SOCIÉTÉ MILITAIRE PRIVÉE ET MERCENARIAT | DAVID HORNUS | GÉOPOLITIQUE PROFONDE

Le 19 février à 18h30, David Hornus, Philippe Herlin et Jean-Maxime Corneille seront nos invités, en direct sur Géopolitique Profonde.

David Hornus est le fondateur et le dirigeant de Corpguard, une entreprise de sécurité et d’investigation privée basée à Lyon. Diplômé de l’École de Guerre Économique, il est expert en intelligence économique et en gestion de crise. Il intervient dans le cadre des assurances risques spéciaux en matière d’évacuations d’urgence, de disparitions, d’attentats et de kidnapping. Il a travaillé au sein du Commandement des Opérations Spéciales et a été engagé dans des opérations complexes en Haïti, Madagascar, Kurdistan irakien, Congo ou encore Libye.

Philippe Herlin est un économiste et essayiste, qui publie chez Eyrolles. Il est Docteur en économie du Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM) en 2012, et il a eu le “Prix Spécial du Jury” du 24e Prix Turgot décerné le 12 avril 2011 pour « Finance : le nouveau paradigme ». Il s’intéresse notamment à l’or et aux monnaies complémentaires telles que le bitcoin.

Jean-Maxime Corneille est un juriste et écrivain, spécialisé dans les questions de géopolitique, de terrorisme et de renseignement. Il a notamment traduit l’ouvrage « Le charme discret du djihad: L’instrumentalisation géopolitique de l’islam radical ».

La thématique de notre entretien en direct sera la sécurité privée et le mercenariat, deux phénomènes qui bouleversent l’échiquier géopolitique dans les zones de conflits.

Dans son livre Danger Zone, publié en 2022, David Hornus nous livre son témoignage sur son métier qui n’existe pas. Il nous fait découvrir la réalité de la négociation de crise, un domaine souvent méconnu et mystérieux. Il nous raconte son parcours, ses rencontres, ses mentors, ses aventures et ses défis. Il nous fait partager sa passion, son professionnalisme et son engagement. Il nous ouvre les portes d’un monde où le danger est permanent, mais où la satisfaction du devoir accompli est immense.

La sécurité privée remplacera-t-elle le régalien public ?

Y a-t-il une accointance entre les États et les organismes terroristes ?

Ces derniers sont-ils la création des États ?

Wagner est-il un groupe terroriste ou une société paramilitaire ?

La France emploie-t-elle des mercenaires lors de différents conflits dans lesquels elle s’engage ?

Nous tenterons de répondre à ces questions en nous appuyant sur les expériences et les analyses de nos invités, qui ont une connaissance approfondie du sujet.

Nous verrons comment les sociétés militaires et de sécurité privées offrent des services dans le domaine de la défense et de la sécurité à des gouvernements, des organisations internationales, des ONG ou des entreprises privées.

Nous examinerons les avantages et les inconvénients de ce recours à l’externalisation, ainsi que les risques de violations des droits humains et du droit international humanitaire.

Nous évoquerons également le statut juridique et éthique des employés de ces sociétés, souvent qualifiés de mercenaires, de contractors ou de combattants irréguliers.

Ne manquez donc pas notre entretien en direct le 18 février à 18h30 sur GPTV.

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2 réponses

  1. Dans la plupart des pays du monde, l’État actuel est « l’État profond », c’est-à-dire une réelle ploutocratie, apatride et supranationale, cachée derrière une démocratie, véritable coquille vide. Cette étape, qui a souvent pris le chemin indirect et sournois du contrôle bancaire, utilise, parfois, lorsque c’est nécessaire, des méthodes plus musclées. La stratégie de la tension, les opérations ou attentats « sous faux drapeau », et la récente création et prolifération d’armées de proxy, formées de mercenaires, sont certaines des manifestations de force employées par les « principaux détenteurs de capitaux » pour faire disparaître les États indépendants.
    Comment en sommes-nous arrivés là ?
    Si l’Angleterre d’Oliver Cromwell (1599-1658) n’est pas, stricto sensu, à l’origine du développement des « puissances d’argent » (Sa naissance est plutôt à rechercher dans les Républiques commerçantes de Gênes, de Florence ou de Venise ; rappelons aussi qu’au Moyen Âge, les Pays-Bas sont au cœur de l’élite commerçante, dite ligue hanséatique. Cette ligue, composée d’associations de commerçants, a prévalu en Europe à l’époque précédent l’avènement de l’Empire britannique.), elle est néanmoins à l’origine du paradigme consistant à adosser les velléités impériales à la puissance financière naissante des banquiers ; ce phénomène a, mécaniquement, généré l’avènement d’un nouveau modèle de référence dans lequel la puissance politique et militaire est intimement liée au développement de la banque.
    La captation monétaire par les banquiers a historiquement permis à ces derniers de générer de gros conglomérats économiques : les grandes entreprises, elles-mêmes devenues « groupes d’entreprises ». Ces « groupes d’entreprises » sont contrôlés par des personnes privées et disposent, aujourd’hui comme hier, de la force de canon étatique, laquelle évolue de plus en plus souvent, au rythme de la décadence étatique, en milices privées : citons, présentement, la PMC (Private Military Company) « Academi » précédemment connue sous le nom de « Blackwater ». Le poids des PMC et ESSD (Entreprise de Services de Sécurité et de Défense), surtout anglo-saxonnes, a été croissant depuis les années 1990.
    Notons qu’une organisation paramilitaire de type PMC a été créée en Russie le 1er mai 2014 : il s’agit du « Groupe Wagner ».
    Au sujet de cette « privatisation » de la guerre voici, ci-après, un court extrait du livre « La Stratégie du Choc » de Naomie Klein :
    « Au fur et à mesure que la guerre (d’Irak) se prolongeait, même le recrutement, autrefois chasse gardée des militaires, devint une entreprise à but lucratif. Dès 2006, des agences de placement du secteur privé, par exemple Serco ou une filiale du géant de l’armement, L-3 Communications, recrutaient des soldats. Les recruteurs privés, dont beaucoup n’avaient jamais servi au sein des forces armées, touchaient une prime chaque fois qu’ils persuadaient un candidat d’y entrer. Un porte-parole de l’entreprise se vanta du reste en ces termes : « Si vous voulez du bifteck, il faut enrôler plein de gens. » Le règne de Rumsfeld provoqua également un boom dans le secteur de l’entraînement privé : des sociétés telles que Cubic Defense Applications et Blackwater organisaient des séances de formation au combat et des jeux de guerre en direct. Pour ce faire, on conduisait les soldats dans des centres privés, où ils s’exerçaient aux combats de maison en maison dans des villages de simulation. (…) L’accroissement marqué du rôle des entreprises privées en tant qu’objectif stratégique du gouvernement ne fit jamais l’objet d’un débat ouvert. Rumsfeld n’eut pas à mener des batailles rangées avec les syndicats des fonctionnaires fédéraux ni avec les généraux. Les choses se firent à la dérobée, sur le terrain, à la faveur de ce que les militaires appellent des élargissements de mission. Plus la guerre s’éternisait, plus elle se privatisait, et bientôt ce fut simplement la nouvelle façon de faire la guerre. Comme maintes fois auparavant, la crise avait favorisé l’apparition du boom. (…) À eux seuls, les chiffres racontent l’histoire dramatique des « élargissements de mission » au profit des entreprises. Pendant la première guerre du Golfe, en 1991, il y avait un entrepreneur pour cent soldats. Au début de l’invasion de l’Irak, en 2003, la proportion était d’un pour dix. Au bout de trois années d’occupation américaine, elle était d’un pour trois. Moins d’une année plus tard, au moment où le quatrième anniversaire de l’occupation était imminent, la proportion était d’un entrepreneur pour 1,4 soldat américain. Ces chiffres ne concernent toutefois que les entrepreneurs qui travaillent directement pour le gouvernement des États-Unis, et non pour les partenaires de la coalition ni pour le gouvernement irakien, et ils ne tiennent pas compte non plus des entrepreneurs établis au Koweït et en Jordanie ayant confié certaines de leurs fonctions à des sous-traitants. (…) Les soldats britanniques cantonnés en Irak sont déjà beaucoup moins nombreux que leurs compatriotes travaillant pour des entreprises de sécurité privées dans une proportion d’un pour trois. Lorsque, en février 2007, Tony Blair annonça qu’il retirait 1 600 soldats d’Irak, la presse rapporta aussitôt que « les fonctionnaires espèrent que les “mercenaires” sauront combler le vide ». Le gouvernement britannique payait directement les entrepreneurs. En même temps, l’Associated Press chiffrait le nombre d’entrepreneurs présents en Irak à 120 000, c’est-à-dire qu’ils étaient presque aussi nombreux que les soldats américains. Par son ampleur, ce genre de guerre privatisée écrase déjà les Nations Unies. En 2006-2007, le budget de l’ONU pour les activités de maintien de la paix s’élevait à 5,25 milliards de dollars — à peine plus que le quart des vingt milliards de dollars accordés par contrats à Halliburton. Selon les plus récentes estimations, l’industrie des mercenaires vaudrait à elle seule quatre milliards de dollars. (…) Si la reconstruction de l’Irak a indiscutablement été un échec du point de vue des Irakiens et des contribuables américains, elle a été tout le contraire pour le complexe du capitalisme du désastre. Rendue possible par les attentats terroristes du 11 septembre, la guerre en Irak ne marqua rien de moins que la naissance violente d’une nouvelle économie. (…) Telle était l’idée géniale qui sous-tendait le plan de « transformation » de Rumsfeld (En joignant les rangs de l’équipe de George W. Bush en 2001, Rumsfeld avait une mission : réinventer l’art de la guerre au XXIe siècle pour en faire une manifestation plus psychologique que physique, un spectacle plutôt qu’une lutte. Et, surtout, un exercice beaucoup plus rentable que jamais auparavant) : dans la mesure où tous les aspects de la destruction autant que de la reconstruction ont été externalisés et privatisés, on assiste à un boom économique chaque fois que des bombes commencent à tomber, qu’elles s’arrêtent et qu’elles recommencent, d’où un circuit fermé de profits liés à la destruction et à la reconstruction, à la démolition et à la remise en état. Pour les sociétés futées et prévoyantes comme Halliburton et le Carlyle Group, les destructeurs et les re-constructeurs appartiennent simplement à des divisions différentes des mêmes entreprises (La société Lockheed Martin va encore plus loin dans ce sens. Au début de 2007, elle a commencé, selon le Financial Times, à « acquérir des entreprises du secteur de la santé dont le chiffre d’affaires se situe dans les mille milliards de dollars » (…) la société sera en mesure de profiter non seulement des bombes et des avions de chasse qu’elle fabrique, mais aussi de la reconstruction des infrastructures qu’elle a détruites et même des soins prodigués aux personnes blessées par ses propres armements.) (…) L’administration Bush a pris quelques mesures importantes mais peu débattues pour institutionnaliser le modèle de la guerre privatisée élaboré en Irak. Elle en a ainsi fait une caractéristique inamovible de la politique étrangère. »
    NB : On n’a inventé le militarisme que pour soutenir l’injustice et c’est l’envahissement progressif du régime de la force qui a fait régner partout la souffrance des masses.
    Rappelons que le militarisme a pris sa forme moderne en 1558 ; cette date est celle de l’année où fut créé le premier régiment de France. Notons cependant que c’est Charles VII, le premier, qui prit en mains le commandement suprême des compagnies de guerre et imagina la création d’une armée nationale. Les armées furent d’abord composées de simples bandes de pillards de profession, ou de vilains. Aussi, c’est à partir de Louis XIV que les hommes reçurent une solde régulière et furent appelés « soldats ». On les appelait aussi « soudards », parce qu’ils étaient « soudoyés » ; c’était un métier méprisé. Et, en effet, quoi de plus méprisable que de recevoir de l’argent pour tuer des hommes ?
    (suite : blog)

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