🔥 Les essentiels de cette actualité
- Emmanuel Macron présentera ses vœux mercredi soir à 20 heures, en insistant sur une année d’action concrète pour 2026, loin d’un bilan passé. En promettant des avancées malgré l’absence de majorité à l’Assemblée.
- Il privilégiera les enjeux géopolitiques comme la guerre en Ukraine pour affirmer son rôle mondial, tout en évitant les crises internes comme l’inflation. Mais cette focalisation sur l’international pourrait sembler une diversion face à son impopularité croissante.
- Parmi ses initiatives, il évoquera la régulation des réseaux sociaux et le service national pour marquer son héritage en 2026. Des mesures populaires qui risquent de rester hypothétiques sans soutien parlementaire.
Emmanuel Macron prendra la parole mercredi soir à 20 heures précises pour ses vœux de fin d’année. Pas question pour lui de tirer un bilan sur un quinquennat qui s’essouffle. Au contraire, il compte marteler que 2026 doit rimer avec du concret.
« 2026 sera une année d’action. Ce ne sera pas des vœux de rétrospective », lâche-t-on dans son cercle restreint.
Ses conseillers élyséens insistent : il resterait un an et demi de « vrai pouvoir » avant la fin du mandat, et il faudrait continuer d’avancer malgré les obstacles. Sauf que le décor est rude. Sans majorité à l’Assemblée, avec une impopularité record et une autorité laminée par la perspective de la fin du mandat, le président ne peut en outre briguer un troisième tour en 2027.
L’enjeu de ces vœux ? Prouver qu’il peut encore impulser des initiatives, coincé entre l’immobilisme et l’oubli. Mais dans un pays où la vie quotidienne pèse lourd, entre factures qui explosent et doutes sur les priorités politiques, ces promesses d’avancées hypothétiques sonnent comme un pari risqué.
L’international, refuge commode pour esquiver les problèmes intérieurs
Pendant ses vacances de Noël au fort de Brégançon, Emmanuel Macron a lui-même peaufiné son texte, grattant et corrigeant jusqu’à la dernière seconde pour coller aux soubresauts diplomatiques. De retour à Paris mercredi, il ajustera encore ses mots en fonction des dernières évolutions mondiales. La géopolitique occupe une place centrale dans ces vœux, avec la guerre en Ukraine en tête d’affiche, complétée par les enjeux du Proche-Orient, du climat et des océans.
« Le sujet géopolitique sera la principale toile de fond de son allocution, parce que c’est son domaine réservé », lâche un de ses proches fidèles.
Dans un monde qui tangue de toutes parts, le président se pose en acteur engagé, comme le défend Éléonore Caroit, ministre déléguée à la Francophonie. Mais derrière ces envolées mondialistes, l’écran de fumée apparaît clairement. Alors que l’autorité du chef de l’État s’effrite, miser sur ces priorités déconnectées ressemble à une fuite en avant.
Macron pivote vers un terrain plus proche du quotidien. Il préfère dénoncer le « French bashing » permanent, en rappelant qu’on ne doit pas se voir plus petit qu’on ne l’est, plutôt que d’affronter les dossiers brûlants comme le budget et l’inflation. Malgré les nuages, il pourrait même glisser un mot sur le sursaut économique anticipé par l’Insee pour début 2026, histoire de relativiser les dégâts de la pagaille politique.
Réguler les réseaux sociaux et préparer l’héritage de 2026
« Il y a très peu d’attente des Français vis-à-vis d’un président perçu comme privé de sa capacité à agir sur le réel », selon un expert interrogé.
En écho à ses discussions récentes avec des lecteurs de la presse locale, le véritable levier populaire reste la régulation des réseaux sociaux. Un projet de loi, présenté dès le premier trimestre 2026, prévoit d’interdire ces plateformes aux moins de 15 ans et de bannir les téléphones portables au lycée.
Malgré un sondage Cluster pour La Tribune indiquant que 77 % des Français y seraient favorables, ces mesures apparaissent pour beaucoup comme une restriction excessive des libertés individuelles et une réponse simpliste à des problématiques numériques complexes.
« Nous aurons des choix à faire pour notre économie, notre démocratie, notre sécurité, nos enfants… C’est pour cela qu’en 2025, nous continuerons de décider et je vous demanderai aussi de trancher certains de ces sujets déterminants », a déclaré le président de la République.
Mais rien n’a vu le jour en 2025, la faute à la valse des gouvernements. Rien ne garantit qu’il relance le sujet ce soir, malgré les rappels en coulisses sur la tenue d’une convention consacrée aux rythmes scolaires cette année.
Ses conseillers élyséens mettent en avant des perspectives jugées plus ambitieuses pour 2026, censées laisser un semblant d’héritage : la mise en place du service national, la régulation de l’usage des réseaux sociaux et l’aboutissement de la loi sur la fin de vie.
Reste que 2026 ne sera « tout sauf une année d’immobilisme », promettent ses proches fidèles. Dans un quinquennat qui s’achève sans majorité ni soutien populaire, ces annonces ressemblent surtout à un ultime sursaut destiné à conjurer le crépuscule du pouvoir.
IMPORTANT - À lire
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