Hubert Marty Vrayance, ancien commissaire des RG, révèle les secrets de l’État profond français
Hubert Marty-Vrayance, ancien commissaire de la Direction centrale des Renseignements généraux (RG), a accepté de nous faire part de son vécu au sein de cette force de police singulière et mystérieuse.
Il nous livre son analyse de l’histoire et de la nature de l’État profond français, un noyau puissant et secret qui manipule le pouvoir politique et est impliquée dans de nombreuses affaires troubles.
La carrière et le rôle des RG
Hubert Marty-Vrayance a entamé sa carrière aux Renseignements Généraux (RG) en 1974, après avoir obtenu son diplôme de l’École nationale supérieure de la police.
Au sein de cette institution, il a occupé divers postes, notamment à la sous-direction de la protection du territoire, à la sous-direction des affaires économiques et sociales, ainsi qu’à la sous-direction de l’information générale.
Sa carrière l’a mené jusqu’au grade de commissaire divisionnaire, avant de prendre sa retraite en 2007.
Il souligne que les RG étaient une force de police particulière, dépourvue de pouvoir de coercition mais bénéficiant d’une capacité d’information remarquable, ce qui était rendu possible grâce à un réseau diversifié de sources et à une connaissance approfondie de l’histoire et de la sociologie du pays.
Les missions des RG consistaient à fournir des renseignements au pouvoir politique sur des sujets susceptibles d’affecter la sécurité nationale, la stabilité sociale ou l’ordre public. Ils étaient également impliqués dans la lutte contre le terrorisme, l’espionnage et la criminalité organisée.
Les liens avec le pouvoir politique
Hubert Marty-Vrayance explique que les RG ont traversé des périodes de rapprochement ou d’éloignement vis-à-vis du pouvoir politique, en fonction des sensibilités et des orientations des différents présidents de la République.
À l’époque de François Mitterrand, les RG entretenaient des liens étroits avec la gauche et étaient chargés de surveiller les communistes et les écologistes, perçus comme des adversaires potentiels.
De même, avec l’arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir, les RG ont perdu leur substrat humain, étant fusionnés avec la Direction de la Surveillance du Territoire (DST) pour former la Direction Centrale du Renseignement Intérieur (DCRI), une entité plus centralisée et davantage soumise au pouvoir en place.
L’existence et la nature de l’État profond
Hubert Marty-Vrayance soutient fermement que l’État profond existe bel et bien, et qu’il transcende la démocratie.
Selon lui, il s’agit d’un groupe d’individus qui détiennent véritablement le pouvoir et qui agissent dans l’ombre pour influencer voire contrôler divers aspects tels que le pouvoir politique, le secteur financier, les médias ou les services secrets.
À titre d’exemple historique, il évoque l’affaire Stavisky, un scandale financier survenu en 1934, qui a mis en lumière l’existence d’une synarchie, un réseau secret composé de banquiers, d’industriels et de hauts fonctionnaires cherchant à imposer leur vision technocratique du pouvoir.
Les clubs d’influence et la franc-maçonnerie
Hubert Marty-Vrayance évoque l’importance des clubs d’influence et de la franc-maçonnerie en tant que lieux où se nouent des relations entre les membres de l’État profond.
Il indique que ces réseaux ont exercé une influence significative dans les années 30, mais qu’ils ont depuis perdu en puissance le pouvoir étant devenu plus diffus et plus complexe.
Il est nécessaire de faire la distinction entre les loges, regroupant des individus partageant des valeurs humanistes, et les obédiences, des structures hiérarchiques ayant des intérêts politiques ou économiques.
La synarchie française
Hubert Marty-Vrayance révèle l’existence de la synarchie française, un groupe d’individus formant le cœur de l’État profond.
Il explique que la synarchie française se compose de banquiers et d’industriels proches du régime de Vichy et de Pierre Laval, qui ont réussi à survivre à la Libération grâce à des réseaux d’influence.
Selon lui, la synarchie française promeut une vision technocratique du pouvoir, méprisant le peuple et cherchant à imposer son ordre économique et social.
Le rôle de Rothschild
Hubert Marty-Vrayance révèle le rôle de Rothschild, une banque certes très puissante mais qui n’est pas la seule à influencer la politique française.
Il explique que Rothschild préfère les affaires discrètes et lucratives, et qu’elle a été impliquée dans le recrutement de Georges Pompidou et de Nicolas Sarkozy, deux anciens présidents de la République qui ont eu des liens avec elle.
Il souligne également les liens de Rothschild avec la banque Lazard, une institution influente depuis l’époque de Napoléon III, qui a joué un rôle dans la création de la société Eurodif, une entreprise franco-iranienne spécialisée dans l’enrichissement d’uranium.
L’État profond national et international
Hubert Marty-Vrayance expose sa vision de l’État profond national et international, qui s’adaptent constamment à la mondialisation et à la fin des blocs politiques.
Il indique que les États profonds national et international peuvent soit collaborer, soit se confronter selon leurs intérêts, et qu’ils sont impliqués dans des affaires controversées comme celle de la mort de Diana, la princesse de Galles, qui aurait été victime d’un complot ourdi par les services secrets britanniques et français, sous l’influence de l’État profond.
Le gaullisme et la politique étrangère
Hubert Marty-Vrayance partage son attachement au gaullisme et exprime son admiration pour la politique étrangère menée par le général de Gaulle.
Il souligne la rupture avec l’OTAN et les États-Unis, ainsi que l’affirmation de l’indépendance et de la grandeur de la France sous le leadership du général de Gaulle.
Il mentionne que cette politique a été poursuivie par François Mitterrand, qui a su résister à la pression américaine lors de conflits comme la guerre du Golfe ou la guerre de Yougoslavie.
Cependant, il déplore l’abandon de cette politique par les successeurs de Mitterrand, qui ont plutôt aligné la France sur les intérêts de l’État profond international.
La finance internationale et le pouvoir
Hubert Marty-Vrayance alerte sur la prise de contrôle progressive de la finance internationale sur la politique nationale.
Il souligne son influence prépondérante sur les décisions économiques et sociales, notant qu’elle impose ses règles et ses normes aux États, contribue à la dégradation du débat public et affaiblit le rôle des institutions, tout en favorisant la corruption et le clientélisme.
L’affaire Bérégovoy
Hubert Marty-Vrayance avance une hypothèse sur la mort de Pierre Bérégovoy, ancien Premier ministre français, survenue en 1993.
Selon lui, il s’agirait d’un assassinat maquillé en suicide, et il souligne qu’il existe des éléments troublants et une enquête bâclée autour de cet événement.
Il évoque le fait que Bérégovoy aurait envisagé de lutter contre la corruption et aurait eu un projet politique pour 1995, ce qui aurait pu le mettre en conflit avec l’État profond.
De plus, il suggère que sa mort pourrait être liée au contentieux franco-iranien sur Eurodif, une société dont Bérégovoy était président du conseil d’administration, et qui était au cœur d’un litige financier et nucléaire.
Les autres morts suspectes sous Mitterrand
Hubert Marty-Vrayance évoque d’autres décès suspects survenus pendant le règne de François Mitterrand, suggérant qu’ils pourraient avoir été orchestrés par une structure occulte protégeant le président.
Il mentionne les cas de Coluche, Le Luron et Balavoine, trois personnalités populaires qui auraient pu contester Mitterrand et qui sont décédées dans des accidents qui pourraient avoir été arrangés.
Il souligne également le cas du général Georgelin, responsable des travaux de Notre-Dame, qui aurait trouvé la mort dans un accident en montagne, sans qu’il n’y ait eu d’enquête ni de couverture médiatique approfondie sur cet événement.
Hubert Marty-Vrayance termine par un appel à une réflexion politique sur l’état de la France, la différence entre autorité et pouvoir, et le rôle des citoyens dans la démocratie.
Découvrez le dessous des cartes, avec la revue mensuelle Géopolitique Profonde !
IMPORTANT - À lire
Vous voulez aller plus loin que cet article et comprendre tous les enjeux géopolitiques actuels ? Chaque mois, notre revue papier décortique l'actualité géopolitique et économique pour vous offrir des analyses approfondies.
Ne vous laissez plus manipuler par des élites déconnectées du réel. Abonnez-vous à notre revue dès maintenant et recevez chaque mois des informations exclusives, des décryptages précis et des révélations sur les véritables enjeux qui se cachent derrière les décisions de nos dirigeants.
Reprenez le contrôle de votre épargne et de votre avenir !