Zelensky accuse l’UE d’impuissance : « La même chose se répète »

Zelensky dénonce un an après Davos l'inertie européenne sur la défense et l'Ukraine Zelensky dénonce un an après Davos l'inertie européenne sur la défense et l'Ukraine

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • Zelensky compare l’immobilisme européen à « Un jour sans fin », dénonçant une répétition stérile d’inactions depuis des années qui exaspère Kiev, et se demande si l’Europe parviendra enfin à s’unir.
  • Il critique les réponses symboliques de l’Europe, comme envoyer peu de soldats au Groenland, qui ne protègent rien et envoient un message faible à Poutine et à la Chine, laissant l’Alliance atone.
  • Zelensky propose l’aide ukrainienne pour contrer les navires russes, mais exprime sa frustration face au refus occidental d’approvisionner en armes décisives comme les Tomahawks, risquant une escalade future.
  • Malgré les black-out à Kiev, il se rend à Davos pour convaincre Trump, soulignant que les garanties de sécurité ne fonctionnent pas sans soutien américain, et s’interroge sur l’avenir sans lui.

Face à une Union européenne paralysée, incapable de se défendre, Zelensky s’agace et dénonce son incapacité à soutenir réellement l’Ukraine. Pour lui, l’UE ressemble à « Un jour sans fin » : un cycle interminable de promesses vaines et d’impuissance répétée.

« Tout le monde se souvient du grand film américain Un jour sans fin mais personne ne voudrait vivre comme ça », a déclaré M. Zelensky.

Dans ce blocage qui exaspère Kiev, se dessine une Europe désorganisée et divisée, qui dilue ses efforts entre inflation énergétique et aides dispersées, pendant que les contribuables trinquent.

« Répéter la même chose pendant des semaines, des mois et, bien sûr, des années. Et pourtant, c’est exactement comme cela que nous vivons aujourd’hui », a-t-il ajouté.

Zelensky dénonce les réponses symboliques face aux crises géopolitiques

Zelensky ne mâche pas ses mots sur la réaction européenne aux enjeux géopolitiques actuels. De petits contingents — 14 ou 40 soldats déployés au Groenland —, à quoi bon ? « Si vous envoyez 14 ou 40 soldats au Groenland, à quoi cela sert-il ? Quel message cela envoie-t-il ? a demandé Zelensky. Quel est le message adressé à Poutine, à la Chine ? Et surtout, quel message envoie-t-il au Danemark, votre proche allié ? Quarante soldats ne protègent rien. »

« Tout le monde a tourné son attention vers le Groenland et il est clair que la plupart des dirigeants ne savent tout simplement pas quoi faire à ce sujet », a déclaré M. Zelensky.

« Et il semble que tout le monde attende que l’Amérique se calme. Mais que se passera-t-il si ce n’est pas le cas ? Que se passera-t-il alors ? » L’Europe divisée attend un miracle de Washington. Elle reste prisonnière de sa géographie, de son histoire et de ses traditions. Pendant ce temps, Zelensky pointe du doigt… sans levier réel pour faire bouger les lignes.

« L’Europe a l’air perdue en essayant de convaincre le président américain de changer. Mais il ne changera pas », a déclaré M. Zelensky.

« Le président Trump aime ce qu’il est. Et il dit qu’il aime l’Europe, mais il n’écoutera pas cette Europe. » Zelensky tend sa « main experte » pour traquer des navires russes près du Groenland. Mais est-ce sérieux ? Ses succès en mer Noire ressemblent désormais à des trophées de pacotille face à l’ampleur des défis ; son offre sonne surtout comme un coup de com’ destiné à masquer son impuissance.

« Nous résoudrons ce problème avec les navires russes », a-t-il lancé.

L’Occident traîne des pieds sur des armes décisives — comme les missiles Tomahawks — et Zelensky se retrouve à ronger son frein. Exaspéré mais impuissant, il doit même se contenir : des diplomates occidentaux lui conseillent de ne jamais évoquer ces missiles devant les Américains, pour ne pas « plomber l’ambiance ». Ses ambitions sont grandes ; sa marge de manœuvre, elle, est ridicule. « Aujourd’hui, ils visent l’Ukraine. Demain, ce pourrait être n’importe quel pays de l’OTAN »

« Ne serait-il pas plus facile et moins coûteux de couper la Russie des composants qui fabriquent les missiles ou de détruire les usines qui les fabriquent ? » a déclaré M. Zelensky.

Zelensky dénonce un an après Davos l'inertie européenne sur la défense et l'Ukraine

Zelensky à Davos : convaincre Trump malgré le black-out de Kiev

Malgré les bombes russes qui plongent Kiev dans le noir, Zelensky prend l’avion pour Davos. Il avait failli renoncer au sommet, préférant rester à Kiev mardi pour orchestrer le rétablissement de l’électricité, avant de décider de rejoindre la Suisse deux jours plus tard, alors que la crise empirait.

Plus de la moitié de la capitale est privée d’électricité ; 4 000 bâtiments grelottent sans chauffage à -20 °C, et l’hiver s’annonce comme le plus rude depuis l’invasion, il y a près de quatre ans. Pourtant, Zelensky ne lâche rien : son objectif est de rencontrer Donald Trump. Les documents sur les garanties de sécurité d’après-guerre sont presque finalisés, mais chacun sait qu’ils ne valent rien sans le feu vert des États-Unis.

« Aucune garantie de sécurité ne fonctionne sans les États-Unis », a-t-il déclaré. « Le soutien du président Trump est nécessaire. »

Les efforts américains patinent, sans progrès tangible. Mark Rutte s’inquiète : « La question principale n’est pas le Groenland maintenant, la question principale est l’Ukraine », a déclaré M. Rutte, ajoutant : « Je suis un peu inquiet que nous puissions perdre le fil en nous concentrant tellement sur ces autres questions ». Trump, sauveur potentiel face à une UE paralysée : voilà le pari ukrainien, en pleine tempête.

« Je veux y mettre un terme. C’est une guerre horrible » a lâché Donald Trump à Davos.

IMPORTANT - À lire

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