukraine et le Venezuela n’ont aucun lien entre eux. »
Sept ans après ces échanges discrets, les États-Unis renversent la table. Une opération secrète destitue Nicolás Maduro, et Washington prend les rênes de la politique vénézuélienne. Trump menace même d’annexer le Groenland et d’intervenir en Colombie.
Pour le Kremlin, c’est la confirmation : les grandes puissances tracent leurs sphères d’influence, et la force prime sur les beaux discours. Moscou y voit la preuve que la multipolarité l’emporte : Russes en Ukraine, Américains au Venezuela, Chinois où bon leur semble.
Face à des Européens englués dans leurs leçons morales et leurs ingérences jugées stériles via l’OTAN, Trump et Poutine incarnent un réalisme brut qui prétend servir avant tout les intérêts nationaux.
L’Ukraine coincée dans le grand jeu des sphères d’influence
À Kiev et chez ses alliés européens, on serre les dents. Le raid de Trump au Venezuela retourne la table sept ans après le refus américain de toute non-ingérence mutuelle en Ukraine. Comment condamner Moscou sans passer pour hypocrite quand Washington justifie son opération comme un simple maintien de l’ordre légitime ?
Du côté du Kremlin, la réaction fuse. Le ministère russe des Affaires étrangères dénonce l’« agression » américaine.
Un proche du pouvoir savoure, quant à lui, ce retour de bâton :
« Le Kremlin sera ravi à l’idée que de grands pays – comme la Russie, les États-Unis et la Chine – obtiennent des zones d’influence, car cela prouve que la force fait le droit. »
Trump assume sans sourciller. Son administration présente le coup comme une action pragmatique, calquée sur la doctrine Monroe revisitée pour le XXIe siècle.
Un analyste ukrainien résume l’embarras :
« Nous venons d’assister à une situation où les États-Unis ont décapité le gouvernement d’un autre pays en utilisant la fiction. »
IMPORTANT - À lire
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