🔥 Les essentiels de cette actualité
- Découvrez le projet d’Europe géopolitique et sa transformation en bloc supranational militarisé, antirusse et aligné sur Washington.
- Analysez la manipulation historique par les élites allemandes pour restaurer une légitimité patriotique et redéfinir l’Europe comme projet identitaire antirusse.
- Comprenez le retour du projet allemand sous couvert européen, visant à structurer une Mitteleuropa moderne sous commandement germanique.
- Explorez la rivalité germano-russe occultée et son impact sur la géopolitique actuelle, avec des invités experts en direct.
Le 5 décembre à 7h, Marc Gabriel Draghi, Lara Stam, Édouard Husson et Laurent Michelon sont les invités de Nicolas Stoquer, en direct dans La Matinale de Géopolitique Profonde.
Marc Gabriel Draghi est un juriste français spécialisé dans l’histoire du droit. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur la question monétaire et l’histoire du capitalisme, dont « Le règne des marchands du temple », « Le grand reset en marche ! » et « La Grande Narration : Vers la mort des Nations ». Il dénonce les dangers du projet du Forum économique mondial, qu’il considère comme une tentative de soumettre l’humanité à une élite mondialiste.
Lara Stam est chroniqueuse et animatrice, passée par Radio Courtoisie avant de rejoindre Géopolitique Profonde et GPTV. Spécialiste des questions de souveraineté et d’indépendance géopolitique, elle décrypte avec un ton incisif les crises internationales et les rapports de force mondiaux. Elle traite notamment des conflits oubliés (Arménie-Haut-Karabagh) et des enjeux multipolaires. Sur GPTV, elle a animé une émission nocturne, « Un Soir avec Lara », et contribue à d’autres formats comme « La Grande émission » sur GPTV et « Le Libre Journal de Géopolitique Profonde » sur Radio Courtoisie.
Édouard Husson est un historien, essayiste et ancien universitaire français, spécialiste de l’Allemagne contemporaine et des relations internationales. Ancien vice-chancelier de l’Université de Paris et directeur de l’ESCP Europe, il s’est fait connaître pour ses analyses critiques de l’Union européenne, de la diplomatie occidentale et de l’idéologie globaliste. Chroniqueur régulier dans les médias indépendants, il défend une vision souverainiste et réaliste des relations internationales, ancrée dans l’histoire et la géopolitique classique.
Laurent Michelon est un entrepreneur français en Chine qui partage son temps entre Hong Kong et Pékin. Il est établi dans la région depuis plus de 20 ans, où il a travaillé dans la diplomatie culturelle française et pour plusieurs groupes de communication internationaux. Il est l’auteur du livre « Comprendre la relation Chine-Occident ».
L’Europe géopolitique contre la souveraineté des nations
L’Union européenne s’avance aujourd’hui dans une phase décisive : celle d’une « Europe géopolitique », concept forgé par Ursula von der Leyen et devenu le masque idéologique d’un projet postnational aligné sur Washington. Derrière la rhétorique de la « défense des valeurs européennes » se dissimule la transformation de l’UE en un bloc supranational militarisé, antirusse, et fondé sur la fusion du globalisme euro-atlantiste avec un nouveau nationalisme allemand. Ce double moteur, l’idéologie postnationale bruxelloise et la revanche géopolitique de Berlin, redéfinit le continent. L’Europe ne défend plus la paix : elle prolonge la logique de l’OTAN, intégrant la diplomatie, l’économie et la mémoire historique dans une croisade contre Moscou, au service d’une stratégie conçue à Londres et à Washington pour neutraliser le cœur eurasiatique.
Cette « Europe géopolitique » réécrit l’histoire pour légitimer son expansion. En assimilant l’URSS à l’Allemagne nazie, les élites allemandes et européennes effacent la singularité du nazisme afin de restaurer une légitimité patriotique à Berlin. Cette manipulation historique, devenue dogme moral au sein de l’UE, fonde une nouvelle loyauté : l’Europe comme projet identitaire antirusse. Le discours humaniste de Bruxelles dissimule un réarmement idéologique où l’ennemi est toujours à l’Est. Ce processus vise à consolider la direction allemande de l’Union, tout en replaçant la politique étrangère européenne dans le giron de l’OTAN. L’objectif n’est plus la souveraineté continentale, mais la sous-traitance stratégique du Vieux Continent au complexe militaro-industriel américain.
Le retour du projet allemand sous couvert européen
L’axe Berlin-Bruxelles s’impose comme le cœur moteur du nouvel ordre européen. Derrière les discours de solidarité transatlantique, l’Allemagne poursuit sa vieille ambition : structurer une Mitteleuropa moderne sous son commandement. L’élargissement vers les Balkans et l’ex-URSS, l’intégration économique forcée et la militarisation de l’UE répondent à un objectif constant, l’encerclement de la Russie et la reconfiguration de l’espace eurasiatique sous direction germanique. Ce dessein se greffe parfaitement sur la stratégie anglo-saxonne du Rimland, formulée par Halford Mackinder, qui vise à contrôler la périphérie du continent pour empêcher toute unification du « Heartland » eurasiatique. En se posant comme « nation cadre » de l’OTAN, Berlin se donne le rôle de bras armé du globalisme continental.
L’Europe actuelle n’est plus un espace de coopération, mais une architecture de domination. L’Allemagne, par sa puissance industrielle et son contrôle bureaucratique des institutions de l’UE, dicte la ligne idéologique et stratégique : russophobie d’État, alignement militaire sur Washington, et dérive fédéraliste camouflée en défense des « valeurs européennes ». Le détachement de l’Ukraine de la sphère russe, puis l’intégration militaire de l’espace centre-européen, matérialisent cette Mitteleuropa 2.0. Ce processus, sous apparence de « solidarité », redessine les frontières d’influence au profit d’un bloc occidental piloté de Berlin. L’UE devient ainsi un instrument d’expansion géopolitique plus qu’un espace politique : un empire sans visage, mais avec une direction bien réelle.
Le cœur du problème : la rivalité germano-russe occultée
L’illusion d’un affrontement binaire entre Washington et Moscou masque le véritable conflit structurel : celui entre l’Allemagne et la Russie. Depuis sa réunification, Berlin cherche à s’émanciper de la tutelle américaine sans rompre avec elle, en s’imposant comme puissance pivot du système euro-atlantiste. Pour ce faire, elle doit neutraliser Moscou, non seulement militairement, mais symboliquement. En imposant la thèse de « l’équivalence morale » entre le nazisme et le communisme, Berlin efface sa propre culpabilité historique et redéfinit la Russie en héritière du totalitarisme, donc en menace existentielle. Ce déplacement narratif légitime à la fois le réarmement allemand et la résurgence d’un patriotisme militarisé sous bannière européenne.
Ce qui se joue aujourd’hui n’est donc pas seulement la guerre d’Ukraine, mais le retour d’une constante géopolitique : la poussée allemande vers l’Est. L’Allemagne, jadis freinée par son histoire, retrouve dans la doctrine d’« Europe géopolitique » une justification morale et institutionnelle à ses ambitions. Sous couvert de valeurs, elle reconstitue son espace d’influence, du Dniestr aux Balkans, avec la bénédiction de Washington. Les idéologies changent, les tropismes demeurent : hier le Lebensraum, aujourd’hui la « souveraineté européenne ». Dans les deux cas, c’est la Russie qui doit être contenue, affaiblie, et repoussée. Et dans les deux cas, l’Europe y perd son âme, livrée à un projet supranational qui ne défend plus les peuples, mais leur effacement politique.
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