🔥 Les essentiels de cette actualité
- Henda Ayari, ex-salafiste, milite pour la laïcité et l’émancipation des femmes. Découvrez son parcours inspirant et ses initiatives.
- Le 12 octobre 2025, elle a co-organisé un rassemblement à Paris pour remettre le drapeau français au centre de l’espace public. Événement et discours détaillés.
- Elle défend un patriotisme de la diversité, mais cette notion suscite débat et critiques. Analyse des enjeux et réactions.
Le 18 octobre à 9h, Henda Ayari est l’invitée de Mike Borowski, en exclusivité pour Géopolitique Profonde.
Henda Ayari est une écrivaine et militante française du féminisme et de la laïcité. Ancienne pratiquante salafiste, elle s’en émancipe au milieu des années 2010. En 2015–2016, elle fonde l’association Libératrices (initialement « Ambition Femmes Actives »), dédiée au soutien des femmes et à la prévention de la radicalisation. En 2025, elle créer l’association Patriotes de la diversité.
Henda Ayari : itinéraire, idées et postulat
Henda Ayari est une militante française connue pour ses positions sur la laïcité, la place de l’islam dans la société et l’émancipation des femmes. Issue d’un milieu marqué par un islam rigoriste, elle a raconté avoir vécu une période de salafisme avant de s’en détacher et d’entrer dans un processus de réappropriation personnelle et civique.
À partir de 2015, elle s’est engagée dans plusieurs initiatives visant à accompagner les femmes victimes d’influence religieuse ou de domination sociale. Ce parcours, entre rupture et engagement, lui a donné une visibilité médiatique et a façonné son discours actuel : celui d’une femme issue de la diversité, mais affirmant son attachement à la République et à la France.
Dans ses publications récentes, Henda Ayari défend une position qu’elle qualifie elle-même de « patriotisme de la diversité ». Elle a ainsi déclaré : « Parce que je refuse de choisir entre mes origines et ma patrie, je suis patriote de la diversité et fière de l’être. » Cette phrase résume sa ligne : revendiquer la compatibilité entre ses racines culturelles et son attachement à la nation française.
Dans son approche, l’amour du pays ne suppose pas le reniement des origines, mais l’intégration de celles-ci dans un cadre républicain commun. C’est dans cette logique qu’elle a cofondé en juin 2025 l’association Les Patriotes de la Diversité, avec l’influenceur Ben Le Patriote, un militant connu pour sa présence sur les réseaux sociaux. Leur objectif déclaré est de rassembler les Français autour du drapeau et des valeurs nationales, quelle que soit leur origine.
Le rassemblement du 12 octobre : déroulé et participation
Le grand rassemblement du 12 octobre 2025 s’est tenu place de la République, à Paris. Selon les estimations, plusieurs centaines de personnes y ont pris part. L’objectif annoncé était symbolique : « remettre le drapeau français au centre de l’espace public » et manifester un attachement commun à la nation. Sur place, les participants ont brandi des drapeaux tricolores, entonné la Marseillaise et scandé des slogans patriotiques.
Plusieurs personnalités et influenceurs de droite, notamment actifs sur TikTok, étaient présents à cet événement, témoignant d’une convergence entre les milieux patriotiques traditionnels et les nouveaux réseaux numériques. Henda Ayari a prononcé un discours axé sur la réconciliation nationale, appelant à dépasser les divisions identitaires et à replacer le mérite, la loyauté et le respect du drapeau au cœur du projet français.
Ben Le Patriote, cofondateur et jusqu’alors porte-parole de l’association, était également présent. Toutefois, quelques jours après la manifestation, il a annoncé son retrait du mouvement, invoquant les pressions, la violence des critiques et la charge émotionnelle liée à son rôle. Il a précisé qu’il ne remettait pas en cause le message du mouvement, mais qu’il ne supportait plus le climat d’extrême tension qu’il suscitait. Cette démission a été largement commentée sur les réseaux sociaux.
Pour les organisateurs, le rassemblement du 12 octobre marque une première étape. L’association a indiqué vouloir poursuivre ses actions dans le même esprit, en organisant d’autres mobilisations autour du drapeau et de l’idée d’un patriotisme civique transcendant les origines.
Immigration, adhésion nationale et limites du « patriotisme de la diversité »
L’initiative d’Henda Ayari intervient dans un contexte où le rapport de la population française à l’immigration reste tendu. La majorité des sondages récents montre un rejet net de l’immigration massive et une attente forte de fermeté. Ce scepticisme général rend difficile l’émergence d’un « patriotisme de la diversité » tel que celui prôné par l’association. Beaucoup jugent incompatible le patriotisme, fondé sur l’unité historique, linguistique et culturelle, avec une diversité qui se vit d’abord comme pluralité d’identités.
Le terme même de « patriotisme de la diversité » est perçu par certains comme une contradiction : comment défendre un cadre national unique tout en revendiquant la multiplicité des appartenances ? Pour ses soutiens, il s’agit d’une démarche de réconciliation. Pour ses détracteurs, c’est une tentative de concilier deux logiques irréductibles — l’enracinement et le multiculturalisme.
Le rassemblement du 12 octobre a cristallisé ce débat : entre ceux qui saluent un effort d’unité et ceux qui y voient une récupération symbolique de la fierté nationale par des milieux communautaires cherchant à se légitimer.
La taqiya et la question de la sincérité
Derrière les discussions autour du mouvement d’Henda Ayari plane une notion souvent évoquée dans le débat public : celle de la taqiya. Ce concept, issu du droit islamique, désigne la permission donnée à un croyant de dissimuler sa foi en cas de menace ou de persécution. À l’origine spirituelle, cette idée a parfois été réinterprétée dans les débats contemporains comme une stratégie de dissimulation idéologique.
Certains critiques, notamment dans les milieux souverainistes ou laïques stricts, affirment que certaines formes de discours « patriotiques » issus de milieux religieux ou communautaires pourraient relever de cette logique : se présenter comme pleinement attaché à la France tout en conservant, en arrière-plan, des fidélités concurrentes. Il ne s’agit pas ici d’accusation directe, mais d’un soupçon récurrent dans le débat français : la peur que la loyauté nationale affichée ne soit qu’une façade.
Pour d’autres observateurs, ce procès d’intention ne tient pas et empêche toute intégration sincère. Ils soulignent que la taqiya, historiquement, n’est pas un outil politique mais une mesure de survie spirituelle. Le débat reste ouvert, car il touche à une question de fond : dans quelle mesure la France peut-elle croire à la sincérité patriotique de citoyens venus d’ailleurs, quand la confiance nationale elle-même s’érode ?
En définitive, Les Patriotes de la Diversité cristallisent une tension typiquement française : entre l’aspiration à l’unité nationale et la réalité d’une société plurielle. Certains y voient un espoir d’apaisement et de dépassement des clivages, d’autres une illusion dangereuse ou une manœuvre de communication.
IMPORTANT - À lire
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