Le 12 octobre à 17h, Mickaël Lelièvre donne la parole aux Français sur la crise du cinéma et leurs impôts qui la financent, et les réponses renversent tout ce que disent les élites culturelles, sur GPTV Investigation.
Le grand désamour du public
Selon une enquête, 70 % des Français ne vont plus au cinéma, et la plupart ne semblent pas prêts à y retourner. Pour beaucoup, payer entre 12 et 15 euros pour deux heures d’un film jugé prévisible n’a plus de sens à l’heure du streaming illimité. Le grand écran, autrefois lieu de communion populaire, s’est transformé en luxe culturel réservé à une minorité. Les passants évoquent le confort du salon, les plateformes accessibles et la perte du “plaisir de la sortie”. Le cinéma n’est plus un rituel, mais une dépense inutile dans un contexte de vie chère.
Le désenchantement n’est pas seulement économique : il touche à l’âme même du cinéma. Beaucoup parlent d’une uniformisation totale, d’histoires vides et de scénarios “formatés pour plaire aux subventions”. Le sentiment dominant est celui d’un art qui s’éloigne du réel, d’une industrie parisienne coupée du peuple. Certains regrettent un cinéma social et poétique disparu, remplacé par des comédies interchangeables ou des drames urbains stéréotypés. Le cinéma français, selon eux, s’est vidé de sa substance.
Un art sous perfusion publique
La révélation que les films français sont en partie financés par les impôts choque plus d’un passant. “On paie pour être ennuyés”, résume l’un d’eux. Beaucoup dénoncent un système verrouillé, où une poignée de producteurs vivent des subventions sans se soucier du public. L’argent public, au lieu de soutenir la diversité, entretiendrait une caste culturelle déconnectée. Ce sentiment d’injustice renforce la distance entre le spectateur et une industrie perçue comme élitiste.
Pourtant, certains défendent encore le principe du financement public, estimant qu’il garantit une forme de liberté artistique. Mais la plupart constatent que cette liberté tourne en rond. Les mêmes acteurs, les mêmes dialogues, les mêmes causes : tout semble calibré pour plaire à des jurys, non au public. La question de la représentativité revient souvent, comme si les films parlaient d’un pays imaginaire. Pour beaucoup, le cinéma français n’appartient plus aux Français.
Le soupçon de propagande culturelle
La dimension idéologique du cinéma revient avec insistance dans les témoignages. Certains évoquent la domination américaine, cette “propagande hollywoodienne” où les États-Unis sauvent le monde à chaque film. D’autres pointent la présence insistante de thèmes jugés politiques, comme si le cinéma était devenu un outil de conditionnement moral plutôt qu’un espace de création. “On ne raconte plus des histoires, on fait passer des messages”, résume un jeune homme.
Les plus virulents parlent de manipulation, d’un contrôle du narratif par l’argent et les lobbies culturels. Le cinéma serait devenu un instrument d’influence, plus qu’un art populaire. Face à cela, les spectateurs cherchent d’autres refuges : les cinémas indépendants, les classiques redécouverts en ligne, ou simplement les séries étrangères plus proches de leurs préoccupations.
– La nostalgie du “vrai cinéma”,
– la défiance envers les institutions culturelles,
– et la fatigue du discours dominant :
autant de signes d’un divorce profond entre le peuple et son écran.
IMPORTANT - À lire
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