Le 15 Novembre à 19h, Pierre Jovanovic est l’invité du Monde Réel animée par Nicolas Stoquer, sur Géopolitique Profonde. Ensemble, ils aborderont un sujet des plus intrigants : la découverte de la tombe de l’Apôtre Pierre, une aventure archéologique menée par Margherita Guarducci, éminente archéologue et épigraphiste italienne, qualifiée par beaucoup comme « la plus mystérieuse des aventures du XXe siècle ».
Pierre Jovanovic est un journaliste économique, éditeur et éditorialiste français, auteur d’essais historiques, théologiques, financiers et politiques. Il anime également sa chaîne Youtube Pierre Jovanovic – La revue de presse. Il vient également de publier 888: « L’humour noir et les pouvoirs surnaturels du Christ ».
La découverte de la tombe de Saint Pierre : une aventure archéologique extraordinaire
Quand on évoque les grandes découvertes archéologiques, des noms comme Heinrich Schliemann, l’homme derrière la redécouverte de Troie, ou Howard Carter, célèbre pour la découverte de la tombe de Toutankhamon, viennent immédiatement à l’esprit. Cependant, l’identification de la tombe de l’Apôtre Pierre par Margherita Guarducci surpasse ces exploits par son importance historique et spirituelle.
Tout commence en 1939, lorsque le Pape Pie XI exprime le désir d’être inhumé près du tombeau de Saint Pierre. Cette volonté déclenche une série de fouilles sous la Basilique Saint-Pierre du Vatican, menées dans le plus grand secret. C’est alors qu’un ouvrier, lors de travaux souterrains, fait une chute qui change le cours de l’histoire : il tombe littéralement sur une nécropole romaine, restée enfouie pendant des siècles.
Cet accident fortuit marque le début d’une des plus grandes découvertes archéologiques du XXe siècle. En 1956, Margherita Guarducci, éminente spécialiste en épigraphie, prend la direction des fouilles. Son expertise dans le déchiffrement des graffitis antiques la mène à percer les mystères des inscriptions gravées sur les murs de la nécropole. Ce qu’elle découvre alors est tout simplement stupéfiant : la tombe du premier Apôtre, Saint Pierre, cachée au cœur d’un labyrinthe souterrain.
Une reconnaissance papale et scientifique
L’importance de cette découverte est telle que, le 26 juin 1968, le Pape Paul VI annonce solennellement l’authenticité des reliques de Saint Pierre, identifiées par Margherita Guarducci. Dans l’une de ses dernières audiences privées, il lui adresse des remerciements chaleureux : « Je la remercie, en mon nom et en celui de l’Église, d’aujourd’hui et de demain. » Jusqu’à son dernier discours, le 28 juin 1978, le Pape réaffirme l’importance de ces reliques, exhortant les fidèles à rester solidement ancrés dans la foi de Pierre, le roc de l’Église.
Margherita Guarducci, célèbre archéologue florentine, professeur à l’Université La Sapienza de Rome et à l’École nationale d’Archéologie, a consacré plus de quarante ans de sa vie à ces recherches, d’abord sous l’impulsion de Pie XII, puis de Paul VI. De 1956 à 1958, elle se consacre à l’analyse des graffitis du célèbre « mur G » dans la nécropole vaticane, où sont retrouvés les ossements attribués à Saint Pierre. Ses découvertes sont publiées dans une œuvre monumentale en trois volumes, I graffiti sotto la Confessione di San Pietro in Vaticano (Città del Vaticano, 1958).
Une enquête digne d’un roman d’aventures
L’exploit de Margherita Guarducci ne repose pas uniquement sur la chance. Son approche méthodique, digne d’un détective, révèle une succession d’indices laissés par les premiers chrétiens. En confrontant ces graffitis avec les récits historiques, elle parvient à localiser avec une précision incroyable les restes de l’Apôtre.
Un épisode mémorable témoigne de son engagement : en 1967, à la demande de Paul VI, elle descend dans la nécropole pour accompagner le Patriarche Athénagoras de Constantinople. Ensemble, ils découvrent des inscriptions mêlant les noms du Christ, de Marie et de Pierre, qui émeuvent le Patriarche au point de le voir s’agenouiller en signe de respect.
Un héritage entravé, mais triomphant
Malgré le soutien de deux papes, Margherita Guarducci fait face à l’hostilité d’un certain clergé. Ses critiques envers le manque de rigueur des fouilles menées entre 1940 et 1949 lui valent l’ostracisme. Après la mort de Paul VI, elle se voit même interdire l’accès aux sous-sols du Vatican. Les résultats de ses recherches sont supprimés des guides officiels, et son ouvrage, Pierre, fondement de l’Église, préfacé par Paul VI, est retiré de la vente.
Toutefois, son travail retrouve une reconnaissance éclatante en 2013, lorsque le Pape François expose pour la première fois les reliques de Pierre au grand public. Le nom de Margherita Guarducci reste indissociable de ces « reliques parvenues jusqu’à nous » du premier pape. C’est grâce à sa ténacité que l’Église redécouvre l’emplacement exact où, pendant des siècles, les restes du pêcheur de Galilée ont reposé. Comme l’a souligné le cardinal Joseph Ratzinger : « Unglaublich, incroyable ».
Un trésor pour l’Église et l’histoire
Margherita Guarducci, disparue en 1999 à l’âge de 97 ans, laisse un héritage inestimable. Enterrée à Grottaferrata aux côtés de l’anthropologue Venerando Correnti, qui avait examiné les ossements de Saint Pierre, elle incarne la figure d’une chercheuse audacieuse, capable de redonner vie à des pans entiers de l’histoire chrétienne. Son ouvrage, récemment traduit en français par notre invité du jour Pierre Jovanovic, permet au public francophone de plonger dans cette enquête fascinante, révélant une nouvelle perspective sur les origines du christianisme.
Grâce à ses recherches, elle a non seulement restauré une partie essentielle du patrimoine religieux, mais elle a également rappelé à l’Église l’importance d’une foi solidement ancrée dans ses racines historiques. Elle a ainsi remis à l’Église et à l’humanité un don inestimable : la redécouverte du passé, inscrite dans la pierre et la foi.
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