7 ans après : les gilets jaunes ont un message pour Macron

La colère sociale en France en 2025 reste vive : fracture, précarité, défiance... Un pays au bord de la rupture, sept ans après les Gilets jaunes. La colère sociale en France en 2025 reste vive : fracture, précarité, défiance... Un pays au bord de la rupture, sept ans après les Gilets jaunes.

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • Sept ans après, la colère des Gilets jaunes persiste, enfouie mais prête à éclater. Le sentiment d’abandon et la fracture sociale s’aggravent.
  • Emmanuel Macron est perçu comme absent et déconnecté, symbolisant la rupture entre le peuple et les élites. La nostalgie des ronds-points et la solidarité perdue sont omniprésentes.
  • La peur d’une explosion sociale grandit, alimentée par la perte de souveraineté et la méfiance envers l’État. La France est au bord de la rupture.

Le 18 novembre à 17h, Mickaël Lelievre donne la parole aux Français sur une colère qui ne faiblit pas et un pays qu’ils jugent plus fracturé que jamais, sur GPTV Investigation.

Évolution du climat social depuis le début du mouvement

Sept ans après le début des Gilets jaunes, le constat reste brutal : la colère n’a pas disparu, elle s’est simplement enfoncée sous la surface. Beaucoup parlent d’un pays qui gronde en silence, d’un volcan endormi prêt à éclater. Le coût de la vie, les taxes, la précarité et la disparition des services publics reviennent dans toutes les voix. Pour certains, rien n’a changé ; pour d’autres, « c’est pire qu’avant ». Le sentiment d’abandon domine, celui d’un peuple laissé à lui-même face à un État qui ne l’écoute plus. La fracture sociale s’est transformée en fossé, et le fossé en gouffre. L’idée d’une France « au bord du chaos » n’est plus vue comme une exagération, mais comme une évidence partagée.

Ce qui revient souvent, c’est l’impression d’un effondrement général : institutions discréditées, école et santé à bout de souffle, campagne abandonnée. Les retraités disent ne plus pouvoir vivre dignement, les jeunes ne croient plus en la mobilité sociale. Le souvenir des ronds-points agit comme un repère de fraternité perdue. La colère, aujourd’hui, se cache derrière le fatalisme. La figure présidentielle concentre toujours le rejet. Emmanuel Macron est décrit comme « absent », « déconnecté », « dangereux ». Le lien est rompu, définitivement. L’image d’un président accroché au pouvoir « comme un pot de glu » illustre cette rupture symbolique entre gouvernants et gouvernés. Certains vont plus loin : ils parlent d’un chef d’État qui aurait peur du peuple, d’un pouvoir coupé de la réalité.

Une société désunie et sous pression

La nostalgie des ronds-points traverse tous les témoignages. Beaucoup regrettent cette période où les Français se parlaient, où la solidarité dépassait les opinions. Les ronds-points symbolisaient une forme de démocratie directe, brute, qui a disparu sous la répression et la peur. Certains évoquent le « convoi de la liberté » comme un dernier souffle d’unité. Depuis, les Français se disent isolés, désabusés, parfois résignés. La fracture n’est pas seulement sociale : elle est psychologique. Chacun reste dans sa bulle, persuadé que le système ne changera pas. L’État, lui, semble ne plus avoir d’écoute.

À cette fracture s’ajoute une inquiétude plus large : celle d’une perte de souveraineté. Bruxelles, les multinationales, les accords commerciaux, tout cela est considérée comme des chaînes invisibles. Beaucoup estiment que la France a été « vendue », que son agriculture, son industrie et même son identité sont livrées à des intérêts étrangers. L’Union européenne est vue comme un carcan qui empêche le pays de se redresser. Le drapeau tricolore, cité à plusieurs reprises, incarne un attachement à la nation que les élites auraient trahi. Ce patriotisme populaire n’est pas agressif : il est défensif, comme une ultime barrière contre la dissolution.

Un pays au bord de la rupture

La peur d’une explosion sociale s’impose comme un horizon probable. Les comparaisons avec le Brésil, les émeutes ou 1789 ne sont pas de simples images : elles traduisent une tension contenue. Beaucoup estiment que si la colère revient, elle sera incontrôlable. Les tensions identitaires, la pauvreté, la défiance envers la police et la justice nourrissent une atmosphère d’instabilité latente. Certains parlent d’une guerre civile « froide » déjà en cours, invisible mais réelle. La paix sociale tient à un fil. Le peuple n’y croit plus, mais il n’a plus peur non plus.

Enfin, la méfiance envers les médias et l’État reste totale. Les mutilés oubliés, les SDF invisibles, la censure pendant le Covid sont cités comme preuves d’un système verrouillé. L’État est vu comme un acteur de la fracture, non comme un rempart. La télévision est jugée « bouche cousue », les réseaux sociaux surveillés, la parole populaire étouffée. Ce silence imposé renforce la rancune. Sept ans après, les Gilets jaunes ne sont plus sur les ronds-points, mais leur colère s’est enracinée dans le pays tout entier. Elle ne s’exprime plus en cris : elle attend son heure.

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