Jérusalem Nouvelle Capitale des Mondialistes ?

Entretien avec Pierre-Antoine Plaquevement Entretien avec Pierre-Antoine Plaquevement

Le conflit israélo-palestinien, le Grand Israël et le globalisme : une analyse géopolitique

Lors de notre entretien, Pierre-Antoine Plaquevent, écrivain et géopoliticien aborde de façon critique le conflit israélo-palestinien, le projet du Grand Israël, la société ouverte et le mondialisme.

Il analyse comment ce conflit s’inscrit dans une logique de déconstruction des États-nations, de manipulation religieuse et de choc des puissances et des civilisations.

Notre-Dame, Al Aqsa et le troisième Temple -la géopolitique des religions- Pierre Antoine Plaquevent-Youssef Hindi

Le traitement médiatique du conflit

Le conflit israélo-palestinien fait l’objet d’un traitement médiatique biaisé et partial, qui favorise le point de vue d’Israël au détriment de celui des Palestiniens.

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Les médias occidentaux font preuve d’un double poids de mesure, en condamnant la violence du Hamas, mais en minimisant ou en justifiant celle d’Israël. Ils occultent également les violations du droit international et les crimes de guerre commis par l’État hébreu.

Israël bénéficie d’un statut d’exception dans l’appareil politico-médiatique, qui le protège de toute critique et de toute sanction.

Il dispose d’un puissant lobby, qui influence les décisions des dirigeants occidentaux et qui contrôle une partie de la presse. Il joue aussi sur la culpabilité historique liée à la Shoah, qui lui permet de se présenter comme une victime et de diaboliser ses adversaires.

Il existe un décalage entre la rue pro-arabe et les élites pro-sionistes, qui se manifeste par des manifestations de solidarité avec la cause palestinienne, mais aussi par des actes antisémites.

Ce clivage reflète la fracture entre les peuples et les gouvernements, qui sont soumis aux intérêts d’Israël et du globalisme.

La société ouverte et le globalisme

Le globalisme est un projet politique, économique et idéologique, qui vise à détruire les États-nations, à abolir les frontières, à dissoudre les identités et à instaurer une autorité mondiale.

Le globalisme représente un projet politique, économique et idéologique visant à abolir les États-nations, à effacer les frontières, à diluer les identités et à établir une autorité mondiale.

Il repose sur la notion de société ouverte, popularisée par le milliardaire George Soros, qui promeut le cosmopolitisme, le multiculturalisme, le progressisme et le transhumanisme.

Cette idéologie s’appuie sur la notion de société ouverte, popularisée par le milliardaire George Soros, qui promeut le cosmopolitisme, le multiculturalisme, le progressisme et le transhumanisme.

Le globalisme n’est pas une nouveauté, mais plutôt une tradition dans les relations internationales, remontant aux origines de la modernité.

Il s’inspire des philosophies des Lumières, du libéralisme, du marxisme, du sionisme et du messianisme.

Soros et la société ouverte : métapolitique du globalisme-Pierre-Antoine Plaquevent

Porté par les élites financières, politiques, médiatiques, culturelles et religieuses, il incarne une vision universaliste et utopique du monde.

Les conséquences du globalisme sont dramatiques pour la paix et la sécurité, car il engendre une guerre civile globalisée opposant les partisans de la souveraineté nationale aux défenseurs du nouvel ordre mondial.

Il provoque également une crise existentielle en déracinant les peuples de leur histoire, culture, religion et nature et menace l’humanité elle-même en cherchant à la transformer en une masse uniforme et manipulable.

Globalisme et dépopulation- Pierre-Antoine Plaquevent

La vision géopolitique du projet cybernétique et transhumaniste

Le projet cybernétique et transhumaniste représente une vision géopolitique qui cherche à fusionner l’organique et la machine au sein d’un État mondial universel.

Dans ce scénario, les individus seraient interconnectés à un réseau global, et leur identité, leur comportement et leur santé seraient surveillés et modifiés par des technologies avancées.

Ce projet, soutenu par certains cercles altermondialistes et technologiques, envisage une réduction drastique de la population mondiale et une intégration cosmopolitique qui aboliraient les frontières, les nations et les cultures.

Il représente un modèle totalitaire qui nie la diversité et la liberté humaines, menaçant ainsi l’existence même de l’humanité.

Transhumanisme- Contrôle des populations

Le Grand Israël et le sionisme révisionniste

Israël se caractérise comme un État ethno-nationaliste et expansionniste, qui poursuit un projet biblique et messianique appelé le Grand Israël.

Ce projet vise à restaurer Israël tel qu’il était sous le règne du roi David, en annexant non seulement les territoires palestiniens, mais aussi des portions de la Syrie, du Liban, de la Jordanie et de l’Égypte.

Une composante essentielle de ce plan est la reconstruction du temple de Jérusalem à l’emplacement actuel de la mosquée Al-Aqsa, considérée comme le troisième lieu saint de l’islam.

Le Grand Israël est promu par le sionisme révisionniste, une idéologie nationaliste, militariste et religieuse instaurée par Vladimir Jabotinsky, et dont les principaux représentants incluent Menahem Begin, Ariel Sharon, Benjamin Netanyahou et Naftali Bennett.

Le sionisme révisionniste se distingue du sionisme travailliste, antérieurement dominant sur la scène politique israélienne jusqu’en 1977, caractérisé par un positionnement plus modéré et laïque.

Le concept de Grand Israël s’oppose au cosmopolitisme pur, qui prône la dissolution des nations et des identités.

Il incarne un nationalisme exclusif et agressif, refusant de reconnaître le droit à l’existence des autres peuples.

Grand Israël du Nil à l'Euphrate
Grand Israël du Nil à l’Euphrate.

Cette perspective engendre des tensions à la fois internes et externes à Israël, se manifestant à travers des divisions politiques, sociales et religieuses, ainsi que par des conflits armés avec ses voisins et alliés.

Les alliances et les intérêts d’Israël

Israël, en tant qu’acteur majeur de la géopolitique mondiale, dispose d’une puissance considérable sur les plans militaire, économique et diplomatique.

Ses relations avec diverses puissances régionales et mondiales sont complexes et ambiguës, oscillant entre partenariat et rivalité. Adoptant une stratégie de multi alignement, Israël navigue entre différentes alliances en fonction de ses intérêts et des opportunités qui se présentent.

Traditionnellement, Israël est un allié des États-Unis, bénéficiant d’un soutien politique, financier et militaire importan de leur part.

Les deux pays partagent une vision occidentale du monde, axée sur le libéralisme, le capitalisme, la démocratie et le sionisme.

Leur coopération porte sur des enjeux stratégiques tels que la lutte contre le terrorisme et la gestion des menaces régionales, notamment celle venant de l’Iran et plus largement, le contrôle du Moyen-Orient.

Benjamin Netanyahu

Cependant, Israël reconnaît le clivage croissant entre les États-Unis et la Chine, les deux principaux acteurs du système mondial.

Avec le déclin relatif des États-Unis, et la montée en puissance de la Chine Israël cherche à renforcer ses liens avec cette dernière, un partenaire économique majeur avec des intérêts convergents, notamment dans les domaines des nouvelles routes de la soie et des ressources énergétiques.

Par ailleurs, Israël entretient des relations avec la Russie, acteur clé au Moyen-Orient, avec lequel il a des liens historiques et culturels

Les deux pays coopèrent sur des questions sécuritaires telles que la situation en Syrie, la menace du Hezbollah et du Hamas, tout en bénéficiant d’échanges d’armements et de technologies renforçant la capacité de dissuasion d’Israël.

Enfin, Israël entretient des rapports ambivalents avec l’Europe, qui est à la fois un partenaire commercial et un adversaire politique.

Si Israël apprécie le marché européen, sa culture et son passé de solidarité, il critique également l’ingérence européenne, son double discours et son antisémitisme présumé.

Israël se montre méfiant envers l’Europe en raison de son soutien aux Palestiniens, de ses rapprochements avec l’Iran et de sa posture perçue comme faible face à l’islamisme.

Chine-Xi-Jinping-Joe-Biden- Fracture Chine-États-Unis

La fracture entre la Chine et les États-Unis

La fracture grandissante entre la Chine et les États-Unis constitue le nœud central de la géopolitique du globalisme, symbolisant la lutte entre l’Occident et l’Eurasie pour le contrôle mondial.

Pour Israël, cette opposition représente un dilemme crucial, l’obligeant à prendre position sans équivoque et à faire un choix décisif. La neutralité devient une option de moins en moins viable.

De plus, cette situation pourrait potentiellement déclencher des affrontements militaires aux conséquences désastreuses pour la paix et la sécurité internationales.

Les États-Unis sont engagés dans un conflit multidimensionnel avec la Chine, touchant les domaines économique, commercial, technologique, militaire, idéologique et culturel.

Ils s’opposent fermement à l’ascension de la Chine en tant que première puissance mondiale, perçue comme une menace pour leur propre hégémonie.

Dans cette optique, les États-Unis sont prêts à toutes les manœuvres pour préserver leur position dominante, y compris à semer le chaos, en encourageant l’instabilité, en soutenant des conflits par procuration ou même en déclenchant un conflit à l’échelle mondiale.

L’influence de la Chine et de la Russie au Moyen-Orient

Le Moyen-Orient représente une zone stratégique capitale pour le globalisme, étant donné sa concentration de ressources énergétiques cruciales, ses tensions religieuses et ethniques, ainsi que ses alliances historiques avec des partenaires des États-Unis tels qu’Israël et l’Arabie saoudite.

Toutefois, ces dernières années, la présence et l’influence croissantes de la Chine et de la Russie dans la région ont marqué un changement significatif.

Ces deux puissances eurasiennes renforcent leur empreinte en soutenant l’Iran, principal rival des États-Unis et d’Israël dans la région, tout en établissant des partenariats économiques avec Israël, notamment dans les secteurs technologique et agricole.

Leur intervention dans le Moyen-Orient vise à contrecarrer le monopole globaliste et à proposer une alternative multipolaire aux nations de la région.

Poutine-Xi Jin Ping-Partenariat-Russie-Chine

La stratégie des globalistes face à la perte de leur hégémonie

Face à l’ascension de la Chine et de la Russie, les globalistes sont prêts à user de tous les moyens pour conserver leur emprise, même en semant le chaos et en provoquant des conflits à travers le monde.

Dans cette optique, Israël pourrait être instrumentalisé pour déclencher des affrontements par procuration, notamment avec l’Iran, perçu comme une menace pour leur projet de domination régionale et mondiale.

De plus, le risque est grand que les globalistes déclenchent une guerre à l’échelle planétaire afin de contrer les initiatives chinoises, en se servant de prétextes tels que la question de Taïwan, la mer de Chine méridionale ou les droits de l’homme.

Leur objectif demeure maintenir un climat de tension permanent, leur permettant de contrôler les populations par la peur et de justifier leurs politiques sécuritaires et restrictives en termes de liberté.

Chine-Taïwan-Conflit

L’enjeu asiatique et le conflit potentiel entre la Chine et Taïwan

L’Asie occupe une place centrale dans la géopolitique du globalisme en raison de sa densité démographique, de sa vitalité économique et de sa diversité.

C’est également sur ce continent que la Chine, actuellement première puissance économique mondiale, cherche à consolider son leadership et à protéger ses intérêts contre l’ingérence occidentale.

Un des principaux points de tension entre la Chine et l’Occident réside dans la question de Taïwan, une île qui revendique son statut d’État souverain alors que la Chine la considère comme partie intégrante de son territoire.

Ce différend pourrait potentiellement déclencher un affrontement entre l’Occident et l’Eurasie, avec des conséquences dévastatrices pour la paix et la stabilité mondiales.

Ainsi, il est impératif de favoriser une diplomatie prudente et une coopération régionale respectant la souveraineté et l’intégrité de chaque nation impliquée.

Retrouvez les analyses de Pierre-antoine Plaquevent dans la revue mensuelle Géopolitique Profonde !

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