Le 1er avril à 19h, Greg Tabibian, Serge Federbusch et Franck Layre-Cassou sont les invités de Mike Borowski, en direct sur la chaîne YouTube de Géopolitique Profonde !
Greg Tabibian est un humoriste et vidéaste, connu pour son émission J’suis pas content ! sur YouTube, dans laquelle il commente des sujets d’actualité qui l’énervent. Il se qualifie de libéral, plutôt anti-état et pas entièrement convaincu de l’apport révolutionnaire. Il est pour la démocratie référendaire et se dit souverainiste.
Serge Federbusch est un essayiste et homme politique français, connu pour ses positions tranchées sur la politique nationale et son engagement contre le déclin de Paris. Fondateur du mouvement Aimer Paris, il est un critique fervent des élites politiques et des dysfonctionnements de la gestion publique. Il présentera son dernier livre, “Le Sabre et l’Esprit” aux éditions de Passy.
Franck Layré-Cassou est un personnage public aux multiples facettes. Passionné d’histoire, il est également reconnu comme un fervent napoléonien, ayant publié des ouvrages sur l’Empereur et son influence persistante dans notre quotidien. Sa carrière politique l’a vu candidat sous la bannière de Reconquête! dans la 11ème circonscription de Paris et est aujourd’hui militant au sein du Rassemblement National.
L’élimination de Marine Le Pen : une opération de neutralisation politique
L’invalidation politique de Marine Le Pen ne relève pas d’un simple hasard judiciaire. Sa condamnation à cinq ans d’inéligibilité pour détournement de fonds européens intervient à un moment stratégique, à quelques mois des élections européennes et à trois ans de la présidentielle de 2027. Cette décision s’inscrit dans une dynamique bien rodée de neutralisation des opposants systémiques par le biais des institutions judiciaires. L’acharnement judiciaire contre Le Pen n’est pas un fait isolé. Il s’inscrit dans une longue série de procédures utilisées pour éliminer les figures dissidentes menaçant l’équilibre établi du pouvoir.
Ce qui est visé ici, ce n’est pas seulement Marine Le Pen en tant qu’individu, mais ce qu’elle représente : une alternance non-alignée, susceptible de bouleverser les plans de Bruxelles, de l’OTAN et de la technocratie européenne. En effaçant Le Pen de la scène politique, l’État profond entend désamorcer une potentielle rupture avec le système globaliste, tout en laissant place à une relève plus contrôlable. Cette cabale, largement soutenue par les médias dominants et les réseaux d’influence, prépare le terrain pour une transition douce vers un RN formaté et compatible avec les règles du jeu imposées.
Le procédé est rodé : on déstabilise la figure charismatique, on la discrédite via un verdict retentissant, puis on fabrique une figure de rechange, plus jeune, plus présentable, plus lisse. Le message est clair : l’antisystème est tolérable tant qu’il est domestiqué. Marine Le Pen a été évincée parce qu’elle refusait la domestication complète. Sa disparition politique signe la fin d’une époque.
Jordan Bardella, produit calibré d’un RN sous contrôle
Avec l’éviction programmée de Marine Le Pen, Jordan Bardella apparaît comme le successeur désigné, soigneusement préparé et mis en lumière depuis plusieurs années. À seulement 28 ans, il incarne une droite nationaliste aseptisée, compatible avec les codes médiatiques, les impératifs du politiquement correct et les lignes rouges imposées par l’Union européenne. Sa montée fulgurante n’a rien d’un hasard : elle répond à une stratégie de relooking du RN, désormais vidé de sa substance originelle.
Bardella est un Macron d’extrême-droite, c’est-à-dire un homme jeune, télégénique, bien formé à la communication politique, qui sait rassurer les élites tout en conservant une façade « populaire ». Il n’a jamais remis en cause les dogmes fondamentaux du système : ni l’euro, ni l’OTAN, ni l’ordre sanitaire, ni la soumission géopolitique à Washington. Il incarne une version édulcorée de l’opposition, un produit de marketing politique conçu pour canaliser les colères sans jamais en libérer la charge révolutionnaire.
Sous sa présidence, le RN est devenu un parti de gestion, dépourvu de radicalité et d’ambition de rupture. La ligne identitaire s’est réduite à une défense molle de la laïcité, tandis que les critiques économiques du système se sont évaporées. Bardella offre un passeport de respectabilité aux électeurs du RN, au prix d’une reddition idéologique totale. Le système ne l’a pas choisi par hasard : il coche toutes les cases du « populisme » inoffensif, contrôlable et programmable.
Le RN face à son destin : soumission ou insurrection électorale
La mise à l’écart de Marine Le Pen crée un vide symbolique et politique au sein de la base militante du RN. Nombreux sont ceux qui voient dans cette éviction une trahison orchestrée, un coup de force des élites pour saboter l’espoir de rupture. Ce sentiment de dépossession risque de provoquer des fractures internes. Déjà, des voix dissidentes émergent, réclamant un retour à une ligne plus radicale, plus souverainiste, plus offensive. Une rébellion électorale n’est pas à exclure dans les mois à venir, notamment en faveur de candidats alternatifs ou de l’abstention stratégique.
Le danger pour le RN version Bardella réside dans sa perte d’âme. À force de lisser son discours, de se fondre dans le moule, le parti pourrait perdre son électorat historique, celui qui votait par rejet du système, par instinct de survie. Ce glissement vers le centre crée une zone de flou idéologique, où le RN devient interchangeable avec les autres formations de droite. Si Bardella incarne l’avenir du parti, alors cet avenir pourrait être un long déclin, masqué par quelques victoires de façade.
En voulant se rendre fréquentable, le RN a sacrifié sa vocation subversive. Mais le peuple, lui, ne suit pas toujours les consignes des états-majors. L’électorat de Marine Le Pen ne se reconnaît pas forcément dans le style technocratique et modéré de Bardella. La fin politique de Marine Le Pen pourrait bien ouvrir un cycle d’instabilité, de recomposition et, pourquoi pas, de renouveau insurrectionnel. Car le rejet du système reste intact, et il cherche une voix.
IMPORTANT - À lire
La condamnation de Marine Le Pen signe-t-elle la fin d'une époque pour le RN et le début d'une ère sous contrôle ? Jordan Bardella saura-t-il incarner l'avenir du parti ou risque-t-il de provoquer son déclin ? Notre revue approfondit chaque mois l'analyse de ces enjeux cruciaux.
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